29/05/2020

Nous pouvons la jouer à la suédoise...avant le tiers-temps bulgare?

Le semi-confinement puis un retour prudent à la liberté.

En l'absence de médicaments totalement efficace et de vaccin la Suisse a procédé dans le meilleur des ordres possibles face à la Covid-19.

Aujourd'hui, nous pouvons adopter le modèle suédois, modèle qui s'avère maintenant utile dans une deuxième phase mais qui était trop dangereux pour le prendre comme modèle en première phase.

La Suède est actuellement nettement plus mal prise que la Suisse en cette fin de mois de mai. Plus de morts, plus de cas, un état sanitaire qui ne sait pas amélioré aussi vite qu'en Suisse et, peut-être encore plus grave, l'immunité collective, qui était le but de la stratégie suédoise, s'avère largement décevante. C'est normal puisque la Suède, sans être confinée, a tout de même demander une observation de la distanciation sociale, la désinfection régulière des mains, et la recommandation du port du masque dans les lieux fréquentés... Toutes mesures que la Suisse a prises également en même temps que le semi-confinement.

On rétorquera que la Suède n'a ainsi pas du prendre de mesures économiques exceptionnelles en restant au travail complet. Hors le taux de chômage grandit fortement en Suède aussi. Beaucoup de travailleurs et de travailleuses gagnent moins qu'avant la crise.

Et surtout, l'insécurité sanitaire qui y persiste fait fuir la population loin des endroits peuplés. La Suède, c'est un peu l'équipe de foot qui s'est ruée à l'attaque durant la première mi-temps, a marqué des goals sur les esprits chagrins qui dénonçaient une atteinte à la liberté de commercer et de produire, est retournée aux vestiaires avec la fierté du Viking qui fait mieux que tout le monde et va vaincre en champion. Mais est arrivée la seconde mi-temps, nettement moins certaine, l'équipe a vu son taux de maladie augmenté ou stagné à un échelon trop haut alors que la Suisse, d'abord alertée et jouant la stratégie de l'hérisson face à l'invasion du virus, a su rester patiente, concentrée, ordonnée, et est maintenant récompensée de tous ses efforts.

Aujourd'hui, on peut la jouer à la Suédoise avec une plus grande sécurité et une immunité collective, faible certes, mais qui ne doit pas envier grand chose à l'immunité suédoise qui est tout aussi faible. Et surtout, nous avons beaucoup moins de décès dus au Covid, donc une protection des gens âgés et fragiles bien mieux réussie qu'en Suède.

Il reste peut-être un troisième tiers-temps à jouer comme en hockey sur glace. Celui qui consiste à acquérir une immunité collective haute pour nous débarrasser une bonne fois pour toute de ce sale virus. En l'absence de vaccin, dont on ne sait pas quand et s'il arrivera un jour et de médicaments hautement efficaces pour lutter contre le Covid, on pourrait se la jouer à la Bulgare en ayant recours à un vaccin BCBG, j'ai parlé du BCG contre la tuberculose qui semble être efficace pour empêcher SRAS-COV2 de se développer dans ses formes graves sur les organismes humains. C'est peut-être risqué en l'état actuel des connaissances. Mais franchement, des restaurants, des bars de nuit, des discothèques, des usines, des bureaux, obligés de maintenir une distance de deux mètres entre les gens et cela durant des années peut-être, ce n'est pas envisageable pour la survie des entreprises et de la vie en communauté. Pas plus de ne plus pouvoir s'embrasser et de se prendre à nouveau dans les bras. Pas plus que de devoir se mettre en quarantaine par grappes humaines dès qu'un cas de Covid-19 est signalé. Car en plus du désagrément, cela provoque à très long terme un recours aux RHT pour compenser les salaires perdus sans compter les problèmes pour les employeurs perdant durant quelques jours des collaborateurs et collaboratrices parfois très indispensables à la bonne marche de l'entreprise. S'il faut attendre durant 10 ans une immunité collective, bonjours le moral des troupes et l'état des finances de la collectivité.

Si la Suisse pourrait s'intéresser à la piste BCG, ce serait peut-être une option gagnante sur tous les tableaux. La Bulgarie, comme la Tunisie d'ailleurs, a eu relativement très peu de cas de Covid-19 déclarés et encore moins de morts, 2477 cas confirmés et 134 morts pour la Bulgarie; 1068 cas confirmés et 48 décès pour la Tunisie. Hors les deux pays ont toujours eu un recours massif au vaccin BCG pour les enfants. Et la Bulgarie s'apprête aujourd'hui à recourir au rappel du vaccin pour sa population adulte afin d'offrir de l'immunité collective à sa population. L'avantage flagrant du BCG s'est qu'il est très bien observé depuis un siècle maintenant et que ses effets secondaires sont très limités et très rarement dangereux pour les personnes. On ne pourra jamais en dire autant d'un nouveau vaccin spécifique au Covid-19 arrivant sur le marché pour autant qu'il y arrive un jour à cause d'un manque de recul et d'observation pour ce dernier. L'autre avantage flagrant, c'est qu'en privilégiant le développement à dangerosité faible du Covid-19 parmi la population, on crée rapidement de l'immunité collective contre cette maladie tout en permettant à l'économie de travailler normalement et tout en permettant aussi aux populations d'oser se rapprocher, de se serrer la main, de s'embrasser et de s'éteindre à nouveau.

Alors, est-ce que la Suisse jouera son tiers-temps bulgare après avoir observé son évolution en Bulgarie et sa réussite éventuelle? En tout cas, c'est une piste à ne pas négliger par le sale temps économique qui court et des sociétés humaines qui se nucléarisent dans la glace suédoise par peur de la maladie plutôt que de se réchauffer au soleil latin. On ne va quand même pas tous et toutes devenir des Iceborg ou bien?

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