14/05/2020

Ce virus qui donne la victoire totale au virtuel

Bien étrange Covid-19. Alors que l'on parle de solidarité et de liens sociaux à conserver d'urgence avec les personnes les plus vulnérables et âgées, entre autre, les sociétés multinationales qui ont pignon sur rue dans le monde virtuel s'agrandissent et s'enrichissent d'une manière phénoménale.

Dernier en date, Über Eats vient de conquérir la ville de Neuchâtel et les patrons de bistrots désespérés de ne pas voir revenir leur clientèle, comme les clients probablement qui verront de bon oeil de manger au bureau ou à la maison des plats cuisinés, vont sans doute se ruer sur cette nouvelle application. Malheureux, que faites-vous!? De la folie, beaucoup; de la naïveté, à la folie.

La mort des bistrots est programmée au profit de locaux de vente à l'emporter ou patrons et cuisiniers ne verront plus la présence de leurs clients. Le patron économisera sur le personnel de service et sur la location de salles de restaurant. Il paiera cependant pour la multinationale Über Eats alors que depuis tout temps il pouvait déjà préparer des plats à domicile ou au bureau par simple coup de fil. La différence c'est que le client se déplaçait encore au restaurant pour prendre sa commande... Mais comme le Zorro masqué de la Silicon Valley, Covid-19 est arrivé et a donné la victoire aux entreprises du GAFA. Car bien entendu, Covid-19 monté sur son cheval de bataille OMS est prévu pour durer très, trop longtemps et la peur des gens de contracter durant ces prochains mois ou prochaines années le virus devient de plus en plus grande et évidente.

Les entraves exercées sur la branche de la restauration enchaînent leur liberté d'exploiter à un règlement sanitaire qui ne permettra pas, ô grand jamais, la survie des établissements. Pire encore, ce règlement accroît la peur, fait fuir la clientèle, et donne des allures conviviales proche du désert de la mort infesté de serpents et autres scorpions.

Pendant ce temps, Über Eats et d'autres s'implantent en Suisse. Les livreurs de pizza et mets à l'emporter remplacent les serveurs et serveuses tuant des milliers d'emplois dans la branche. L'argent s'en va et se concentrent virtuellement sur des plate-formes géantes qui ne paient pas leurs impôts en Suisse. L'individu s'atomise et perd tout lien réel avec la population. Les échanges humains s'appauvrissent d'une manière spectaculaire (lisez le règlement ubuesque réservé au monde de la Culture. C'est effrayant). Les boîtes de nuit et autres bars créés pour la fête, ces lieux de rencontre aux atmosphères de fièvre et de transpiration vont disparaître, devenir des mirages du passé, et ne reviendront peut-être plus jamais. Les rencontres amicales et amoureuses se feront désormais exclusivement sur les plate-formes virtuelles où les gens demanderont la preuve médicale à la personne si elle a subi le test ou le vaccin du sida et du Covid-19 dans les tous derniers jours avant toute rencontre physique...

Covid-19 devait être un test planétaire de solidarité des communautés humaines selon ce qui c'est écrit et dit sur les médias. Il est en réalité le plus grand virus développé ou non en laboratoire par des scientifiques et véhiculé sur la Terre par les médias planétaires permettant aux entreprises du virtuel de remporter une éclatante et totalitaire victoire. La bombe atomique, disait Bill Gates, n'est pas le plus grand danger qui guette l'humanité. C'est un virus qui risque d'avoir notre peau. Il ne croyait pas si bien dire le messie prémonitoire debout sur sa scène devant son écran géant.

Et quand vous vous acquitterez de votre commande, cela se fera aussi sur votre petit écran, la monnaie papier et les pièces de monnaie seront interdites et votre carte plastique non seulement privilégiée mais obligatoire pour tout règlement hors écran.

Ce monde-là que ces gens nous prépare est horrible.

Bistrotiers et restaurateurs, à nous d'organiser la résistance la plus ferme à ce qu'on voudrait faire de nous: de simples tâcherons derrière leurs fourneaux à produire pour le bonheur (mais peut-on parler de bonheur ou ce mot devient-il vraiment obscène?) de multinationales et de clients aux visages entièrement anonymes.

Déjà des cuisiniers connaissent très bien ce monde-là reclus dans leur cuisine et ne bavardant avec aucun des clients de leur restaurant. Sans aucune reconnaissance ni de leur patron ni de la clientèle, complètement anonymisés et fantomatiques, ils savent très bien de quoi il retourne quand ils vous lancent ce cri d'alerte mondial.

Alors si demain, le bistrot n'existe plus, c'est toute la gastronomie qui aura, de gré ou de force, vendu son âme au diable au nom de la sécurité sanitaire et au profit des sociétés mondialisées du virtuel.

Si ce jour-là arrive, alors c'est l'Humanité qui sera de toute façon au stade terminale de son évolution sur la Terre.

Entrer en résistance n'est pas un vain mot.

Bistrotiers et cultureux de tous bords et en tous genres, s'il vous plaît, ne nous laissons pas tondre comme des moutons. Ce sont nos métiers tissés de liens sociaux qui sont en danger de mort.

https://www.letemps.ch/economie/etrange-marche-livraison-...

 

Les commentaires sont fermés.