30/04/2020

La Culture, cette mal aimée

Comment est-il possible que notre pays ait sacrifié la culture alors que le tourisme et la restauration vont retrouver une partie de leurs droits d'exploiter?

"Si nous devons vivre, alors vivons ensemble. Si nous devons mourir, alors mourons ensemble" pourrait s'exclamer un héros shakespearien face à ce désert culturel estival qui nous est promis.

Nous allons avoir des restaurants de taille importante qui vont accueillir jusqu'à 300 personnes quotidiennement, voir davantage, entre les capacités (réduites) de leur(s) terrasse(s) et les salles d'intérieur. Les deux mètres de distance, dogme imposé partout dans les entreprises et sur les chantiers, ne le seront pas entre les individus d'une même table de 4 personnes. Chacun et chacune seront assis à côté d'une personne à proximité immédiate d'un bras, d'une main...et ceci pour une heure ou davantage.

Pendant ce temps, le cinéma, la musique, le théâtre ne vivront pas. Les spectacles de rue, même de courte durée, ne pourront pas avoir lieu. On pourra travailler, certes. On ne pourra ni s'amuser ni se détendre ni s'éteindre, encore moins s'embrasser.

Des assouplissements sont prévus à partir du 8 juin si, et seulement si, les cas de Covid-19 ne repartent pas à la hausse. D'un point de vue purement statistique, il est quasi obligé, sauf diminution spontanée de la capacité du virus à contaminer, que les cas Covid-19 ne baisseront plus mais partiront plutôt à la hausse vu le nombre gigantesque de situations rapprochées que nous vivrons dès le 11 mai.

Alors nous aurons un Conseil fédéral qui dira que, pour le moment, la situation ne permet pas encore d'élargir les mesures de déconfinement à la culture et au sport.

La situation peut vraiment devenir intolérable non seulement pour celles et ceux qui vivent des évènements culturels ou sportifs mais aussi pour le public que nous sommes toutes et tous.

Nous ne vivons pas seulement pour travailler sous contrainte avec des règles de prudence renforcée qui créent de l'inconfort physique pour certaines profession, surtout en période où le travail peut nous exposer à l'infection d'un virus potentiellement mortel pour une minorité d'entre nous. Nous ne vivons pas seulement de contraintes, de devoirs, de nécessités imposés par le haut, l'économie, la politique, les patrons. Nous vivons d'abord pour être libre en nous inspirant les uns les autres de nos vies.

Mon pays sans la culture ce n'est pas mon pays c'est l'hiver. En paraphrasant Gilles Vigneault, j'aimerais faire remarquer à celles et ceux qui ont voulu ce retour précipité au droit d'exploiter leurs entreprises que la culture ne vit pas encore d'amour et d'eau fraîche et qu'aucun artiste n'a jamais survécu au manque de moyens financiers pour rester en vie.

Dans le métier, la culture, il y a celles et ceux qui exercent une ou plusieurs activités pour subvenir à leurs besoins matériels essentiels sans compter sur des revenus importants dans leur métier préféré. Et puis il y a les artistes qui ne vivent que sur leur profession d'artiste sans pour autant réaliser des gains faramineux. Ces derniers ont besoin de pouvoir retrouver leurs droits d'exercer leurs talents le plus rapidement possible.

Merci pour eux et merci pour nous. Je ne peux pas imaginer un pays au travail, des enfants à l'école, des gens surveillés de partout pour voir s'ils obéissent aux règles strictes, et une culture moribonde interdite d'apporter un peu de dissidence, de joie, d'émotion, et de bonheur à une population qui s'interroge de plus en plus sur la toute-puissance des économies et des milliardaires, ces dizaines de milliers de milliards consacrés à sauver un système économique moribond et probablement investis en Bourse pour partie afin de sauver celle-ci, une économie qui nous somme de retourner travailler au risque de compromettre notre santé et celles de nos enfants au nom du sauvetage de la patrie.

Si nous devons vivre, alors vivons ensemble. Si nous devons mourir, alors mourons ensemble.

L'art est la médecine de l'âme. Et nous en avons bien besoin par ces temps terriblement anxiogènes où non seulement un terrible fléau frappe les populations d'un mal pervers mais aussi en un temps où certaines puissances de l'ombre, masquées et manoeuvrant sous couvert de bonnes intentions, profitent de cette situation, tentent de nous manipuler et de jouer sur nos peurs pour imposer leur Nouvel Ordre Mondial en nous fliquant et en nous surveillant par tous les moyens possibles et imaginables.

 

 

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