01/05/2020

Un confinement très aléatoire

Ce vendredi 1er mai, j'ai du me rendre à une réunion de travail.

Adepte des transports publics depuis toujours (jamais eu de voiture de ma vie), j'ai pu constater que le port du masque n'était pas encore acquis pour tout le monde. Un voyage centre de Neuchâtel à la gare m'a rendu fort sceptique quand à la non-obligation du masque d'ici le 11mai.

Le bus, non articulé je précise, a vu une fréquentation d'environ 35 personnes sur la distance. 0 personne ne portait le masque. Sur l'avant du bus, nous étions 8 personnes sur environ 2 mètres carrés, donc une distanciation de moins d'un mètre entre nous.

D'autre part, vers 16 heures il y avait passablement de monde dans le hall alors que nous sommes un jour férié... A l'extérieur, un groupe de jeunes se prenait même dans les bras. Devant la Coop, un certain nombre de personnes faisait la queue pour entrer sans vraiment respecter les 2 mètres...

Que se passera-t-il le 11 mai?

D'autre part, je profite de ce billet pour annoncer que beaucoup de restaurateurs neuchâtelois ne sont pas vraiment chauds pour ouvrir le 11 mai au lieu du 10 juin initialement prévu. Parmi le personnel de notre établissement, la totalité craint cette ouverture jugée trop rapide en regard de ce qui se passe dans nos pays voisins (France-Italie pour la Suisse romande).

Et personne ne sait encore toutes les mesures qui devraient être prises, même pas GastroSuisse. Si la possibilité du chômage technique à temps complet est encore autorisée par Berne, beaucoup de restaurateurs et restauratrices laisseront les portes clauses le 11 mai. Sinon, la plupart envisagerait, par la contrainte fédérale, un retour aux affaires en demandant un chômage technique pour leur personnel de l'ordre de 50%. Ce ne serait pas de gaité de coeur autant pour les patrons que pour leurs employé-e-s qui ont tendance à fortement privilégier leur santé sur leur salaire puisque les clients ne porteront pas de masques à table et resteront largement assis plus d'un quart d'heure dans l'établissement.

On le voit, les pressions de Swiss Tourism et de GastroSuisse sur le Conseil fédéral pour ouvrir rapidement ne font pas l'unanimité en Suisse romande.

Il y a également la grande question qui est sur toutes les bouches: si un cas de Covid-19 est déclaré parmi les clients ou le personnel, l'établissement devra-t-il à nouveau fermer ses portes pour une durée de deux semaines? Ce qui serait alors ingérable (qui paie les salaires en ce cas précis? Le patron? Le chômage technique?) et entraînerait des pertes en marchandises relativement conséquentes.

Si la majorité de la population charge l'application de traçage prévue sur les téléphones, il y a de fortes chances pour que plusieurs établissements soient concernés par cette mise en quarantaine les condamnant à une nouvelle fermeture et à une perte d'exploitation...

Rien n'est décidément simple et le futur est vraiment très incertain tant que Covid-19 aura décidé de nous soumettre à sa loi. Et le professeur Raoult en rajoute encore un peu plus à la psychose générale dans un interview accordé à Paris-Match en disant qu'il est idiot de vouloir fabriquer un vaccin contre Covid-19 alors que nous avons déjà tant de peine avec la grippe hivernale pour trouver le vaccin fiable pour l'année suivante. Il donne également l'exemple du vaccin contre le Sida qui n'existe toujours pas après 30 ans de recherche intensive ayant englouti des sommes colossales...

Monsieur Berset et Monsieur Koch, vous avez du pain dur sur la planche. Et c'est vraiment peu de chose que de l'écrire ici.

 

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