06/04/2020

L'Amérique revit Pear Harbour, Wall Street flambe!

1'500 morts par jour, des villes fantômes, des gens angoissés comme jamais.

L'Amérique a peur et subi les ravages provoqués par Covid-19.

Et pourtant, les Bourses mondiales flambent, anticipant la reprise alors que le cortège funèbre des corbillards défilent dans les rues...

Mais quelle reprise au fait? Une inflation galopante. Des millions de gens sur le carreau, des compagnies aériennes pas de sitôt remises du ko. De nombreuses branches économiques à la limite de l'asphyxie, des compétitions sportives internationales dans les choux pour de très longs mois; des espaces culturels pas du tout sûr de revivre avant l'hiver prochain; et parmi toutes ces branches, le tourisme mondial cassé au moins jusqu'à Noël prochain car qui ouvrira ses frontières et qui n'exigera pas 2 semaines de quarantaine parmi nos voisins ou pays plus lointain? Et la Suisse, quand est-ce qu'elle ouvrira ses portes aux touristes étrangers sans mise en quarantaine?

Pendant ce temps, malgré toutes ses interrogations économiques fondamentales, les Bourses mondiales remontent très rapidement la pente. Un petit 20% de perdu à ce jour après avoir perdu 30% il y a encore à peine 10 jours par rapport à son plus haut du 1er janvier dernier.

Des milliers de milliards de dollars et autres monnaies renfloués dans l'économie par les Etats que restera-t-il à la fin pour les citoyens et citoyennes et les millions de précarisés supplémentaires? L'inflation, les coûts d'assurances, les augmentations de prix, les impôts repartant à la hausse. Du sang, de la sueur et des larmes pour les petits, les travailleurs et travailleuses, les sans-grades. Et les cocotiers, la plage, pour les traders et les actionnaires...comme toujours.

On ouvre les paris. Pendant que des dizaines de millions de gens souffriront encore très longtemps à la sortie de cette guerre virale, les Bourses du monde auront refait tout leur terrain, voir auront dépassé leur plus haut du 1er janvier 2020 au 1er janvier 2021.

Comment? Par quel miracle Pearl Harbour n'aura été qu'un mirage, qu'une fiction, pour la finance? Ce n'est pas un miracle. C'est juste que les milliards et milliards d'argent injectés par les Etats auront d'abord profité aux riches et très riches. Comme d'habitude.

La roue de la fortune ne tourne jamais que dans le même sens au pays des ultra-libéraux.

Aurons-nous vraiment changé? Serons-nous de nouveaux hommes, de nouvelles femmes? Changerons-nous de système politique et financier pour affronter le vrai défi mondial qui nous attend: le changement climatique?

Je ne pense pas. Au contraire. Les ultra-libéraux ressortiront nourris de leur supériorité et de leurs certitudes alors que ce seront les Etats qui auront sauvé une fois de plus leur système financier.

Pour cela, il aurait fallu laisser-faire la nature: un vrai crash de la Finance mondiale et des milliardaires se rendant compte que le cash ne tombent pas des mamelles de maman Etat et qu'il est vraiment temps de faire confiance à l'économie réelle et penser autrement le système et ses paradis artificiels pour une justice nettement plus humaine.

Ce sera peut-être pour une autre fois quand il sera malheureusement trop tard pour tout le monde. Covid-19, malgré toute sa terrible force de frappe, ne semble pas produire de remise en question parmi les grands dirigeants du monde. Et pour cause...

 

 

 

Les commentaires sont fermés.