21/03/2020

Le Conseil fédéral et le saut à l'élastique

"L'heure est grave" a répété plusieurs fois ces derniers jours Alain Berset et les autres Conseillers-ères fédéraux-fédérales.

Les mesures prises sont raisonnées, pragmatiques, et sans doute avant-gardistes par rapports aux mesures très autoritaires des principaux pays qui nous entourent.

Garder un tissus économique actif à raison de 80% de l'ensemble des branches économiques tout en protégeant au mieux les salariés et salariées à l'interne comme à l'externe (presque personne dans les rues et les transports publics protège ainsi celles et ceux qui doivent encore aller travailler bon gré mal gré) est sans doute une décision capitale dans un sens comme dans l'autre.

En cas de réussite, notre économie sera plus vite sauvée que celle de nos voisins et le chômage restera moindre dans un futur rapproché pour autant que la pandémie mondiale s'arrête un jour. On ne remerciera alors jamais assez le Conseil fédéral in corpore d'avoir été visionnaire et pionnier en préconisant la liberté la moins contrainte possible à notre population et en responsabilisant celle-ci face à ses devoirs dans la lutte contre le coronavirus. Notre pays sera alors un modèle de démocratie et de responsabilité, comme Singapour et la Corée du Sud le sont probablement pour l'Asie avec une démocratie bien plus rigide et relativement proche de la dictature chinoise.

Mais en cas d'échec, cela sera absolument dramatique pour notre pays. Le pouvoir sera complètement déstabilisé avec des demandes de démission immédiate de notre Conseil fédéral. Car les chances d'un échec sont sans doute à hauteur du 50%. Une chance sur deux pour que notre pays devienne le pays le plus sinistré d'Europe en rapport à sa population à cause des mesures audacieuses de Berne.

C'est un peu comme si Berne nous jetait dans le vide avec un élastique aux pieds dont la solidité n'a pas été garantie à 100%. Plusieurs inconnues subsistent avec COVID-19. Ses capacités de propagation sont connues mais il reste une zone d'ombre quand à sa rapidité de contamination et de propagation sur un nombreux personnel confiné dans une usine 8 heures par jour, par exemple. L'industrie horlogère et métallurgique en premier lieu. Nous respirons tous le même air et en milieu confiné sans doute que ce virus est potentiellement très dangereux au-delà des deux mètres prescrits entre les personnes. A priori, il ne devrait pas circuler dans l'air. Mais quand est-il lorsque des particules de poussière sont soulevées d'un établi de travail, que les gens se déplacent dans le local, etc.

Alors peut-être bien que COVID-19 sera combattu efficacement par les mesures d'hygiène prises et respectées par toutes et tous. Mais peut-être pas. Et là, dans 10 jours au plus tard, je n'aimerais pas être Conseiller fédéral si la stratégie échoue et que la courbe exponentielle des contaminés et malades explose au-delà de tous nos voisins.

Berne joue très gros sur ce coup-là et on espère toutes et tous que les personnes au pouvoir verront le succès de leur positionnement. En attendant, ils et elles vont toutes et tous très mal dormir en attendant les résultats futurs de leur stratégie qui s'apparente à un saut à l'élastique dans le Covid-19.

Toute la population suisse est bien entendue inventée, pardon invitée, à aider du mieux qu'elle peut afin que cette stratégie fédérale qui s'apparente à du sport extrême réussisse et nous ramène à une situation d'après guerre la moins difficile à vivre.

Je termine par un petit clin d'oeil. Une photo prise ce matin juste en-dessous de chez moi...

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Les moutons sont confinés mais ils vont être verbalisés

pour non respect du nombre maximum autorisés en bande

et pour une distance inappropriées.

"Gendarme Mouton! Veuillez obtempérer aux ordres venus de Berne

et punir ces moutons récalcitrants."

 

N.-B. pour les nuls:

C'est le mouton noir qui fait tout juste

et les moutons blancs qui font tout faux.

Aller savoir pourquoi.

 

 

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