17/04/2020

La Cagne

Et si tu ne revenais

plus que dans mon rêve,

nue sur le rebord d'une falaise,

dévêtue de ta robe blanche

et de ton rouge carmin habillé

à tes lèvres qui s'épanchaient

dans un sanglot déchirant

à mon astre mort

d'une obsession atroce,

dévalant les courbes célestes

et ta peau imprimée à mes os

dressés à la verticale

comme des pieux plantés 

à travers mon corps déchiqueté.

 

J'écrivais alors sur ta voûte

un tango rose dévasté

dévastant la mer en deuil

d'un vaudou envoûtant.

Mes bleus récifs,

d'une plume noire, saignaient,

plantée là sur la grève

par ton vent solaire,

giflant et grillant

mon coeur arrêté

à sa station terminus.

 

Tu me faisais alors l'effet

d'une bombe érotique,

d'une fille orange et liquide

perfusée à son lit de cagne

dévalant cette montagne

de saillies pornographiques

jonchée des détritus jaunes

de ses nuits maudites

à l'envers de son sang

coulant au fond de mes veines;

 

Tu me faisais alors l'effet

de cette fille cachée aux confins

de mes tabous exotiques

habitant les recoins sombres

de mes neurones toxiques

à la recherche matinale

de leur bilan carbone,

mon visage brun,

sous ce masque à oxygène,

effleuré par ses courbes du mal

comme aspirées par ma bouche,

dessinant ce camélia violet

sur son sein de grenade

mêlant mon nom asphyxié

à ses souvenirs orientaux.

 

Je respirais encore l'amour

et je criais ton nom

parmi les vagues sonores.

 

R.I.P.

Christophe

 

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