03/05/2020

Notre état d'urgence n'est pas celui de l'ultralibéralisme

Nous ne nous sommes jamais confinés pour subir une baisse de salaire de 20% pour beaucoup, à 100% pour certains.

Nous ne nous sommes jamais confinés pour faire du farniente et vivre des vacances à domicile sans possibilité de voyager et de manger au restaurant.

Nous ne nous sommes jamais confinés pour risquer de perdre notre travail et subir les pressions de nos patrons à notre retour au travail.

Nous ne nous sommes jamais confinés pour sacrifier nos familles, nos vieux seuls à la maison ou emprisonnés dans les homes, nos enfants, nos relations sentimentales, et nos relations amicales.

Nous nous sommes confinés pour sauver des vies par milliers, permettre aux hôpitaux d'éviter au mieux un cauchemar sanitaire et humain, aider médecins et personnel infirmier à la réussite de leur mission.

Nous nous sommes confinés pour avoir la possibilité d'une vie heureuse après le confinement.

Et notre état d'urgence à nous c'est donc de retrouver nos familles, notre travail dans de bonnes conditions, et notre envie de continuer à vivre le plus normalement possible.

Alors il faut oser la rencontre et les retrouvailles puisqu'il nous faudra bientôt vivre dans la cohue des transports publiques et la foule dans les rues. Retrouver aussi des collègues de travail qui seront à des distances plus ou moins réduites que celles préconisées et des clients par milliers sur la durée d'un mois qui mangeront et boiront sans masque dans notre restaurant.

Et comme je risque comme tout le monde d'être touché par le Covid-19 du moment que je renoue des liens physiques avec de très nombreuses personnes après sept semaines de confinent strictement complet, il faut que je consacre un peu de temps à ma famille, mes enfants et petits enfants que je n'ai plus revus en chair et en os depuis sept semaines au minimum.

Pardon si je ne fais plus super bien après 49 jours de solitude totale, Monsieur Berset et Monsieur Koch. Mais je ne me vois en aucun cas finir sur un lit d'hôpital avec un masque à oxygène sur le visage, mes enfants et petits enfants éloignés de leur papa, grand-papa, et sans aucun droit de visite parce qu'un autre ou une autre que ma famille m'aura transmis le corona dans les transports publiques ou au travail.

Mon état d'urgence est ailleurs. C'est d'abord ma famille, pour maintenant, et mon amoureuse, pour bientôt. Alors je me devais de lever mon état d'urgence personnel pour revenir à la normal auprès des miens qui m'ont accueilli les bras ouverts sans peur des bisous et des enlacements.

20200503_1220088.jpg

A la ferme, avec une de mes filles, son compagnon, leurs enfants.

Le petit Léo est né à la maison le 20 mars 2020.

20200503_1123233.jpg

Les couleurs de la liberté

 

Les commentaires sont fermés.