19/04/2020

L'instruction, une réalité de première nécessité

Nos enfants ne sont plus pris en charge par leurs professeur-e-s où instituteurs, institutrices.

Certains parents doivent même donner les cours à la maison parce qu'il n'y a même pas de cours à distance donnés par celles et ceux qui sont, en temps normal, chargés de donner les cours et payer pour cela, au contraire des parents.

En parallèle, les enfants sont presque insensibles à l'agression virale du Covid-19. Ils seraient, en outre, de mauvais vecteurs de transmission pour les adultes.

Alors que toute la société est petit à petit sommée de retourner au travail pour des raisons évidentes de survie économique, le corps enseignant semble se trouver de bonnes ou de mauvaises excuses pour empêcher un retour à l'école avant la rentrée des vacances scolaires d'été...

Il n'est dès lors pas très normal, dans ces conditions sanitaires plus ou moins favorables au monde scolaire, de laisser nos enfants à la maison sans instruction et sans surveillance puisque la plupart des parents vont reprendre dans les prochaines semaines leurs activités professionnelles. Exiger des parents de retour au travail qu'ils doivent en plus donner les cours à leurs enfants jusqu'à l'automne prochain (rattrapage du retard scolaire durant les vacances d'été compris!), en lieu et place des titulaires payés pour cela, c'est mettre une pression énorme sur leur capacité physique et morale pour y faire face.

Le corps enseignant n'a pas le droit d'abandonner ce pourquoi il a été engagé par la société. C'est-à-dire donner des cours aux élèves contre un salaire (par ailleurs bien plus élevé que beaucoup d'autres professions invisibilisées jusqu'avant la crise du coronavirus) payé par les impôts des citoyens, donc y compris par les impôts des familles précarisées à bas revenus. Le corps enseignant ne peut pas, par ailleurs, laisser grandir l'inégalité scolaire entre les milieux favorisés et les milieux défavorisés. Il a le devoir d'instruire les couches sociales les plus défavorisées qui n'ont pas et qui n'auront jamais les moyens d'une capacité d'instruction suffisante envers leurs enfants.

Le corps enseignant a un devoir citoyen envers la population au même titre que le corps hospitalier et médical. Il ne peut pas se camoufler derrière des excuses plus ou moins valables alors que l'on demande aux autres de retourner au travail dans des conditions qui ne seront de loin pas optimales pour leur sécurité et leur santé.

Il est donc nécessaire que le corps enseignant face preuve de solidarité et qu'il développe des solutions provisoires ingénieuses pour donner les cours aux élèves d'ici deux à trois semaines et non d'ici à quelques mois.

Les parents ont besoin de se savoir soutenus dans l'instruction de leurs enfants et les élèves ont le droit de poursuivre leur cursus scolaire de manière la moins perturbante possible.

Le corps enseignant ne peut pas avoir de privilèges particuliers vis-à-vis de toutes les autres professions dont on attend la reprise avec les difficultés économiques que l'on sait. Les profs ne risquent ni une perte de travail ni une remise en cause de leur salaire actuel et de leur indexation au coût de la vie qui ira grandissant ces prochains mois et années. Alors que les parents à charge d'enfants, auront déjà toutes ces réalités usantes et angoissantes à affronter dans leur vie professionnelle. Leur ajouter le devoir d'instruction pour leurs enfants par défaut et désertion des professeurs jusqu'en septembre, c'est intenable et insupportable pour les parents d'élèves.

 

 

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