02/05/2020

Un grand oublié du "Temps" : Christophe Keckeis

L'ancien commandant en chef de l'armée suisse, Christophe Keckeis est décédé.

En cette période de Covid-19, Christophe Keckeis, un homme au caractère entier, humaniste, proche des réalités du monde et ouvert sur celui-ci, très critique envers les leaders de l'UDC tels Ueli Maurer et Christoph Blocher,  n'aura pas droit à des funérailles officielles.

Grand pilote militaire, Christophe Keckeis était supérieurement doué pour exercer ses métiers de pilotes et de haut-gradé de l'armée. Il savait prendre ses responsabilités et des décisions courageuses, critiquant au passage ouvertement quand il constatait que des décisions politiques ne lui semblaient pas adéquates. Ce qui lui valu des ennemis au sein de l'armée.

Désavoué sur la nécessité d'acquérir l'avion de combat "Gripen", il a été parfois perçu par la presse comme un homme se plaçant au-dessus des contraintes démocratiques, voir de tempérament dictatorial. Il avait son franc-parler, son caractère bien trempé, certes. Mais dictateur certainement pas. Comme tout militaire, il développait une vision assez dur mais aussi réaliste de la situation du monde. Je ne partageais pas sa tasse de thé avec lui au sujet de la nécessité de toute cette violence sur la Terre pour maintenir des positions géostratégiques. Cela faisait des dizaines d'années que je ne l'avais plus rencontré en tête à tête. Cependant, j'appréciais son regard sur le monde et sa façon de ne pas garder sa langue dans sa poche. Ses critiques fusaient comme des missiles et sentaient bon l'homme du terroir. Les journalistes ont eu droit à leur lot de salves keckeisiennes.

Est-ce pour cela que le journal "Le Temps", grand journal de référence romand, n'a pas mentionné, sauf mauvaise vision de ma part, sa disparition sur sa plate-forme numérique? Cela serait fort inconvenant et irrespectueux de la part de ce journal envers un homme qui a consacré sa vie à la carrière militaire et la défense de notre territoire.

A regarder sa réaction emprunte de grande tristesse lors de la défaite sur l'acquisition des Gripen. "Les conneries gigantesques" des journalistes resteront dans nos mémoires.https://www.rts.ch/play/radio/lagence/audio/christophe-ke...

Neuchâtel, sa terre d'adoption, se souviendra d'un homme qui avait la passion de l'excellence et du travail bien fait.

C'est avec tristesse que ma famille a appris sa mort hier soir.

A son épouse et sa famille, j'adresse ici mes pensées les plus émues. Christophe était un homme dont la Suisse peut regretter la disparition.

Exactement 20 ans après le décès de ma maman, souche de notre lien familial à Christophe, le pilote s'en est allé tutoyer les ailes du ciel.

 

Les ailes de la liberté

ne naissent jamais

sur les horreurs de la guerre;

elles grandissent dans le coeur

des femmes et des hommes

qui savent construire la paix

grâce à leur héroïsme

vécu au quotidien de leur vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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