19/11/2020

Black Friday: watriner le Grand Capital par nos achats responsables

J'aurais du écrire dans le titre de ce billet: "défenestrer le Grand Capital par nos achats responsables".

Amazon et beaucoup d'autres remplissent leurs poches de Gargantua pendant que le petit commerce, les bistrots, la culture, crèvent et que nos infirmières, aide-soignants, docteurs et doctoresses luttent d'arrache-pied pour sauver des vies sans que le Grand Capital ne soit atteint ne serait-ce que d'une pichenette fiscale supplémentaire par nos Etats.

Dans les mesures d'urgence prises à Berne ce mercredi, aucune surtaxe Covid n'est encore prévue alors que les caisses fédérales et cantonales se vident gentiment de leur fortune.

Qui va payer à la fin? Ah oui. Les footballeurs parce qu'ils rapportent des impôts et qu'il faut donc les protéger durablement durant leur courte carrière de footballeurs. Après, ils ne paieront plus d'impôts sur le revenu mais un tout petit peu sur leur fortune fabuleuse...

Mais l'ouvrier, la caissière, la cuisinière, le serveur, eux tous et toutes vont continuer à payer des impôts sur leur salaire assez minable, réduit à 80% par ailleurs en temps de covid et de chômage imposé par l'Etat, et cela jusqu'à leur retraite et même après leur retraite. A la fin, c'est le footballeur, peut-être devenu handicapé physique (dixit Ueli Maurer), vieux et brisé à 30 ans après une carrière sportive de 10 ans, qui ne peut plus travailler et gagner un revenu, ou bien le citoyen de base qui fait tourner le pays et qui aura payé le plus d'impôt à la communauté pour un salaire dix à 20 fois moins élevé? Bonne ou mauvaise question?

Et puis voilà. C'est le jour maudit du Black Friday qui se pointe, modèle commercial américain qui fait courir les foules, affamées et mise en condition de servage par le matraquage publicitaire, dans les grandes surfaces pour profiter de remises de prix "extraordinaires". Mais actuellement, c'est bien pire encore. Dans certains endroits, les produits considérés non essentiels par l'Etat toujours, ne peuvent être distribués que par le commerce virtuel et les services de poste à domicile. Ce sont donc les géants de l'industrie mondialisée qui gagnent encore des parts de marché de plus en plus importantes sur le petit commerce et l'industrie locale qui crèvent sa race.

Si j'étais petit commerçant et devais inventer un slogan pour ce Vendredi Noir, je placarderais dans ma vitrine:

WATRINEZ AMAZON ET CIE

ET VISITEZ-MOI DES QUE POSSIBLE.

JE PENSE DONC JE SUIS BE-COMMERCE.

Cela devrait faire courir les gens sur Google afin de se renseigner sur l'origine du verbe watriner aux temps où les petites gens descendaient à la mine pour servir, à leur grand détriment, le Grand Capital de l'époque...

Mais cela est une autre histoire que je vous raconterai un autre jour à travers la double face d'une médaille inconnue...

 

 

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