18/11/2020

La Culture a raté le train de l'été

Les artistes sont, pour beaucoup, sur la paille en ce mois de novembre 2020.

Ils ont entièrement raison de lutter pour leurs droits à la survie décente de leurs métiers et à des prestations financières publiques qui leur permettront de relever encore une fois la tête.

Cependant, on peut tout de même émettre une critique un peu sévère à l'égard du milieu artistique. L'été dernier, quand le virus a daigné nous laisser la moindre des tranquillités, la scène artistique était quasi déserte alors que justement il y avait une large place à prendre. Les festivals ainsi que les très grandes manifestations étant interdites, on aurait pu voir les théâtres et salles de spectacles se remplir en fin de soirée ou même assister à des spectacles en plein air sur de nouvelles scènes artistiques. Hors, le monde de la culture, étant généralement en vacances à ce moment-là, nous n'avons pas vu énormément de spectacles se déployer sur les scènes romandes ou alémaniques.

Alors que certains restaurants, parfois sans terrasse, jouaient les fourmis travailleuses et volontaires, au lieu de prendre leurs vacances annuelles habituelles non sans avoir du annuler les vacances prévues en bord de mer, à la montagne, ou dans la famille, le monde de la culture se la jouait cigale et profitait pleinement de la liberté retrouvée.

La critique peut faire mal. Certes. Mais voilà. Cela aurait été une bonne manière de se réinventer un programme culturel inédit en pleine pandémie. Il est vrai que peu de gens prévoyaient une seconde vague de cette ampleur et aussi vite mais tout de même. On avait été prévenu bien en avance.

Chères amies et amis de la Culture, difficile de vous en vouloir cependant. Nous aussi nous aurions voulu vivre un été heureux et ensoleillé plutôt que de travailler avec un masque sur le visage pour vous servir en terrasse ou à l'intérieur de salles bondées. Mais nous savions peut-être inconsciemment et mieux que vous que ce foutu virus reviendrait et nous condamnerait à nouveau à l'inactivité durant l'automne et l'hiver.

Désormais et sans aucune certitude que le vaccin sera enfin le remède miracle pour un retour à la normale, il serait peut-être nécessaire que le monde culturel revoit son calendrier et l'adapte au fur et à mesure de l'évolution sanitaire. C'est très perturbant et désagréable mais au moins c'est une façon de se donner les moyens de survivre et de se protéger contre les coups trop durs dans un pays qui mise avant tout sur l'économie et les performances boursières et industrielles plutôt que sur les nourritures artistiques tombées du ciel de créateurs et de créatrices qui bouffent de la vache enragée en beaucoup de situation, virus ou pas virus.

Donc sans aucune rancune, c'était juste un petit billet pour titiller la bête qui se dorait la pilule sur la plage pendant que d'autres bossaient sans broncher et sans compter en attendant la seconde vague épidémique programmée...

 

 

Les commentaires sont fermés.