14/11/2020

Un pays, une douceur, une paix intérieure

Comment agir face à la double violence de la situation sanitaire et économique imposée à la population?

Faut-il encore croire que se la jouer collectivement devrait fonctionner alors que l'on voit parfaitement que beaucoup ne jouent pas le jeu, justement, et que le taux de contamination a explosé chez nous. Les six premières places du classement européen de la pandémie pour la Suisse romande! Il fallait le faire. Tout le monde semble en avoir raz-le-bol de se confiner pour des prunes et perdre de surcroît une partie de son gagne-pain, voir la totalité de ce dernier pour certains indépendants.

Les jeunes en âge de ne pas encore porter tout le poids de l'indépendance économique sont frustrés de rester enfermés à longueur de journée et de travailler ou d'étudier toute la semaine. Ils ont besoin de s'éclater d'autant que la maladie leur est presque totalement étrangère dans ses aspects les plus tragiques. Ils ne jouent donc pas, et de loin, tous le jeu du reclus volontaire et ils ont contribué largement au scalp de l'hôtellerie-restauration ainsi que de la culture, secteurs dont ils réclament justement le maintien des ouvertures à corps et à cris.

Les moins jeunes craignent pour leur travail et leurs revenus. C'est l'angoisse d'un avenir compromis par la pandémie et la peur de la maladie qui terrasse de temps en temps des mères et des pères de famille en pleine possession de leurs facultés physiques. Ils ne comprennent pas qu'on les condamne à l'inactivité forcée alors même qu'ils prenaient de toutes façon tous les risques dans le cadre de leur travail. Encore les gens de la restauration. Triple ou quadruple peine pour eux. Ils bossaient l'été dernier pendant que les gens s'amusaient, masques imposés sur la figure en pleine chaleur estivale, clientèle non masquée , insouciante, diffusant, peut-être, par méconnaissance de leur réel état de santé, le virus malin dans la salle de restaurant mettant en danger les travailleurs et travailleuses, sans même penser à la peine complémentaire des vacances d'été supprimées pour les accueillir avec le sourire, elles et eux, notre chère clientèle.

Et voilà qu'ils et elles se retrouvent en 2ème confinement avec un revenu amoindri depuis ce printemps et dans l'impossibilité officiel de profiter de leur temps enfin libre pour faire des trucs super sympa.

Alors, à un moment donné, on ne peut pas se dire que ce cirque va continuer sur 2 ou 3 ans, qu'aux périodes sanitaires plus ou moins saines, on ne va faire que bosser, se sacrifier durement au boulot pour que notre patron sauve sa peau et la nôtre subsidiairement ainsi que pour satisfaire des clients de passage qui profitent, eux, des libertés retrouvées pour prendre des vacances et s'éclater dans les bars et clubs de nuit, tandis qu'à la 3ème vague on nous assignera, nous le personnel de la restauration, encore une fois à résidence, seul, loin des siens, loin des enfants et des parents qu'on ne pouvait quasi pas voir parce qu'on bossait comme des fous et que maintenant qu'on a du temps libre forcé, on nous jette dans une sorte de culpabilité pour nous maintenir confiner, prisonnier d'une situation ubuesque et intenable.

Alors voilà. En toute franchise, j'ai pris une décision toute individuelle. Ma famille est prioritaire sur tout le reste. Mon papa et sa compagne sont d'un âge déjà vénérable mais eux aussi confinés à domicile. Mes enfants et petits-enfants attendent ma visite depuis si longtemps. Donc je me bouge malgré les risque sanitaires encourus pour leur faire une petite visite. Et tant pis pour la morale fédérale qui voudrait qu'on poursuive sans cesse le but commun au détriment de notre épanouissement personnel. Si je choque le personnel médical, et pas que, je le comprends parfaitement. Je devine la galère pour celles et ceux qui bossent dans les milieux hospitaliers. Je fais ce qu'il faut pour ne pas tomber malade et je calcule mes propres risques. Mais je refuse de vivre que pour travailler. Ma chérie n'est plus ici depuis des semaines, confinée elle aussi avec sa famille. Seul au monde, ça va une fois pour abattre un virus. Mais si ce dernier ne daigne pas s'en aller comme par miracle et comme le disait un certain Donald Trump, il faut se faire une raison et devenir un brin déraisonnable. 

Si vivre est devenu un cauchemar, alors le suicide est possible pour celle et celui qui en est réduit à l'anéantissement de sa vie sentimentale et familiale. Donc il faut, nous tous et nous toutes, se trouver individuellement des soupapes de sécurité pour que notre situation ne soit pas totalement intolérable à nos yeux et pour notre vie.

Ci-dessous quelques clichés ramenés de ma visite familiale à Soral en ce mois de novembre.

Le virus va probablement être notre compagnon maudit durant des années encore. Il est d'une nécessité prioritaire de ne pas se laisser bouffer physiquement et psychiquement par lui.

Pardon cher corps médical si je me permets quelques excursions hors du devoir de confinement. C'est aussi une question de survie personnelle. Notre restaurant est fermé mais mon coeur, lui, reste ouvert à sa famille et sur les vastes horizons.

 

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Cadran solaire

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Larme de crocodile

 

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Raisin surmaturé

 

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Danse des animax

 

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Taureau ailé, loup, et étourneau

 

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Insectes

 

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Maman poule et poussin

 

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Vol de papillons

 

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Coq aux vignes

 

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Bal masqué

 

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Pirate des Caraïbes

 

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Raisin solaire

 

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Confinement, Père et Fils SARL

Maison fondée en 1929 au service de l'Art et de sa Majesté

 

fait à Soral les 12 et 13 novembre de l'An de Grâce covidien 2020

 

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