05/11/2020

L'Amérique ingouvernable, indigeste, et ingérable

C'est l'Amérique qui a perdu et aucun des deux candidats en lice pour monter sur le trône n'est en mesure de réparer ce qui a été détruit depuis des années par le pouvoir financier et l'ultra-libéralisme.

L'Amérique sombre peu à peu dans un chaos lent où Donald Trump, même éjecté de la Maison-Blanche, fera tout pour y revenir un jour ou l'autre par la voix des urnes ou la violence et l'éventuel recours à l'armée, à la police, et même aux milices d'extrêmes-droites comme les proud boys. Cela s'appelle un putsch militaire quand un pays ne peut plus être gouverné et que dans la rue, les gens s'y battent et s'entre-tuent sporadiquement par haine viscérale du camp adverse.

Joe Biden ne peut remporter une victoire pleine et légitimée par le vote. Même si son avance comptable n'est pas négligeable du point de vue du vote citoyen, près de 3 millions et demi de voix, soit l'équivalent d'une grande ville américaine, il n'a absolument pas réussi à convaincre l'électorat républicain qui ne voulait plus de Donald Trump. Pire encore, dans au moins deux états Wisconsin et Nevada, il aura eu besoin de la candidate du parti libertarien, Jo Jorgensen, pour l'emporter ric-rac et éviter que Trump gagne les Grands électeurs de ces deux états. Le vivier naturel des voix de Jorgensen étant nettement pro-Républicain plutôt que pro-Démocrate.

A ce stade-là, la victoire ne lui a pas été volée par la fraude présumée du camp démocrate et les irrégularités du vote mais bien par la présence d'une petite candidate marginale qui prêche plutôt à droite et s'appuie sur des convictions plutôt trumpiennes quant à la vision de la liberté et du droit d'acheter et de porter des armes.

Pour dire tout le désespoir et la dépression nerveuse que la démocratie peut ressentir en ce jour, il vaudrait presque mieux que Money Trump rempile pour un second mandat qu'il agisse d'une façon assassine hors de la Maison-Blanche pour détruire Poney Joe et son Gouvernement. Car sa soif de vengeance sera alors terrible et aura tout le soutien de la quasi moitié de l'Amérique.

Qu'il soit dedans ou dehors, Donald Trump distillera son poison sur les institutions et la vie régulière de la démocratie américaine pour instaurer en quelque sorte la peur, voir la terreur, l'instabilité, la haine, en créant une sorte d'Etat-dictature parallèle qui saisira la première opportunité anti-démocratique pour renverser le pouvoir représenté par Joe Biden.

Une chose est sûre. Le Donald ne sortira pas perdant en quittant la Maison-Blanche. Il reviendra un jour ou l'autre pour triompher d'une façon ou d'une autre. Plus que Trump, c'est Joe Biden qui a perdu les élections présidentielles. Il devait absolument réaliser une vague bleue incontestable dans tous les Etats-Unis pour redonner confiance à l'Amérique et réunir les gens. Il ne pourra certainement pas réussir ce deal impossible.

Il a les épaules d'un poney, usé par les années politiciennes, la corruption des élites, leur manque de prévoyance et de protection envers l'Amérique profonde et les gens simples et travailleurs. Il aurait fallu un cheval de course au moins aussi fort et racé dans le verbe et dans l'action que Barack Obama ou sa femme Michelle.

Donald Trump saura encore joué de ce fait. De sa tribune, il continuera à jeter Biden aux lions et à incendier les institutions de Washington.

L'Amérique ne va surtout pas mieux ce matin. Comme pour SARS-COV 2 il n'y a pour le moment ni vaccin, ni antidote, ni même médicament pour éliminer le virus Donald Trump de la tête des foules idolâtres acquises à la cause d'une Amérique populiste à domination blanche, fasciste, vulgaire, sans grande vision des enjeux de notre temps.

 

 

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