30/06/2020

Le port du masque obligatoire n'est pas judicieux

Rendre obligatoire le port du masque?

Une majorité de personnes, en Suisse, semble y être favorable. A priori, une telle décision politique pourrait être judicieuse pour lutter contre le coronavirus. Dans la réalité, c'est tout simplement une absurdité, un gaspillage de matière première à grande échelle, et un risque encore plus grand de manquer de masques à travers la planète.

Comment produire plusieurs milliards de masques par jour si la planète entière souscrit à l'obligation de porter un masque dans l'espace public?

Comment cela se compte-t-il en terme d'impact sur l'environnement? Des milliards de masques jetés à la poubelle tous les jours... Combien cela coûterait-il aux citoyens et citoyennes de la planète Terre? Des milliards de francs par jour sachant qu'en Suisse le prix moyen est de 80 ct pour un masque. Et qui paie pour les familles les plus démunies qui ont déjà de la peine à boucler les fins de mois. Imaginons une famille de quatre enfants, c'est six masques par jour au minimum, 180 pour un mois. C'est une dépense de fr.150.-- soit 4 paniers de la Migros à fr.20.-- environ, soit ces fameux paniers distribués par Médecin sans Frontières aux portes de Genève et ailleurs.

Les personnes âgées aimeraient davantage que le port du masque deviennent une obligation dans les transports publiques. On peut les comprendre. Mais il n'y a pas que le port du masque qui protège les gens. Et ça ne sert à rien de porter un masque quand les gens sont éloignés de deux mètres et plus. Ce qui protège avant tout c'est de ne pas s'approcher de trop près dans les magasins, dans la rue, dans les bars et restaurants. Des amis qui mangent à 30 personnes les uns à côtés des autres et sans masque pour des raisons évidentes sont plus susceptibles de transmettre le virus entre eux que 30 personnes non masquées dans un wagon de train qui sont séparées par une distance de 2 mètres au moins entre elles. C'est une question de bon sens et de responsabilité civique. Et l'obligation de porter un masque n'est pas judicieuse. C'est aux gens de prendre toutes leurs responsabilités et d'éventuellement informer son vis-à-vis qu'il n'est pas très respectueux d'autrui en ne portant pas son masque alors qu'il est à moins d'un mètre de distance d'une autre personne dans un transport public pour un laps de temps de plus de 10 à 15 minutes comme le recommande l'OFSP.

L'obligation du masque n'est pas la solution miracle. Au contraire, les contraintes doivent être comprises pour être acceptées. Hors si je voyage seul ou avec peu de personnes dans un wagon, je ne comprends pas que la société m'impose de porter un masque. C'est une atteinte à ma liberté et à ma responsabilité individuelle. Je ne veux pas d'un machin qui m'obstrue les voies respiratoires et qui me fait penser sans cesse que le virus rôde autour de moi. Cela rend psychiquement dépendant de la Covid-19 et ça énerve toute personne qui sait bien se comporter quand la nécessité lui impose le port du masque pour ne pas prendre le risque de contaminer et d'être contaminé.

Sinon, on peut même pousser le bouchon plus loin de l'horreur hygiéniste et demander à tous les couples légitimes comme illégitimes de porter obligatoirement un masque quand ils font l'amour. Question de ne pas risquer de devenir porteur du virus et de le transmettre aux collègues de travail, par exemple.

Amoindrir le risque est de notre responsabilité à toutes et tous. Mais le risque zéro n'existe pas, sauf à nous auto-condamnés à un confinement strict atrocement pénalisant sur le plan humain. Il est impossible de se protéger et de protéger à 100% notre voisinage au risque de perdre notre humanité et de devenir ennemi de tous et de toutes. Si nous le faisons, alors nous ne vivons plus et nous rentrons dans un milieu hostile de folie carcérale. Nous pouvons y survivre et nous y habituer pour certains, certes, mais dans un milieu aseptisé, virtuel, absent de toute liberté ou l'Autre comme nous-mêmes représentons un danger potentiel perpétuel pour nous-mêmes et pour l'Autre, un monde où les êtres aimés, intimes, deviennent alors des espèces d'objets stériles au service d'un acte sexuel purement d'ordre hygiéniste et clinique. Ce n'est assurément pas ma notion de l'humanité et de l'amour entre deux êtres.

Et je pense que ce n'est pas non plus votre vision de l'amour et de l'humanité.

 

 

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