06/11/2020

Ces Noirs et ces Latinos qui ont voté Donald Trump

"La vérité des faits et la complexité des situations ne font pas le poids face à la démagogie, les mensonges répétés jusqu'à l'écoeurement, le dénigrement de l'intelligence et de la sensibilité des humanistes, les moqueries répétées envers les plus faibles, les plus vieux, les moins beaux, les gesticulations grotesques et les manipulations abusives, la séduction et les menaces du surhomme président, la mauvaise foi répétitive et assumée du même surhomme, l'adoration des foules pour ce Führer, ce Guide Suprême de l'individualisme au service d'une seule cause, l'argent et le pouvoir, et la pensée simpliste et sans nuance qui lui est finalement associée."

C'est une fausse citation puisqu'elle vient d'être couchée en direct sur la Toile par son auteur.

Il est facile d'adorer un dictateur. Il est plus difficile d'estimer et de respecter un ou une démocrate dont le discours est complexe, cultivé, et orienté vers le partage et la redistribution des richesses entre toutes et tous. Peur des profiteurs venus d'ici et d'ailleurs. Peur de travailler pour l'autre tandis que l'Etat-Providence nous laisse tomber dans la moïse. Peur de faire les frais de notre propre naïveté et gentillesse. Peur, pour les hommes, de ne pas être assez viril pour plaire aux femmes. Peur, pour les femmes, d'être traitées de féministes et rejetées par une partie des hommes. Tant de peur qui au final profite au dictateur, au maître et seigneur qui protège son peuple soumis à sa personnalité et qui fait la guerre à son opposition en intimidant l'ennemi juré, jetant en prison ou faisant disparaître les contestataires au régime.

Donald Trump n'a pas encore jeté en prison des opposants politiques ni fait disparaître quelques dérangeants qui s'opposent à lui. La démocratie lui a laissé le champ libre et les médias lui ont conservé une large couverture jusqu'ici. Il s'appuie et s'appuiera, pour un temps encore et pour le moment, sur la loi et la justice pour faire régner l'ordre républicain. Mais il n'est pas dit que demain, si sa défaite est consommée et inscrite dans la loi, il n'agisse pas différemment afin de conserver le pouvoir en Amérique et cela avec l'appui armé et l'assentiment assumée ou non de ses troupes de fanatiques. 

On peut tout attendre d'un dictateur sauf le partage du pouvoir et l'équilibre démocratique.

Plus encore que sa mortifiante défaite de justesse mais quasi certaine désormais, nous allons voir si Donald Trump est capable de démocratie et de paix en Amérique ou s'il choisit la stratégie du pire pour détruire son propre pays afin d'imposer sa loi et son ordre au peuple américain.

Les Latinos et les Noirs américains qui ont voté pour lui ont soit le désir d'un gouvernement fasciste soit ne veulent pas se rendre compte des dégâts irréversibles qu'une dictature brune provoquent parmi les populations.

Il ne suffit pas d'être un opposant au communisme castriste ou un opposant à la vision socialiste d'Allende pour être un bon citoyen ou une bonne citoyenne américain-e fidèle à la Constitution américaine.

 

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