30/03/2020

Après la Seconde Guerre mondiale, point de retour à la "normale"

Il a fallu deux guerres mondiales dévastatrices au XXème siècle pour que le monde, et d'abord l'Europe, change profondément sa façon de gérer la paix et la prospérité des peuples.

L'Union Européenne a été construite après 1945 avec ses pères fondateurs. Les trente glorieuses ont suivi avec des conditions sociales nettement améliorées pour les travailleurs et travailleuses avant que les débuts de l'ultra-libéralisme, au début des années 80, ne vienne ronger les fondations de l'Etat social et solidaire.

La paix entre les peuples et la sécurité des pays d'Europe y ont été maintenues, mis à part une incursion tragique dans les Balkans au début des années 90.

Il a fallu pourtant deux guerres atroces. La première n'étant pas parvenue à changer le cour de l'Histoire de façon décisive. L'Allemagne et la France continuant à se regarder en chiens de faïence durant l'entre-deux guerre jusqu'à ce qu'éclate le conflit mondial provoqué par la montée du nazisme en Allemagne et du fascisme en Italie...

Après la guerre asymétrique mondiale que nous livre Sars-Cov2, tout est encore une fois chamboulé. Ce que nous avions cru vrai et définitif pour toujours devient flou, voir obsolète, laissant la place à d'autres utopies, d'autres courants de pensée. Il y a eu la crise du climat et la prise de conscience mais le déni de certains. Il y a eu la crise des migrants et le déni d'une grande partie de nos populations pour leur accorder une place, même infime, sur notre Continent. Il y a eu la crise sociale et les mouvements de révoltes et de manifestations sans fin.

Et maintenant, cette crise sanitaire mondiale, cette sorte de troisième guerre mondiale complètement atypique et qui n'a rien à voir avec un conflit armé traditionnel. Au contraire, nous luttons contre un virus invisible. Par contre, des armées entières de soldats sont également mobilisées contre l'ennemi commun, cet alien venu d'ailleurs comme j'aime bien l'imaginer. Nos soldats servent à guérir et à sauver des vies humaines, voir à surveiller le civisme des citoyens et citoyennes, des soldats qui mènent une mission pour le bien de toutes et de tous sans distinction de statut social ou de nationalité. L'armée, dans ces circonstances exceptionnelles, à virer de bord à 180 degrés dans sa mission. Elle a lâché ses fusils et ses canons pour sauver la nation contre un ennemi non-humain qui veut détruire l'Humanité. On retrouve cette gestuelle militaire dans tous les pays d'Europe et du monde. Sauf en Corée du Nord, peut-être...où la population risque de le payer encore plus cher qu'ailleurs.

Je n'ose pas imaginer un XXIème siècle répétant les erreurs commises lors du XXème siècle après la première guerre mondiale. Nous pouvons apprendre tellement de choses de cette tragédie planétaire. Nous devons d'ailleurs l'apprendre et le transmettre à nos enfants avec calme et sérénité.

Donc non. Celles et ceux qui prédisent un retour à la "normale" donnent un sentiment d'impunité et d'irresponsabilité collective, de n'avoir rien compris à ce qui se joue pour l'Humanité entière. Il n'est absolument pas possible de retourner à la "normale". Les économies sont gravement touchées. Les voyages seront gravement et durablement entravés durant au moins quelques années, le temps de découvrir un vaccin sûr et efficace. Des politiques vertes se mettront forcément en place du fait que les élu et élues seront de plus en plus verts et solidaires. Des tickets de rationnement sur notre droit aux voyages en avion seront distribués aux populations, en attendant de trouver le moyen de voler sans polluer l'air, ou du moins sans polluer comme aujourd'hui. Et toutes sortes d'autres politiques se mettront en place parce que les populations auront été gravement secouées et seront devenues nettement plus solidaires les unes des autres.

Si ce n'est pas le cas, alors il faudra s'imaginer le pire et l'attente d'une autre pandémie, des catastrophes naturelles gigantesques, des guerres militaires mondiales avec des bombes atomiques à la fin. La Quatrième Guerre mondiale, nucléaire celle-ci, et la dernière pour notre Civilisation.

Disons que si j'étais un adepte du retour à la "normale" je me poserais au moins la question de savoir pourquoi les dirigeants du monde n'ont pas su retenir les leçons de la boucherie de 14-18. Ils auraient alors éviter l'avènement du nazisme, du fascisme, et du stalinisme.

Covid-19 devrait pourtant nous enseigner tellement de choses...pour notre bien à toutes et tous. Nous savons que les fascismes sont de retour un peu partout sur la planète. Alors c'est à nous de savoir quel avenir préparer à nos enfants.

Maintenant, je vais déjeuner en paix avec nos amis bretons et Stéphan Eicher.

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Les Chiens de Djerba veulent aussi un autre monde

 

 

 

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