13/09/2020

La stratégie de Berne et nous les travailleurs et travailleuses

Il n'y aura pas de reconfinement selon le Conseiller fédéral Alain Berset.

Coûte que coûte, Berne ne veut plus suivre une ligne globale et nationale de fermeture de l'économie en cas de maladie Covid se répandant encore davantage parmi la population. Le traçage des personnes de contact avec un ou une porteur / porteuse du virus et leur mise en quarantaine serait la bonne et unique méthode viable face au virus.

L'économie est contente d'entendre cela. Le travailleur et la travailleuse un peu moins. Certes les salaires tomberont à 100%  mais quand on sait que de très nombreux travailleurs et travailleuses de la restauration sont obligés de faire du chômage technique tout ce qu'il y a de plus technique et cela au minimum encore jusqu'à la fin de l'année pour permettre aux patrons d'économiser un quart voir davantage des salaires de leurs employés, la position du Conseil fédéral semble plus pragmatique que réellement soucieuse de la protection de la santé des travailleurs et travailleuses, particulièrement dans la branche de la restauration-hôtellerie.

Pour rappel, un restaurant sans terrasse bien fréquenté peut accueillir par jour jusqu'à 200 personnes, voir bien davantage en cas de double service du soir (de 18h. à 22h., on peut occuper largement à double la même table). En un mois, ce sont quelque 6'000 personnes d'horizon divers et de tous les milieux, jeunes comme plus âgés, qui auront occupé, sans port du masque, le lieu de travail des employés concernés.

Hors nous savons que ce satané virus se propage dans l'air à travers les éclats de rire et les personnes qui parlent... Le personnel de la branche de la restauration, déjà lourdement pénaliser par l'autorisation facilitée des RHT pour leur employeur, se verra donc contraint, même en cas de forte hausse supplémentaire de cas, d'aller au travail et de risquer fortement de contracter le virus sur le lieu de travail ou dans les transports publics (moins à risque cependant grâce au port du masque obligatoire) qu'il utilise jusqu'à quatre fois par jour pour se rendre au travail et retourner ensuite chez eux.

Dans ces conditions sanitaires dangereuses, la moindre des choses serait que Berne envisage clairement d'aider les employés et employées de la restauration au-delà du 80% du salaire pour les heures déclarées chômées. Nos salaires sont parmi les plus bas de toute l'activité économique et nous sommes actuellement le secteur qui prenons le plus de risques imposés (avec le monde marginal des salons érotiques...) avec notre santé face au coronavirus...

Berne se rend-elle bien compte que, dès cet automne, les terrasses vont fermées tandis que d'autres restaurants travaillent déjà sans terrasse depuis la fin du printemps dernier. C'est dans un monde démasqué que nous vivons quotidiennement même si nous, en tant qu'employés portons des masques à longueur de journée... A un moment donné, nous devons bien les enlever, prendre des objets touchés non seulement de nos collègues de travail mais aussi de la clientèle et nous devons respirer le même air que la clientèle à la différence que pour nous ce n'est pas seulement une ou deux heure le temps de savourer un repas mais 8 heures par jour et tous les jours travaillés.

C'est donc une saison d'automne-hiver qui s'apparente un peu au jeu de la roulette russe qui nous attend, spécialement pour les plus âgés d'entre nous proche de la retraite ou fragilisés sur le plan de la santé et de l'immunité.

Berne a peut-être raison de vouloir à tout prix empêcher une fermeture de l'économie. En espérant que nous n'aurons pas des morts à déplorer parmi le personnel de la restauration-hôtellerie et leurs proches à cause de ce virus et d'une politique fédérale dirigée vers le tout économique.

 

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