28/09/2020

Avions de chasse: la victoire d'un autre temps

La Suisse s'est divisée en deux ce matin entre celles et ceux qui comptent sur nos avions de combat pour nous défendre contre un ennemi potentiellement imaginaire et un pays qui estime que gaspiller ainsi les deniers publics pour une cause perdue dans une période aussi difficile sur le plan humain, économique, et climatique est suicidaire et rend une partie de la jeunesse soit plus enragée dans sa détermination à lutter contre l'ancien monde en proposant de nouvelles alternatives ou/et quelques grèves et actions de terrain illégales soit démotivée et plus dépressive qu'avant en imaginant que le "no futur" devient de plus en plus évident pour l'espèce humaine.

C'est donc l'équivalent à la population d'un gros village qui a finalement donné la possibilité à l'armée et à ses pilotes de conserver le prestige d'une défense aérienne supersonique et high-tech du pays. C'est dire combien la nation de Tell est divisé sur la question. Nos voisins ne pourront donc pas s'en prendre aux Suisses sur le sujet en écrivant quelques lignes assassines sur ce pays de millionnaires qui comptent sur les autres pour sa défense personnelle du territoire. Les Suisses paieront et, probablement, signeront un très gros contrat avec un voisin européen (probablement lié à quelques avantages sur la question des bilatérales, hé hé,  les diplomates ont une arme fatale de plus pour engager les négociations avec l'Europe et au final les milliards de l'aviation feront bon ménage dans la balance au moment de négocier et de trouver des alliés décisifs sur la question, comme la France à tout hasard...).

L'avion américain semble condamné pour deux raisons. Un, parce qu'il coûte trop cher. Deux, parce qu'un certain Donald Trump semble vouloir faire de l'Amérique une dictature biélorusse sauce Mac Donald...

Les loups pourront continuer à dormir tranquille. Les espèces menacées, sauf homo sapiens, semblent conserver la corde et gagner un gros point en faveur de leur survie. Les papas dignes de leur rôle pourront s'occuper de leur petite famille à 100% à la naissance d'un nouvel enfant. Pour les autres, ils pourront aller fêter durablement au bistrot du coin avec leurs potes l'arrivée de leur dernier rejeton. Quant à la classe moyenne, elle doit se sentir toute marie ce matin de refuser encore et toujours à remettre en question la grille des salaires entre professions hautement diplômée et monde ouvrier et agricole qui demandent des mains costaudes mais pas forcément des cerveaux bourrés de connaissances ultra-sophistiquées développées sur les bancs des universités et autres écoles hautement spécialisées. Allégés le fardeau familial des classes moyennes et alourdir sans cesse la dette des familles condamnées au minimum vital avec 0 propositions de l'Etat pour contrer la perte de salaire désormais chronique dans certaines branches comme la restauration due à la mise en place du chômage partiel provoqué par le coronavirus, ne pouvait donner que l'envie à cette population oubliée (je crois avoir raté toutes les émissions consacrées à la situation du personnel de la restauration mais avoir assisté par contre à des dizaines de petits et grands reportages sur la misère existentielle des patrons de la branche hôtelière) de glisser un non malheureux dans les urnes non par jalousie mais par dépit...

Une journée de votation où finalement les avions de la mort, pareils à des corbeaux de mauvais augure, auront gagné sur un champ de bataille assailli par des dangers bien plus imminents ou déjà réels que l'attaque aérienne par un ou des avions civiles piratés par des terroristes jetés sur nos centrales nucléaires ou nos barrages hydro-électriques. Chez nous, les tours jumelles sont sensiblement plus petites qu'en Amérique et les cibles potentielles relativement plus coriaces et résistantes au crash horrible d'un jumbo-jet plein de passagers ou d'un petit avion de tourisme piloté par un cinglé... Sans compter que pour un pilote militaire honorable, devoir abattre un avion civil serait sans doute la pire des infamies et laisserait un souvenir des plus insupportables qui soit au malheureux ou à la malheureuse chargé-e de la mission.

Wait and See mais les milliards seront dépensés.

 

 

 

Commentaires

Victoire d’un autre temps ? Ah bon ! Et ce qui se passe en ce moment même : L’Arménie a affirmé mardi que la Turquie avait abattu un de ses avions militaires, ce que cette dernière a démenti, Erevan accusant Ankara d’ingérence dans les combats en cours entre l’Azerbaïdjan et les séparatistes pro-arméniens du Nagorny Karabakh. c’est aussi d’une autre temps ? La commande d’avions de combat par la Grèce en urgence, les compétitions pour un nouvel avion aux Canada, Croatie, Finlande et même l’Irlande qui ne veut plus dépendre des Britanniques et veut son propre avion de combat ! Il est temps de sortir la tête et vous verrez que le monde n’est pas un joli nuage pour les doux rêveurs.

Écrit par : Patrick | 29/09/2020

Bonsoir Patrick. Effectivement le monde se militarise sans cesse. Les avions de combat sont de plus en plus sophistiqués et coûtent une fortune à la communauté. Mais la question est l utilité pour notre pays d investir tant de milliards dans des jets plutôt que dans la cyberdéfense et autres outils de dissuasion contre d eventuels ennemis. La Suisse a voté. Elle aura donc une flotte d avions flambant neufs.

Écrit par : pachakmac | 29/09/2020

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