26/03/2020

Les grands malades de la Bourse

La Bourse mondiale est entrée dans une spirale infernale de baisse et de hausse des indices à une échelle jamais connue jusqu'ici.

Ces indices, qui servent en général et en temps normal à mesurer les performances réelles des entreprises, ont complètement dévié de leur idée originelle et planent hors sol à des hauteurs stratosphériques faisant peser  une destruction massive, façon Hiroshima et Nagasaki, appliquée à l'argent et donc la finance.

C'est bien beau de faire tourner la planche à billet et d'injecter des centaines de milliards de dollars alors que l'économie réelle est aux urgences et risque l'asphyxie et la casse des courroies de transmission dans beaucoup de pays du globe.

C'est bien beau de rêver, suite à la décision des états d'injecter des sommes colossales dans le système, que la Bourse peut repartir en fanfare et réussir son résultat du jour le plus fantastique depuis 1933 (+10% en moyenne sur les Bourses européennes et américaines) alors même que tellement d'entreprises sont à l'arrêt ou au ralenti forcés. Je rêve personnellement et absolument que mon patron me dise: "Wouah super mon employé. Tu es à l'arrêt et tu ne bosses plus pour l'entreprise, c'est-à-dire pour moi, mais à partir de ce mois, tu as droit à une augmentation de 10% de salaire parce que je suis certain que tu es un cuisinier encore plus performant et formidable pour mon entreprise". Du pire délire psychédélique. Je dois déjà me battre par e-mail pour que je puisse obtenir le minimum vital à la fin de ce mois et que mon patron ne me retienne pas la somme mensuelle fixée par les poursuites... Oui. 80% du salaire c'est déjà une bonne chute de revenu. Mais si tu y rajoutes encore 15% te voilà à t'écraser grave en dessous du minimum vital. Berne, sauf erreur, à parler pour bloquer les demandes de poursuites. Berne n'a pas parlé pour celles et ceux qui sont saisi-e-s et qui vont se retrouver bien en-dessous du minimum vital. En tout cas, l'office des poursuites ne pas point répondu en ce sens... Ils ont juste dit qu'il me rembourserait au cas ou mon salaire serait en dessous du minimum... Mouais je vois ça venir. Je vais attendre une plombe et en plus mon patron ne versera que dans deux mois ou plus l'argent qu'il me retiendra parce qu'il n'est jamais vraiment pressé de verser l'argent saisi sur mon salaire par ses soins. Génial. Mon confinement commence à m'énerver vénère.

Mais bon, passons. Mon cas n'est pas grave. Je ne suis pas aux urgences en train de crever n'y ne manque de toit et de nourriture pour le moment. Je peux survivre dans ma maison. D'ailleurs c'est bien ce que m'a dit mon patron au téléphone. "De toute façon, vous êtes à la maison. Alors vous pouvez pas dépenser." J'adore l'humour de mon patron millionnaire.

Donc on en revient aux Bourses, pas les miennes en passant. Petite parenthèse destinée à te faire rire. Là, ça craint l'onanisme depuis un sacré bout de temps déjà. Mais je ne vous raconterai pas mes visites sur pornonavirus. Vous risqueriez de me prendre pour un maniaque sexuel et m'imposer une cure de désintoxication et de sevrage dans un hôpital non-mixte. J'insiste. Non-mixte. On ne sait jamais ce qu'un homme accro au sexe peut demander en toute indécence aux infirmières et doctoresses. Je me contrôle certes parfaitement et j'arrive même à être fidèle à ma très chère de Roumanie confinée chez elle et surveillée par une armée omniprésente depuis hier dans les rue du pays. A un moment, on ne sait plus si une proposition malhonnête ne peut pas s'échapper de notre bouche face à une bombe en blouse blanche. Je suis très honnête n'est-ce pas? et ça aggrave mon cas. Au point où j'en suis, j'ai relativement peu de choses à garder secrètes...même pour ma chérie qui n'a pas à me cacher ses états et qualités concernant sa profession qu'elle ne peut plus exercer d'ailleurs. Elles est condamnée à faire des pompes dans son salon pour maintenir sa forme et sa plastique. C'est déjà ça pour garder la santé et je préfère ça. Nous les hommes, on rêve toujours d'une femme fidèle autant sentimentalement que physiquement. Les femmes aussi, d'ailleurs. C'est réciproque. Mais bon. Notre époque n'est pas propice à ce genre d'hypothèse romantique.

Donc les Bourses. Je ne sais pas si elle me font plus peur encore que Covid-19 quant à une chute de l'Empire capitaliste mondial. En tous les cas, je ne crois vraiment plus qu'elles puissent être des indicatrices de la santé économique mondiale. Au crash-test, elles ont déjà perdu la partie. Il ne manque plus que les croque-morts pour venir prendre les suicidés ruinés qui se ramasseront à la pelle dans la rue. Je sais. Je suis un sale corbeau noir qui annonce les malheurs du Capitalisme et pas les candides malheurs de Sophie.

Désolé de vous donner des nouvelles matinales qui ne vont pas dans le sens des indices boursiers qui se portent mieux depuis les effets d'annonce spectaculaire de Trump et Merkel. Je ne crois qu'en la réalité des économies réelles. C'est mon côté paysan. Et je sais très bien que le Père Noël n'existe jamais pour les travailleurs et travailleuses. Y'a guère que les boursicoteurs et les gens jouant à l'euro-millions qui peuvent espérer partir de fr.5000.-- d'avoir et finir à plusieurs millions de gains sans jamais quitter leur chaise et leur ordi pour réaliser un travail bien réel et générateur de profits bien acquis à la sueur de leur front.

Mon seul rêve actuellement, c'est que je puisse revoir un jour mon petit-fils qui vient de naître dans les choux de Covid-19 et toute ma famille au grand complet en bonne santé ainsi que ma chérie qui me manque vous pouvez pas savoir.

Bonne journée à vous toutes et vous tous les braves soldat-e-s du peuple. Le Covid-19 nous tient toutes et tous en haleine. Quel roman pour le cinéma!

 

 

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