27/03/2020

Pourquoi?

Covid-19 est arrivé en France le 24 janvier (premiers cas testés et avérés).

Il est dès lors des questions qu'il est légitime de se poser.

Comment-est il possible que des gens atteints de pneumonie et de déficience grave de la respiration n'aient pas été systématiquement testées dès cette date-là?

J'étais le 29 janvier dernier sur territoire français et c'est une médecin française qui a découvert ma pneumonie grâce à une radiographie réalisée dans l'urgence. Sa seule question a été: "Vous ne revenez pas de Chine et n'avez pas été en contact avec des personnes revenues de là-bas?".

Aucune consigne stricte venue des autorités républicaines avaient été alors mises en place concernant des gens atteints de maladies pulmonaires. Alors que tout le monde savait ce qui arrivait en Chine et que les premiers cas avérés avaient été détectés sur des personnes ayant voyagé en Chine ou ayant été en contact direct ou indirect avec des personnes chinoises en vacances ou pour affaires en France.

Dans les restaurants, le nombre de moments à risque sont très nombreux. Promiscuité, patrons et serveurs-ses serrant la main, voir faisant la bise aux clients, personnel confiné dans des endroits très étroits (cuisine, buffet, etc.), assiettes passant de main en main, durée de présence à côté d'inconnu-e-s largement plus longue que le quart d'heure prescrit dont tout le monde parle aujourd'hui. Circulation au W.C. et renouvellement de clientèle dépassant largement les capacités de base de l'établissement (jusqu'à deux fois, voir trois fois la capacité en cours de soirée), et, pour certains établissement, clientèle chinoise venant de Chine augmentant ainsi les risques de contamination.

Nous avons eu tout faux en imaginant que ce foutu virus était une affaire chinoise et que cela ne pourrait pas nous atteindre. Nous avons été imprudents, arrogants, moqueurs, en critiquant ces Chinois mangeurs de gibier sauvage et mélangeant allègrement les espèces sur les étals des marchés avec une hygiène largement à désirer.

Nous avons regardé le Tsunami comme les touristes regardaient le Tsunami venir sur les plages de Thaïlande au lieu de fuir séance tenante.

Nos autorités, qui en savaient forcément plus que nous sur le danger de Covid-19, n'ont pas pris les bonnes mesures au bon moment.

Pourquoi?

Combien de personnes ont-elle été infectée à cause de toutes les imprudences commises à ce moment là par tout le monde, monde de la médecine compris qui n'ont pas assez alerté les politiques pour prendre des mesures drastiques.

J'aurais du être testé dans les heures qui ont suivi ma pneumonie avérée. J'aurais du porter un masque et mis à l'isolement ainsi que toute ma famille jusqu'au résultat du test. Cela n'a pas été fait. Pour tous les cas comme le miens, il aurait fallu faire cela.

Nous le payons immensément aujourd'hui et partout dans le monde.

COVID-19 a transpercé nos lignes de défense comme les nazis dopés avançaient jour et nuit sur les lignes des alliés en dévastant l'Europe et une partie du reste du monde. En deux mois, il a réussi à nous démunir et à nous mettre face à nos responsabilités collectives et individuelles pour lutter efficacement contre lui et retrouver dans quelques mois notre liberté et notre retour à des conditions de vie et de travail à nouveau plus ou moins normales.

Nous payons tous très cher nos erreurs initiales. La riposte tarde à venir. Pour le moment, Covid-19 gagne du terrain. C'est presque 1'000 morts par jour en Italie, en Espagne, en France, aux Etats-Unis, en Iran, pour ne citer que les pays qui ont le plus grand nombre de décès.

Et l'économie suisse parle déjà d'un retour à la normale le 19 avril. Il faudra avant ça gagner la guerre et, pour beaucoup d'entre nous, s'exposer avec courage aux risques sur leur lieu de travail. Comme les personnes s'exposaient après l'explosion du réacteur nucléaire de Chernobyl pour sauver l'URSS et l'Europe des radiations mortelles.

C'est un prix très (trop) lourd à payer à cause des négligences de départ des autorités sanitaires, politiques, économiques de la planète.

On pouvait faire autrement, sans doute, et surtout prendre beaucoup plus de précaution avec les malades pulmonaires dès cette fameuse date du 24 janvier 2020. L'intelligence était là mais pas la volonté de mettre des barrières provisoires au libre-échangisme mondial et aussi par crainte de vexer la Chine en n'acceptant plus les voyages de leurs ressortissants tant que le virus n'était pas assez clairement circonscrit.

https://www.parismatch.com/Actu/Sante/Coronavirus-l-appel...

 

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