01/04/2020

La planète bascule dans l'inconnu, Blocher retourne au Capital

Tandis que certains préconisent un retour au travail et à la vie normale dès le 19 avril, date butoir de la durée du présent confinement, d'autres savent que plus rien ne pourra être comme avant et que l'Humanité, sur ce coup-là, risque sa survie existentielle en tant que Civilisation.

Cette Suisse qui a tant adulé Christoph Blocher, le champion du confinement façon Helvétie, voit aujourd'hui son champion prôné le tout à l'économie au détriment de la santé des travailleurs et travailleuses. Le cher homme propose le port du masque obligatoire afin de rendre possible un éventuel retour à la normale au milieu des corbillards marqué du sceau Covid-19 qui circuleront encore en ce 20 avril 2020.

Le brave homme n'a jamais travaillé en plein été avec un masque sur le visage, le front dégoulinant et la transpiration d'un corps sur un chantier ou, mieux encore, le local d'une cuisine où règne une température ambiante de 45 degrés. Et puis, pour manger à la maison ou au restaurant, il faut bien se démasquer. Même les femmes en burqa n'ont pas trouvé le système pour manger sans relever un minimum leur voile.

Dans des locaux climatisés, on peut toujours envisager d'étouffer derrière un masque 12 heures par jour. Il faut aimer quand même. Mais là aussi, si notre été doit devenir un concours de masques pour savoir qui porte le plus beau, je crains que l'ambiance soit plombée d'avance. A poil sur la plage, mais avec un masque sur la gueule. Super! Un joli bec de canard. Coin coin. D'autant que l'autre masque, le masque ordinaire, ne nous protège aucunement de la contamination. Tout au plus, il protège les personnes contre les éternuements d'un malade. Et puis, il nous faut des quantités de masques. Et puis, qui va payer les masques? Le patron? Où l'employé? Et puis. Est-ce que le patron viendra sur les lieux du travail en solidarité avec ses employés ou restera-t-il planqué et le plus éloigné possible en attendant l'heure de la recette alléchante en fin de soirée?

Dès le 20 avril, donc, nous devrions obligatoirement retourner bosser et se risquer à prendre et à donner la maladie. Je veux bien retourner au boulot. Mais je ne veux pas qu'on m'impose le port du masque sur les lieux de mon travail. Je ne suis pas un produit disponible pour l'économie. Je suis un être humain qui travaille pour gagner sa vie. Non pour la perdre afin de sauver quelques riches de la banqueroute financière.

Le masque peut être autorisé mais en aucun cas imposé par un Etat démocratique, un Etat qui peut par ailleurs interdire en certaines occasions le port du masque protégeant les gens contre les gaz lacrymogène de la police...

Si je vais au travail, je dois pouvoir travailler en sécurité dans un lieu sûr qui ne nécessite pas obligatoirement le port d'un masque. Sinon cela signifie qu'on m'oblige à travailler dans des conditions dangereuses sans que cela soit une volonté de ma part ou, du moins, faisant partie des conditions acceptées au départ pour exercer un métier à risques (infirmières, médecins).

Monsieur Blocher est certainement très bien intentionné envers le Capital helvétique mondialisé. Il l'est sans doute un peu moins envers les ouvriers et ouvrières de ce pays qui travaillent pour ce même Capital. Mais lui vit bien entendu à l'écart du tumulte mondial provoqué par Covid-19. Bien abrité dans sa villa somptueuse, il contemple ses Hodler. Ceci expliquant sans doute cela.

Nous voilà donc arrivés à un tournant de l'Humanité. Nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Nous savons juste qu'il nous faut remporter cette guerre contre Covid-19 et faire preuve d'une solidarité exemplaire entre nous (par solidarité, je veux bien prendre le risque d'y laisser ma peau mais pas pour enrichir davantage mon millionnaire de patron). Je veux bien remplacer un cuisinier qui est malade du Covid-19 à l'hôpital mais je refuse de tomber malade parce que Blocher et son parti auraient dicté au pays un retour au travail précipité pour certaines professions dont la sécurité serait encore trop insuffisante.

Les métier dits de première nécessité sont en première ligne par obligation vitale pour le peuple. Les métiers de la restauration ne sont pas à considérer comme des métiers de première nécessité. Ils sont des métiers complémentaires nécessaires pour donner de la joie de vivre, de la gastronomie, du divertissement, de la convivialité et satisfaire l'activité touristique et commerciale. Avec un masque imposé, merci pour le divertissement et la convivialité.

Autant, Mesdames et Messieurs, se retrouver pour une méga party au château de Dracula pour tournant un vrai film d'épouvante et d'érotisme avec de jolis masques vénitiens.

Mourir. Mais mourir d'amour.

 

 

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