16/03/2020

Le pari de la responsabilité personnelle

La Confédération a pris les mesures auxquelles la majorité des personnes responsables s'attendaient.

Il reste cependant quelques points noirs concernant les travailleuses et travailleurs qui devront continuer à se rendre sur leur lieux de travail. Elles et ils sont très nombreuses et nombreux, en dehors même des magasins d'alimentation, des hôpitaux, du personnel soignant, des pharmacies, des postes, et des banques.

Comment demander à tous ces gens de respecter strictement des mesures de retrait social quand au moins 9 heures par jour ils sont au contact des autres personnes? Comment dire aux jeunes et moins jeunes personnes, autrement que par un recours à l'autorité plus stricte, qu'ils ne devront plus faire de fêtes dans leurs appartements ou dans leurs jardins avec des amis venus d'autres quartiers, d'autres maisons, d'autres lieux de travail pour décompresser en soirée ou le week-end? Comment demander à deux amoureux habitants dans des maisons différentes et travaillant sur des lieux différents de ne plus se rencontrer pendant des semaines alors qu'on leur impose encore la présence au travail pour toucher un salaire? Comment exiger de grands parents, qui passent l'amour pour leurs petits enfants avant leur propre sécurité absolue, qu'ils renoncent à leur droit de visite et de garde sachant que les parents eux travaillent et vont au contact d'autres personnes?

L'être humain développe des capacités de résistance face aux recommandations des autorités. Si, sur les autoroutes, la Confédération demandait simplement de respecter les 120 km/h. aux conducteurs sans les risques d'amendes et de retraits de permis, combien de personnes respecteraient toujours les 120 km/h.? 10% ? 50% ? Davantage?

Face à la séduction festive, les travailleuses et travailleurs sont faibles et c'est bien normal. Personne n'a envie de penser qu'au travail et à ses exigences. Privés de bistrots et de restaurants, que leur reste-t-il? Plus rien. Toutes les activités sportives et de loisirs sont mises à l'arrêt. On demande même de ne plus faire de tourisme en utilisant les trains pour aller faire une ballade en groupe à la montagne ou au bord d'une rivière.

Donc, en réalité, le pari de la Confédération sera très difficile à tenir même si le peuple suisse est généralement responsable. Nous sommes des êtres humains, pas des machines qui avalons un nouveau programme imposé toujours plus dure à subir, et face au désir d'évasion et de rencontres, de faire simplement la fête entre copains et copines, nous sommes fragiles et nous aurons tendance à utiliser les failles du système surtout si la maladie ne nous concerne pas.

Sans véritable confinement et risque d'amendes salées, je crains que les directives de la Confédération restent relativement improductives et que le respect des distances sociales entre nous risquent assez souvent de rester lettre morte. Hélas.

Espérons que je me trompe et que chacun, chacune suivra les mesures à la lettre. Sinon notre calvaire risque de se prolonger largement au-delà de 1 mois.

Alors à nous tous et nous toutes, même si cela sera très difficiles à certains, de respecter les règles confédérales sans attendre les amendes, l'armée et la police dans nos rues pour nous verbaliser et nous demander pourquoi nous nous déplaçons.

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