09/05/2020

Déconfinement, reconfinement, raffinement des mesures

Comment rendre complètement folle une population qui, depuis plus de deux mois, vit au rythme de Covid-19?

Tout simplement en la condamnant au silence, à la nuit et au brouillard d'un Etat qui règle pour elle le rythme des libertés et des interdits, les ouvertures et les fermetures des commerces, les zones contaminées frappées de quarantaine pour une semaine ou plus longtemps.

La peste cible désormais ses zones. Cela va de l'isolement provisoire d'une personne malade ou simplement qui a été au contact d'une personne contaminée, en passant par un bloc ou quartier d'immeubles condamné, puis d'une ville et sa région, ensuite d'un canton ou d'un ensemble de cantons, enfin le pays, pour finir à l'échelle d'un continent.

Selon un barème de contamination établi par les autorités sanitaires de l'Etat, nous serons, dès lundi, en semi-liberté surveillée par toutes sortes d'applications et de mesures, semi-liberté qui pourra se transformer en tout temps en reconfinement individuel ou, plus grave encore, en zone fermée collective selon le nombre de personnes atteintes par 100.000 habitants.

Comment, dans ces conditions, pouvoir faire tourner commerces non essentiels et entreprises et réussir le pari d'un retour heureux d'une clientèle restée fantomatique?

Comment éviter la perte de la marchandise et des éventuels investissements consentis (pose de plexiglas par exemple) pour protéger la clientèle des risques de contamination?

Comment réussir à motiver un personnel démoralisé par les pertes de salaire et qui ne savent pas s'il retravaille pour sauver l'entreprise de la faillite ou si on les a juste exposé pour un court laps de temps à plus de risques pour rien du tout au final en les condamnant ensuite à un reconfinement obligatoire et quasi mortel pour leur entreprise?

Nous pouvons suivre toutes les recommandations au monde, nous ne pouvons pas lutter contre les pouvoir de nuisance d'un virus microscopique qui atteint nos défenses immunitaires et dévaste nos économies et encore plus nos vies, notre moral, nos liens sociaux. Si notre récompense de combattant c'est de nous voir punis d'un reconfinement personnel ou collectif dès les signes potentiellement alarmants de la maladie, alors il ne faut pas exiger de nous de repartir au combat, d'être au poste de travail au gré de décisions étatistes qui, voulant défendre à tout prix les intérêts économiques des plus riches, ont pris des décisions trop rapides de déconfinement anéantissant nos chances de repartir dans de bonnes conditions sanitaires.

Les nazis avaient inventé un code contre tous les dissidents du régime qu'ils devaient déporter et faire disparaître dans un secret absolu afin d'éviter une opposition massive aux méthodes hitlériennes.

Nous n'en sommes heureusement pas encore là, bien entendu. Mais tout de même. Les voix dissidentes sont moquées, marginalisées, sans aucune chance de se faire entendre au-delà d'un cercle restreint de personnes sur des blogs ou des réseaux sociaux. Les discours sont par ailleurs tellement divergents les uns des autres, contradictoires, voir carrément délirants que certaines personnes préfèrent attrapées la bouée de gourous complètement hors sol plutôt que d'écouter d'autres discours dissidents plus en rapport avec une certaine réalité de notre situation.

Le discrédit est lancé contre les lanceurs d'alerte. L'Etat prend des décisions qui nous concernent jusque dans notre intimité. Et nous ne pouvons pas prétendre lutter à armes égales contre ses décisions et son armada médiatique.

Mais si user et saper le moral des troupes par la menace quotidienne d'un virus est une stratégie globale de gouvernance, alors nous sommes perdus. Les populations ne tiendront plus longtemps à vivre ces cycles de confinement et de déconfinement, d'ordres et de contre-ordres, d'espoir vain et de désespoir total. Il y aura des révoltes, des envies de passer outre les mesures prises, de sauver coûte que coûte ce qui pourra encore être sauvé. Dans la nervosité générale créée, l'Etat interviendra plus radicalement et plus durement. C'est alors que la police et l'armée séviront avec la plus grande fermeté et que des citoyens et citoyennes seront jetés en prison, mis au secret, et déportés vers des enfers que l'on voudra ignorer volontairement en les accusant d'avoir été des traîtres, des insoumis, des gens qui méritent de porter l'étoile jaune des proscrits, des impurs, des ethnies marginales qui ne respectent pas le code de Nacht und Nebel.

Nous étions hier le 8 mai, jour commémoratif de la chute du nazisme. Le même jour, l'Allemagne a annoncé le reconfinement de certaines populations atteintes à nouveau par le virus. La guerre faite à Covid-19 n'est pas finie qu'une autre guerre nous guette, une guerre beaucoup plus pernicieuse et dangereuse pour l'espèce humaine, la peste brune. Celles qui permettra à certains de tirer profit de la crise durablement grâce à la manipulation des foules, à leur pouvoir financier gigantesque, et leurs réseaux mafieux internationaux, tandis que d'autres seront pourchassées, ruinées et condamnées par l'état d'urgence militaire et policier dans l'indifférence générale des autres populations trop occupées à survivre pour elles-mêmes et à suivre aveuglément les directives de l'Etat sanitaire et hygiénique.

Il nous faut prendre garde à nos capacités de nuisance et soin de notre solidarité collective. Sinon cela deviendra très grave. Notre avenir pue le fascisme. Et peu de personnes sont capables d'en ressentir les miasmes et les signes annonciateurs.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nuit_et_brouillard

https://www.24heures.ch/monde/reconfinement-debut-deconfi...

 

 

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