05/10/2020

"Un pays qui se tient sage" David Dufresne

Le réalisateur du film "Un pays qui se tient sage", David Dufresne, a réuni une foule de témoignages, d'images, et de données sur le mouvement des gilets jaunes et des révoltes estudiantine de ces deux dernières années.

A partir des documents réunis, il a construit un film sur les violences policières et les dérives autoritaires du pouvoir ceci dans le but de créer un véritable débat sur l'avenir de nos démocraties en danger de disparaître au profit de régimes de plus en plus dictatoriaux et inégalitaires.

Mon but, ici, n'est pas de vous parler du film proprement dit puisque je ne l'ai pas encore vu (Une première ce soir à Neuchâtel en présence du réalisateur). Je veux juste revenir sur ce que j'ai ressenti personnellement ayant moi-même participé et filmé certaines scènes de conflits entre gilets jaunes et policiers.

En remarque préliminaire, il est nécessaire de dire que les gilets jaunes représentent un ensemble hétéroclites de personnes déclassées aux parcours sociologiques et professionnels ainsi qu'aux tendances politiques de tous horizons. Le mouvement a rassemblé des gens à la sensibilité qui va (le mouvement existe toujours bien que moribond ou dormant) de l'extrême-gauche à l'extrême-droite en passant par le centre. Les gens que j'ai croisés et suivis dans les rues représentaient toutes les classes d'âge. Le point de rencontre qui les soudaient entre eux c'était leur refus de l'inégalité de traitement, leur volonté de créer un nouveau lien démocratique tourné vers la solidarité collective plutôt que le profit individuel. C'est ce qui a permis au mouvement d'avoir cette force de frappe qui a duré des mois et des mois. La faiblesse du mouvement était son absence de leadership et de verticalité souvent occupé par des personnalités controversées au sein même des Gilets jaunes ainsi que dans la société au sens large du terme. La force du mouvement était son horizontalité, son absence de mot d'ordre venant d'une petite caste autoproclamée qui aurait voulu s'accaparer le pouvoir de la contestation. Aucun intellectuel-le n'a occupé et dominé tout le mouvement des Gilets jaunes. Chacun et chacune a été convié-e à contester, dans la rue, sur les médias sociaux, avec son courage et ses mots, son raz-le-bol des élites et de l'ultra-libéralisme dominant, manipulés par ses quelques milliardaires rendant difficiles une vraie indépendances rédactionnelles des médias et par là de la politique française. L'élection fulgurante réussie d'un Emmanuel Macron, sortant d'une banque prestigieuse, comme président des Français et des Françaises étant l'apogée de cette influence de l'argent sur la politique et l'économie du pays.   

Que dire encore sur ces marches à haut risque organisées par les Gilets jaunes? Qu'elles étaient d'abord joyeuses et festives avant de devenir violentes et extrêmes. Que souvent c'est la police qui a joué le rôle de l'incendiaire et du pompier en répondant de manière inappropriée aux provocations peu ou pas répréhensibles des personnes manifestantes. L'envie d'en découdre de certaines forces policières étaient trop évidentes. Par rage envers ces dizaines de milliers de personnes qui chaque samedi empêchaient les forces publiques de prendre leurs congés et leurs droits aux vacances? Par tendance extrémiste de certains corps de police voulant déstabiliser le pays au profit des forces d'extrêmes-droites? Difficile de donner des réponses définitives. Ce qui est sûr c'est qu'il y a eu beaucoup trop de blessés graves et moins graves, d'arrestations arbitraires, et de condamnations trop hâtives, suite aux assauts policiers, aux tirs de gaz lacrymogènes et de LBD. Il y a eu des violences et de la déprédation de biens publics et privés de la part des Gilets jaunes. C'est incontestable. Cela n'empêche pas qu'avec une police moins agressive, il y aurait eu sans doute moins de dégâts et de violence. Pour réussir à énerver les chiens de garde aguerris aux manifs et non-violents de la CGT jusqu'à être à deux doigts de se battre avec des CRS, il faut une bonne dose de provocation de la police pour réussir un tel exploit... La CGT étant un syndicat qui prône absolument la non-violence et la concertation entre patronat et salariés.

Ayant été moi-même très proche d'être blessé légèrement par un tir de lacrymogènes et ayant été à plusieurs fois bousculés sans ménagement par les forces de l'ordre, je peux attester que garder son calme et la maîtrise de soi dans ces conditions-là n'étaient évident pour personne. C'est pourquoi chacune et chacun a tenté de faire parfois des choses extravagantes pour être entendu du pouvoir et des médias. Et que, dans le même temps, les médias ont refermé très vite le couvercle pour éviter trop de publicité positive aux gilets jaunes... Je ne reviendrai pas plus que ça sur mon intrusion sur les Champs-Elysées, dans la zone interdite au public, lors de la Fête nationale du 14 juillet 2019. Vous n'en n'avez pas entendu parler. C'est normal. Il aurait fallu pour ça que je me fasse arrêter pour tentative terroriste ou simplement manifestant se mettant face aux chars de la République devant toutes les télévisions du monde plutôt que de me laisser expulser de la zone après plusieurs heures de présence sur les lieux. Mon but n'était pas de me mettre en avant mais de défier le pouvoir absolu du Président Macron pour l'honneur des Gilets jaunes blessés et arrêtés arbitrairement. Action en pure perte, certes, mais action quand même.

Voilà. Pour le reste, je vous propose de lire mes billets et de visionner mes photos sur ce blog en remontant le fil de l'actualité. Et surtout d'aller voir le film de David Dufresne.

https://www.rfi.fr/fr/culture/20201002-david-dufresne-pay...

 

 

Danse dans le yaourt

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Gilets jaunes sur couvercle d'alu recyclable

(yaourt aux myrtilles)

 

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Intérieur du Yaourt myrtille

(flic contre Gilet jaune, la guerre de l'absurde)

 

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Sanglantes les myrtilles

 

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Le flic au fond du yaourt il a peur malgré sa cuirasse protectrice

 

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Et si tout l'or des Gilets jaunes c'était leur humanité?

 

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Quel bel animal que ce Gilet jaune

 

Label Comédie en Amérique

Donald Trump est sensé recevoir un traitement médical de cheval pour soigner son infection à la covid19.

Bien. Jusque-là on se dit qu'il est donc gravement atteint, qu'il souffre le martyr, et qu'il se bat comme un lion ou comme un Boris Johnson aux soins intensifs pour espérer s'en sortir.

Mais non. Monsieur le Président tweette, prends des rendez-vous, et sort même dans un véhicule blindé pour saluer ses fans au mépris de toutes les règles de sécurité envers son propre personnel et garde-du-corps exposé ainsi au virus à l'intérieur d'un endroit très confiné.

Que faut-il retenir de toute cette mascarade? Que le scénario de la scène où le président a été contaminé par un virus potentiellement mortel n'est qu'une scène fictive et qu'en réalité Donald Trump tourne un film promotionnel pré-électoral en se servant de la star infectieuse des années 2020-2021, voir davantage, pour devenir le super héros fantastique de l'Amérique qui résiste à toutes les attaques alors que son rival Joe Biden est juste un nain craintif qui se réfugie dans son bunker en portant un masque énorme tellement il est peureux?

Donald Trump est-il réellement malade de la Covid19? Ce qui est sûr c'est qu'il est malade de son ego boursoufflé qui lui donne le droit de mettre en danger la vie de ses gardes du corps les plus proches qui sont, il est vrai, payés pour mourir à sa place en cas d'attaque du Président.

Même si les sondages prédisent sa défaite en novembre prochain, Donald Trump ne s'avouera jamais vaincu. Il a déjà élaboré le scénario final post-élection avec son staff. Les surprises ne sont pas terminées. Mais ce dont on peut être sûr c'est que l'empire Trump fera tout et n'importe quoi pour rester sur le trône quitte à provoquer une guerre civile parmi la population américaine.

Le Président Trump est un grand malade. Mais il ne le sait pas. Il faudrait le lui souffler à l'oreille.