29/03/2020

Verbier, microcosme d'une pandémie mondiale

Comment le monde a-t-il pu être aussi insouciant face à Covid-19?

Une semaine avant le confinement de la population suisse, Verbier faisait la fête...comme partout en Suisse d'ailleurs à voir le nombre de personnes que nous avons servi dans notre pizzeria archi-bondée durant toute la soirée (un commentaire pas piqué des hannetons et la réponse de notre patron qui doit bien payer le salaire de son personnel - mais pas le sien apparemment - sévit sur Tripadvisor). Mais je ne vous dirai pas le nom de mon restaurant. Je vous laisse le soin de chercher si le coeur vous en dit.

Donc Verbier, son standing, son beautiful people, et ses excès.

Si le monde entier est aujourd'hui envahi par la Covid-19 c'est bien parce que celles et ceux qui ont transmis le virus voyageaient beaucoup et se retrouvaient soit pour le travail soit pour la fête.

En ce sens-là c'est bien une maladie due à la globalisation qui a mis le monde entier en confinement (une partie de la Chine là aussi été un certain temps avec la rigidité que l'on sait).

Et si cette maladie fait d'abord des ravages parmi les aînés et que les jeunes générations ont dit qu'elles arrêtaient de travailler et de s'amuser pour sauver les anciens, il faut bien admettre que si les anciens sont ainsi exposés au danger mortel du virus c'est bien parce que les "jeunes" ont voyagé et se sont beaucoup amusés aussi malgré la connaissance (partielle je le reconnais) de ce virus très dangereux.

Nos autorités occidentales et nos politiques économiques ont d'ailleurs joué un jeu très trouble dans l'information aux citoyennes et citoyens. C'est bien à fin janvier déjà que les premiers cas en Europe et en Amérique ont été déclarés. Et elles n'ont strictement rien fait à ce moment-là pour lancer une urgence à l'épidémie, avec un appel à restreindre nos déplacements, à être très prudent et attentif aux poignées de mains et bisous. L'économie ne pouvait pas ralentir et c'est ainsi que le virus a franchi tous les pare-feux exactement comme s'il agissait d'un virus informatique voulant pénétrer l'ordinateur d'un débutant qui ne sait pas manipuler avec prudence son matériel malgré les pare-feux traditionnels mis à disposition sur le marché de la branche.

Nous avions nos pare-feux, virologues, spécialistes des épidémies, et autres professeurs de médecine. Nous avions encore en plus un feu rouge extraordinairement alarmant avec ce qui arrivait dans la région de Wuhan. Et par peur des conséquences économiques, nous n'avons rien fait de vraiment sérieux avant fin février pour l'Italie et seulement mi mars pour une grande partie de l'Europe (et je ne parle pas du Royaume-Uni et de certains pays du Nord de l'Europe qui ont attendu encore plus tard pour prendre des mesures tout comme l'Amérique de Donald Trump, grand spécialiste du Covid-19 qui a mis son pays et son économie au tapis par ses incompétences chroniques en la matière).

Aujourd'hui 29 mars 2020, nous ne savons pas comment nous allons vivre ce printemps et même cet été. Je pensais, il y a deux semaines, pouvoir reprendre mon travail à mi-mai au plus tard. Mais j'imagine que si nous devons toujours respecter les deux mètres de distance et ceci jusqu'à la fin de l'été, certains restaurants, entre autres, ne sont pas prêts de fonctionner de sitôt. Et tout un printemps suivi de tout un été à garder ses distances, ce sera insupportable voir insurmontable pour l'immense majorité des personnes. Sans compter les indemnités à 80% du salaire qui ne suffiront pas à couvrir tous les frais pour les familles voir les gens seuls avec petit salaire... Les indépendants se font du soucis. Les travailleurs et travailleuses aussi.

Peut-être que la fête était belle à Verbier et ailleurs. Mais aujourd'hui, tout cela nous coûte sans doute des mois de confinement supplémentaire et d'arrêt partiel de l'économie. Des dizaines de milliards en plus, voir davantage, pour avoir réagi trois semaines trop tard face à Covid-19. C'est la faute à personne. Donc c'est la faute à tout le monde.

Il nous restera alors à rêver de bars à cocktail, de petits resto sympa, d'amour et de plage sur Internet uniquement...Courage les gens. On va gagner cette guerre mondiale.

 

 

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