25/11/2020

Une sacrée épine dans le talon d'Achille de la Confédération

Les fêtes de fin d'année arrivent à grands pas.

En plus de tous les problèmes entourant la crise sanitaire, il en est un qui sera devenu insoluble d'ici à deux semaines. Une décision empoisonnée nous attend qu'elle que soit l'option choisie. Et le Conseil fédéral risque gros dans cette affaire.

Que va décider la Suisse pour la pratique des sports d'hiver? Fermer les stations sera quasi impossible si les restaurateurs et hôteliers, en Suisse, sont autorisés à exploiter leurs commerces.

Les pays alpins nous entourant s'apprêtent à laisser les restaurants fermés jusqu'au 20 janvier (pour la France, la décision est déjà prise). Cela simplifie grandement l'impossibilité de pratiquer les sports d'hiver en station. Mais le désastre économique est énorme voir insurmontable pour beaucoup de petits commerces qui comptaient sur les fêtes pour sauver leur entreprise. Macron annonce beaucoup d'aides étatiques. Mais les promesses seront-elles tenues et comment la France va-t-elle financer toute cette aide financière sans risquer la banqueroute nationale?

La Suisse romande a vu la fermeture de ses restaurants pour au moins un mois. Les aides à fonds perdus ont de la peine à se concrétiser pour les restaurateurs et l'angoisse grimpe en Suisse romande. S'ajoute aujourd'hui les décisions de nos voisins quant à l'interdiction de pratiquer les sports d'hiver durant les fêtes.

Berne ne pourra pas trancher sans faire des dégâts diplomatiques conséquents en cas d'ouverture des stations de ski. Et si Berne se calque finalement sur les décisions de nos voisins, notre Conseil fédéral ne pourra pas tout à la fois permettre que tout fonctionne en exceptant l'exercice des sports d'hiver,  agent numéro un du tourisme d'hiver et poule aux oeufs d'or des hôtels-restaurants et commerces d'altitude.

Les prochains jours seront décisifs. Berne a une sacrée épine plantée dans son talon d'Achille. Si l'économie suisse et Gastrosuisse sortent finalement vainqueur avec des stations bondées où Suisses et étrangers se presseront au portillon tandis que les restaurants reprendront rapidement des couleurs, nos voisins nous tomberont dessus à bras raccourcis. Imaginons qu'à fin janvier la pandémie reparte de plus belle chez nous, ce sera pire encore et les critiques nationales comme internationales seront infernales.

Alors que décider? Sacrifier tous les restaurants de l'Helvétie pour éviter l'ouverture des stations ou interdire aux stations d'hiver d'exploiter leurs installations et se priver de la manne touristique des skieurs et skieuses en mal d'évasion et de liberté? Où, troisième possibilité, tout laisser ouverts des le 7 décembre, comme prévu désormais, et jouer à la roulette russe avec le virus afin de satisfaire tout le monde sauf nos voisins et le milieu hospitalier de notre pays qui croule déjà sous une fatigue chronique, un corps médical atteint par le virus, et l'absentéisme?

Je n'aimerais pas être Conseiller ou Conseillère fédérale par les temps qui courent. Quoique que soit la décision, elle risque d'avoir d'énormes conséquences politiques, diplomatiques, économiques, voir sanitaires.

 

La pensée "zombie" poison de nos existences

Un quart des Italiens croient à la théorie du complot concernant le coronavirus. Et même 5% croient même que le virus n'existe pas!

Ces chiffres sont très inquiétants après huit mois de pandémie et un état du monde assez déstabilisé pour créer peu à peu un chaos institutionnel et provoquer la chute de nos économies entraînant avec elle la chute des Etats démocratiques pour arriver, en fin de course, à des Etats tout-puissants, dictatoriaux, policés et militarisés à l'extrême, et des populations surveillées et soumises aux caprices de leurs dirigeants.

 

Faut-il poser le soupçon, la méfiance, et la défiance comme gardiens essentiels d'une pensée saine et critique? Je ne le pense pas bien au contraire. Dans un couple, si chacun des deux partenaires partent de ces mauvais principes de base pour établir leur relation communautaire, le couple ne pourra survivre sur le long terme. Pire, il s'épuisera dans une lutte de pouvoir et une longue liste de contre-vérités, de mensonges, de dissimulations théâtrales, de mauvaise foi, voir de violence verbale ou/et physique où la jalousie et la haine auront su creuser un noeud de serpents inextricable.

Pour une critique saine, il faut partir du principe que la bienveillance envers nos autorités démocratiques est un ferment nécessaire à une bonne critique, fut-elle cinglante et peu flatteuse pour les gens qui nous dirigent. La bonne critique qui remet en question la manière et la forme grâce à des arguments fondés permet de donner une chance de modifier les comportements et la ligne de conduite erronée tout en conservant l'estime de l'autre, celui ou celle qui est attaquée pour x ou y raisons.

Le doute doit être notre guide. Mais ni la suspicion ni le dénigrement ni la haine trop facile des autorités et des médias mainstream ne peut être une bonne façon d'apporter une critique positive sur quelque chose qui nous dépasse tous et toutes largement comme une pandémie mondiale.

Personnellement je n'ai pas plus de raisons de croire la presse officielle que l'information alternative. Toutes deux participent à mon appréciation personnelle en laissant au doute sa part d'élasticité pour éviter que le dogme et des croyances officielles ou alternatives et définitives inondes et noient mon esprit dans des dogmes qui m'empêcheront, à coup sûr, de penser et d'agir par moi-même avec intelligence et discernement.

Ce qui crée le chaos mental, c'est la pensée "zombie", celle qui fait de nous de bons petits soldats manipulables par les uns ou les autres, des femmes et des hommes qui développent des idées bien arrêtées en faveur d'un discours officiel ou au contraire d'un discours alternatif qui peut parfois prendre des proportions délirantes.

L'exemple des partisans acharnés ou des adversaires farouches pour l'utilisation de l'hydroxychloroquine dans le traitement de la Covid 19 est révélateur de cette pensée "zombie" qui nous guette. Ce médicament controversé, mais pourtant utile dans la lutte contre le paludisme, a été l'objet de tous les fantasmes et instrumentalisé par tous les partis durant de long mois avant d'aboutir à une quasi certitude qu'il est contre-productif voir dangereux pour lutter contre le SARS-Cov2. Pourtant, dès le début, c'est à une lutte acharnée et affligeante, entre d'une part le Professeur Raoult et ses fidèles aveugles et la médecine officielle suivie sans broncher par la plupart des médias mainstraim, à laquelle nous avons assisté.

Aujourd'hui, les partisans du complot médical orchestré par les big pharmas dans cette lutte ont du plomb dans l'aile après de long mois d'incertitude autour de ce médicament et du traitement prôné par ce Professeur qui a assis son autorité grâce à son savoir universitaire et ses diplômes pour devenir au final le gourou de millions de croyants zombifiés en causant, au passage, du tort au corps médical dans son ensemble.

Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres et ils sont foison. Grâce aux réseaux sociaux, les pensées alternatives foisonnent avec plus ou moins d'arguments intéressants et intelligents ou fallacieux, frauduleux, voir parfois carrément délirants.

Les grands médias ont peut-être le tort de ne pas élargir assez le cercle aux contestataires de tous bords afin de les confronter au bien fondé de leur résistance et de leur critique du système. Pourtant, sur un plateau télévisé où toutes sortes d'intervenants et d'intervenantes ont la parole, il serait sans doute plus facile de contrecarrer et de défaire une croyance infondée voir délirante que de laisser celle-ci se propager à la vitesse de la lumière sur les réseaux sociaux comme une vérité prise pour argent comptant par des citoyens et citoyennes qui cherchent des réponses partielles à leurs questions et un sens au milieu du capharnaüm des idées.

Je pense donc je suis mais je ne pense et je ne suis sainement que si j'assiste avec sérieux et intelligence à la confrontation des idées divergeantes et que je ne bois pas les paroles d'un gourou qui s'autoproclame dans une vidéo you-tube comme le détenteur de la vérité absolue et définitive.

Il faut se défaire de la pensée "zombie" qui naît dans nos esprits parce que trop impressionnés par des personnalités influentes, biberonnés et nourris, qui plus est, aux séries cultes qui voient partout des complots et qui créent le trouble et le discrédit envers nos autorités que nous élisons pourtant pour diriger les affaires du monde.

Le cinéma est une bonne chose pour développer notre esprit critique. Il faut cependant rester sur nos gardes. Le cinéma est une fiction et doit rester une fiction jusqu'à preuve du contraire. Mad Max, par exemple, doit nous mettre en alarme devant la situation dangereuse de notre planète. Mais il ne doit pas nous faire croire que ce futur-là sera notre réalité obligée après que les dirigeants du monde auront décidé de notre sort en déclenchant une guerre nucléaire mondiale. Le scénario est plausible mais pas certain jusqu'à preuve du contraire. Et jusqu'à présent la réalité, fort heureusement, n'a pas dépassé cette fiction.

Il en va de même pour les théorie du complot. Tant que des preuves essentielles, irréfutables, et de première main n'ont pas été établies, le complot n'existe tout simplement pas. Et il faut s'en tenir à la connaissance actuelle du dossier basée sur des données concrètes et vérifiables. Sinon, la pensée zombie aura notre peau pas seulement en tant qu'individu mais aussi en tant que collectivité et civilisation. Et cette pensée zombie sèmera la mort des démocraties et la destruction autour de nous.

Savoir s'informer devrait s'apprendre dans nos écoles. Cela en devient une priorité absolue afin que notre jeunesse possède les armes nécessaires pour affronter la double information contradictoire venant des médias et des réseaux sociaux alternatifs.