25/06/2020

Hôpitaux suisses, 3 milliards de perte en deux mois...

Le coronavirus Sars Cov-19 a révélé une chose extraordinaire. La population suisse est moins malade et à moins besoin d'opération pour se remettre sur pied et en bonne santé.

Ainsi, en deux mois de semi-confinement, les hôpitaux suisses, généralement bénéficiaires en temps normal et gardant les bénéfices pour l'entreprise comme tout bon système capitaliste malgré des primes et des franchises astronomiques payées par la population helvète, ont essuyé des pertes estimées d'au moins trois milliards de francs.

Il y a plusieurs hics dans la tentative des hôpitaux de récupérer leurs pertes qui seraient dues à la décision fédérale de reporter les opérations non urgente à une date ultérieure pour réserver les places aux patients Covid.

Le premier hic c'est qu'en principe le patient, la patiente, n'est pas une denrée périssable pas plus qu'un objet obsolète qu'on ne peut plus réparer dépassé un certain délai de déglinguement (mot nouveau). Un être humain qui a eu besoin de reporter son opération "indispensable" devrait toujours en avoir besoin et, jusqu'à nouvel avis, les hôpitaux et les médecins qualifiés sont en nombre suffisants pour faire du "rattrapage", donc du bénéfice...

Le second hic c'est que les hôpitaux demandent une aide à fonds perdus à la Confédération pour renflouer leurs caisses vidées par le Covid. Hors, aucun secteur de l'industrie n'a obtenu une telle faveur pour compenser la perte du chiffre d'affaire. Pourquoi les hôpitaux devraient-il être privilégiés alors même que nous payons (nous sommes l'Etat) déjà fort cher nos primes et nos franchises? La Confédération n'a pas à intervenir. Et elle a raison de s'y opposer. D'autant que du personnel hospitalier a été mis au chômage partiel et à donc été payé par les RHT et non par les hôpitaux eux-mêmes.

Le troisième hic, et pas le moins inquiétant, c'est que la population suisse semble avoir moins besoin de recourir à des gestes et des opérations médicales par temps de Covid. C'est là qu'intervient la médecine de luxe qui pousse ses clients et clientes à la consommation... Et c'est là que tout cela n'est plus normal du tout. Des familles sont à la limite du minimum vital, en Suisse, à cause des primes et des franchises maladie très élevées (ces familles, à part pour les enfants, ne consultent pas et ne se soignent pas bien trop souvent pour cause de franchises exorbitantes qu'elles ont choisi concernant les parents). Pendant ce temps, le système préconise une médecine de luxe pour celles et ceux qui consultent et se soignent sur le dos finalement de la population qui ne consulte jamais ou beaucoup trop rarement. Une étude nationale manque cruellement à cet effet pour connaître qui consulte et pourquoi et qui ne consulte pas parmi les couches de la population et les strates sociales.

Enfin, dernier hic, pourquoi a-t-on fait des hôpitaux publics des entreprises privées qui demandent aujourd'hui le secours financier non remboursable de l'Etat fédéral? Selon le principe du néolibéralisme qui veut que les riches encaissent les bénéfices en exclusivité et tentent de reporter les dettes sur l'Etat social?

Berne a raison de s'opposer aux demandes des hôpitaux. Il faut juste espérer que la leçon sera retenue et que notre système de santé entame une réflexion profonde sur notre manière économique de concevoir aujourd'hui la santé publique qui nous coûte la peau des fesses et même les yeux de la tête.

https://www.letemps.ch/suisse/cantons-rient-cantons-pleur...

 

 

 

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