08/10/2020

Etats-Unis: une cour galante et servile

Il ne faut pas se tromper sur l'état de soumission au trumpisme de ses principaux adjoints.

Mike Pence et Kamala Harris ont tenu cette nuit un vrai débat qui fait, en apparence, honneur à la démocratie. Mike Pence a même été jusqu'à féliciter son adversaire pour sa nomination à la candidature de vice-présidence par le parti démocrate...

Il faut rappeler à nos esprits ce que fut jadis l'hitlérisme avant et pendant son ascension fulgurante: un homme vociférant, activiste majeur de sa propre glorification, s'entourant des généraux les plus courtois envers les dames mais assumant pleinement sur le fond son idéologie de la race (blanche et blonde) pure en s'appuyant sur les jeunesses hitlériennes et les forces SS pour accroître le pouvoir de fascination de cette idéologie mortelle sur les foules.

Donald Trump demande à ses troupes de se tenir prêtes. Et ses troupes ce sont d'abord les Proud Boys, les garçons fiers d'une Amérique "moderne et blanche" qui a construit le monde actuel avec ses divisions raciales et sociales. Défendre un Occident de race blanche très autoritaire et violent pour contrer un Occident de plus en plus soumis aux forces vives du multiculturalisme qui ne regrette ni le colonialisme ni la dominance mondiale de la race blanche c'est en quelque sorte vouloir entretenir le mythe ancien de la race pure hitlérienne et le défendre becs et ongles. Le trumpisme n'en serait alors qu'une variante et une prolongation en apparence plus soft et moins radicale que l'hitlérisme.

Cependant, soutenir une telle idéologie ne peut que conduire le monde dans un mur sombre et de nouvelles guerres civiles atroces. On le voit en France aussi. Laisser tomber des quartiers et des banlieues soumises de plus en plus au communautarisme crée des situations de quasi guerre civile, des risques de terrorisme accrus et de destructions dévastatrices d'une France démocratique. Cette politique contribue, à terme, à créer l'avènement d'une dictature fasciste au pouvoir. Et, au contraire de Donald Trump, il faut laisser à Emmanuel Macron le mérite de refuser de toutes ses forces ce désastre programmé en luttant avec une politique multilatérale et des armes multiculturelles et multiconfessionnelles. De là à oublier et à pardonner sa soumission aux milliardaires c'est un pas que je ne franchirai pas...

Pour revenir au trumpisme, l'Amérique ne peut pas s'en sortir avec un Président comme Donald Trump. C'est comme imaginer que l'Allemagne des années 30 allaient bien mieux s'en sortir avec une dictature sous la férule d'un Adolf Hitler qu'avec des personnalités moins hautes en couleur mais attachées à la démocratie et à la paix dans le monde. Plus l'Amérique se soumettra au diktat et aux tweets de leur Président plus elle s'enfoncera dans une trumpo-dépendance exécrable et mortelle pour elle.

Donald Trump doit être sorti de la Maison-Blanche démocratiquement. C'est maintenant ou jamais car, au sein de l'armée et de la police, l'homme trouve de plus en plus de soutien et de soumission. La tentation est grande parmi cette Amérique blanche de recréer le mythe de l'über nation invincible et fasciste où le Blanc reste largement dominateur et supérieur au Noir et aux personnes métissées ainsi que les puissants, riches, et biens portants face aux faibles, plus pauvres, et parfois malades ou handicapés.

Le trumpisme n'est pas l'hitlérisme mais il s'y apparente. Et pour cela, nous devons le détester et le haïr. Pas l'homme qui est pathétique et grotesque mais l'idéologie qui est mortelle pour l'Humanité.

A Joe Biden d'oser tenir un discours ferme et définitif au sujet de la volonté et du chemin funeste de Donald Trump à vouloir créer une dictature blanche plutôt que de développer une démocratie moderne et innovante intégrant toutes les couches sociales et ethniques de la société américaine permettant un réajustement de la pyramide économique au profit des plus défavorisés et des laisser-pour-compte.

Ce n'est qu'à ce prix que l'Amérique ne cassera pas sa démocratie et qu'elle conservera un leadership mondial auprès de ses alliés démocrates du monde entier.