29/10/2020

Pas une deuxième vague mais un tsunami

Tout le monde s'attendait à un hiver difficile sur la scène du Covid19.

Mais à peu près personne n'avait vu venir une telle ampleur de la contamination, et dans un laps de temps record, au niveau européen. Octobre aura été comme un coup de gel fatidique sur les feuilles d'arbre que nous représentons face à cette pandémie mondiale qui nous saigne et nous blesse dans nos âmes et nos corps.

Certes, nous n'allons pas tous mourir ni même tomber gravement malade de la covid19. Mais à force de restriction, de perte de pouvoir d'achat, de risques de grande pauvreté future, nous mourrons toutes et tous symboliquement à notre ancienne vie d'abondance et d'insouciance.

Le printemps verra naître un nouveau monde. Soit en pire, soit en meilleur. Il est impossible que les sociétés ne se mettent pas à réfléchir ensemble et prennent conscience de la gravité de la situation humanitaire et organisationnelle de notre Civilisation.

Si des leaders populistes profitent de la situation pour asservir leur peuple à leur vision du monde et aux injustices profondes qu'ils créent et approfondiront encore en divisant les populations entre bonnes et mauvaises, entre maîtres et esclaves de leur système, entre celles qui ont droit de vie et d'abondance et celles qui doivent être sacrifiées, punies, et ostracisées, nous courrons à notre perte et au chaos qui entraînera rapidement la chute notre Civilisation.

Si nous prenons la mesure de la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons, que nous nous serrons les coudes et créons les gestes de solidarité nécessaires pour éviter que des pans entiers de la population ne tombent dans la précarité ou décèdent par manque de soins suite à l'engorgement des hôpitaux, nous arriverons à surmonter cette crise profonde et nous sortirons plus grands et plus sages dès le printemps prochain.

Les six prochains mois et l'hiver qui viennent vont nous démontrer si l'individualisme et l'ultra-libéralisme auront eu la peau de nos sociétés démocratiques ou si, au contraire, nos sociétés auront compris que l'ultra-libéralisme est une voie sans issue qui nous conduit tout droit à la fin de nos sociétés démocratiques.

En France, il semble que le Président ait compris le message si son discours de hier soir ne se réduit pas à des effets d'annonce et à des grandes envolées lyriques sur les valeurs essentielles de la République.

En Suisse, moins de grands mots, moins d'aides d'Etat en apparence, moins de vision d'un peuple un et indivisible... mais au final, peut-être, un peuple helvétique plus uni face au tsunami. Macron est détesté voir haï d'une bonne partie de son peuple. Le Conseil fédéral est écouté par les cantons et les citoyennes et citoyens avec respect et une sorte de discipline collective. Macron a grillé beaucoup de belles cartes qu'il avait dans son panier au moment de son élection éclair par des expressions à l'emporte-pièce qui ont choqué les plus faibles ou les moins ambitieux, "ceux qui ne sont rien et qui n'ont presque rien" pour démontrer leur brillance et leur intelligence malgré tout.

En France comme en Allemagne, les bistrots ferment leurs portes pour un mois. Chez nous, ils restent comme à demi-ouvert entre l'interdiction d'accueillir et le droit de détenir la palme des derniers lieux publics clos où le port du masque ne peut pas être imposé pour raison pratique. Si les employé-e-s de la restauration montent encore au front ce matin pour assurer leur job quotidien, que les infirmières et infirmiers ne lâchent pas leur poste pour revendiquer des augmentations de salaire en pleine pandémie, alors nous pourrons dire que les vrais héros de la nation ne sont pas les riches mais bien celles et ceux qui se cachent parmi "les gens de rien" qui sauvent des vies et nourrissent le bon peuple avec le plus grand des sourires et malgré le risque de finir malade à l'hôpital ou de mourir à domicile faute de place pour eux et pour elles dans les lieux hospitaliers...

La solidarité, ce vieux mot galvaudé, injurié, et détruit par l'ultra-libéralisme, reste le mot de la survie pour une société libérale qui se respecte et respecte le peuple et ses principes démocratique de base.

Noël 2020 sera très spécial à tous points de vue. A nous de lui donner de jolies couleurs de noblesse de coeur.

 

 

 

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