12/09/2020

Les codes vestimentaires féminins

L'être humain juge bien trop souvent d'autres êtres humains sur leur code vestimentaire.

Cela fait partie d'une réalité biaisée. L'habit ne fait pas le moine ou la putain ni le salaud ou l'artiste. Derrière l'apparente fille de joie se cache parfois un coeur d'or et vertueux. Derrière l'apparent salaud se cache parfois un homme qui se bat pour la liberté et l'égalité femme/homme. Le code vestimentaire est juste une affaire entre soi et soi. Les contraintes sociales nous obligent parfois à nous habiller comme le milieu le demande voir l'exige. La banque et les assurances, par exemple, ont un dress code exigeant. Le monde de la politique aussi. Mais derrière l'habit, il y a un homme, il y a une femme.

Pour revenir sur mon billet résolument provocateur et artistique de hier, ce n'est pas parce qu'une jeune femme dévoile une partie de ses charmes en public qu'elle est ce que certains hommes et certaines femmes pourraient penser d'elle. Une femme libre n'est pas obligatoirement une femme délurée qui s'offre aux regards concupiscents des hommes pour mener une vie aux aventures amoureuses multiples. Les femmes comme les hommes s'exhibent depuis la nuit des temps pour attirer les regards sur elles et sur eux. Se mettre en avantage, provoquer le désir des hommes ou l'attirance des femmes, cela fait partie de l'existence propre de notre espèce. Et dans tous le règne animal, voir végétal, la sexualité est marquée par des transformations sur les corps pour attirer le ou la partenaire potentiel-le.

En Occident, nous n'avons plus d'interdit vestimentaire mais les lieux publics exigent parfois des tenues décentes. Mais c'est quoi une tenue décente? Une tenue neutre qui n'attire pas l'attention? Le col Mao et le pantalon forcé sans distinction de genre? Plus le voile, voir la burqa pour les femmes qui, on le sait à travers les yeux des hommes de Dieu, sont des diablesses qui créent le désir même quand elles ne le désirent pas?

Laissons la femme libre de se vêtir comme elle le désire. En retour, celle-ci doit bien accepter que tous les hommes, même les plus moches et les plus vieux, et pas seulement ceux auxquelles elle pourrait y trouver son intérêt personnel érotique, visent du regard son décolleté vertigineux.

Ce sont-là les risques encourus et pas bien méchants quand on visite un musée où les modèles féminins comme masculins, parfois entièrement dénudés, sont exposés à nos yeux en sculptures ou en tableaux de maître. Il fallait bien que les filles soient nues pour le peintre ou le sculpteur inspiré...L'inverse peut être aussi vrai... Alors le décolleté d'une jolie fille qui passe ne devrait pas effrayer outre mesure un vertueux conservateur de musée et le personnel de ce dernier. Pas plus qu'un homme en short et en tongs qui expose ses poils et sa virilité mais aussi sa décontraction et son imperméabilité au code vestimentaire usuel qui sied à ce genre de lieu.

A vouloir faire la police partout, il n'y aura plus de sensualité nulle part.

 

Les commentaires sont fermés.