08/04/2020

Prêts Corona, je ne comprends pas

Une vive polémique s'est engagée entre ceux qui voudraient obtenir des indemnités à fonds perdus pour leur entreprise et ceux qui, comme la Confédération, préfèrent le prêt bancaire à 0% avec cautionnement de la Confédération.

Tout d'abord, il s'agit bien d'argent public et non privé puisque la banque ne joue qu'un rôle d'intermédiaire entre le prêteur (la Confédération) et le bénéficiaire (le patron d'entreprise).

Admettons que des indemnités puissent être considérées comme largement préférables pour les patrons. Il faut rappeler pourtant que c'est de l'argent public et qu'il n'est pas certains que les patrons bénéficiaires aient toujours payé énormément d'impôts dans les années précédentes pour y avoir la légitimité sans aucune contestation possible.

Bien des citoyens aimeraient se voir attribuer par la Confédération un montant de plusieurs centaines de milliers de francs gratis pour pouvoir ouvrir leur propre entreprise...ou racheter des dettes passées dues à une faillite d'entreprise... La pandémie est certes un évènement imprévisible. Mais l'arrivée d'une surface commerciale dans un endroit qui était alors exclusivement exploité par de petits commerçants est aussi un évènement imprévisible, voir catastrophique, du moins pour les petits commerçants qui n'auraient pu le prévoir 5 ans ou dix ans plutôt...

Donc, l'argent à fond perdu fait penser à une solution arbitraire qui profite à des uns et pas à des autres.

Concernant le prêt avec cautionnement, il me semble que cela soit plus juste et adapté à la situation. Cela permet é l'entrepreneur de faire face aux paiements des factures courantes (stock de marchandise non vendu mais gardant sa valeur intrinsèque dans l'usine, le restaurant (en très grande partie car produits secs ou mis en congélation), le salon de coiffure, la bijouterie, etc.). Seules les entreprises agricoles risquent de grosses pertes sur les produits invendus ainsi que les horticulteurs et autres marchands de produits périssables.

Pour le loyer, il est vrai, la Confédération devrait admettre qu'un partage équitable devrait s'effectuer dans la prise de risque. Donc 50% au bailleur, 50% au locataire. Cela permettrait de tenir sur quelques mois pour presque tout le monde.

Avec un prêt de plusieurs centaines de milliers de francs plus une indemnité personnelle fixée à fr.3.500.-- par mois, un entrepreneur qui n'a pas de dettes devrait réussir à s'en sortir si l'arrêt de l'entreprise de va pas au-delà des trois mois et si les affaires reprennent relativement bien après la fin du confinement.

Il faut tout de même rappeler que le salaire des employés et employées n'est plus assumé par les patrons et que les stocks de marchandise non écoulés se vendront dès la reprise des affaires.

Donc sur une durée de pandémie estimée à trois mois, il me semble que les entrepreneurs sont relativement bien couverts par la Confédération pour éviter toute faillite des entreprises saines. Par ailleurs, le remboursement du prêt viendra dans le bilan de l'entreprise, ce qui diminuera l'impôt durant les 5 à 6 années que le remboursement est prévu.

Alors voilà. Je ne comprends pas vraiment pourquoi tant de patrons sont fâchés avec les mesures prises par la Confédération.

 

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