04/04/2020

Les gens se masquent et se ferment

Petit tour ce matin dans mon supermarché de village.

Première constatation. Près d'un tiers des personnes présentes portaient un masque, y compris des masques professionnels normalement réservés au corps médical qui semble en manquer cruellement...

Deuxième constatation. Aux "bonjours" des jours précédents qui semblaient presque tout nouveau pour certaines personnes, a succédé un silence et des regards qui en disent longs: "toi t'approches pas davantage de moi" sans aucune lueur de complicité et d'empathie dans les yeux pour la personne dont le regard est destiné. C'est du très sérieux. Je ne plaisante plus du tout semblent vouloir dire certaines personnes à d'autres personnes.

Le masque en milieu urbain est sans doute la pire chose qui puisse agresser nos anciennes habitudes et nous rendre encore plus atteints moralement face au coronavirus. Nous avons besoin de mettre un visage sur les gens qui nous croisent et avec qui l'on parle. Si certains Asiatiques s'y sont habitués pour lutter contre les maladies des bronches due à une pollution excessive de leurs villes, nous les Occidentaux ne pouvons nous résoudre à le porter ce foutu masque. Même sur une base volontaire, ce geste nous crée un problème psychologique.

Il nous semble qu'avec ce geste anti-rebelle au possible (l'exact geste d'inversion des rebelles anti-systèmes masqués) nous devenons peu à peu et toujours davantage des robots humains obéissants à la Loi pandémique et nous croisons les gens, nos voisins, nos semblables, dans l'indifférence la plus totale. En dehors de notre cercle de contacts habituels, nous voyons les autres non plus comme des individus aimables mais au contraire menaçants et dangereux pour notre propre survie. 

J'espère que le port du masque ne deviendra jamais une obligation décrétée par les autorités pour tout l'espace public en Suisse. Car cela signifierait aussi que nous pourrions dire adieu à nos bars, pubs, restaurants, terrasses. Un enterrement à long, voir très long terme, de la vie sociale et conviviale...

Je demande d'ailleurs à l'émission 120 minutes spécial coronavirus de nous préparer un sketch désopilant autour de cette histoire de bière et d'asperges puisque c'est de saison pour cette dernière. Comment il serait possible de s'enfiler une pointe d'asperge verte au restaurant du coin quand il est interdit de se démasquer dans un lieu public. Une sorte de ceinture de chasteté portée à notre bouche... Je vois le sketch mais il faut le réaliser pour le public.

Et Vous, chères concitoyennes et concitoyens, vous avez déjà réussi à boire une bière ou manger un spaghetti aux palourdes avec un masque et des gants de chirurgien?

On essaye avec le chocolat? La vidéo date du 3 juin 2019. Visionnaire la demoiselle. Cela vaut la peine de prendre le temps de visionner sa vision du masque. C'est assez hilarant.

 

 

 

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