24/11/2020

Cas de rigueur; le choix du C.A., par la Confédération, pose question

Un indépendant ne gagne pas son revenu sur le chiffre d'affaire réalisé par son entreprise mais sur le bénéfice de l'entreprise.

Il est dès lors étrange que la Confédération s'appuie sur le C.A. des entreprises pour calculer qui aurait droit à une aide à fonds perdus et qui n'y aurait pas droit.

Il serait plus adéquat et plus juste de se baser sur les revenus effectifs des indépendants et de les indemniser en fonction de leurs pertes réelles en rapport aux résultats des années 2019 et 2018. Par exemple, si un patron n'obtient en 2020 que 60% des gains par rapport aux gains moyens réalisés sur les deux années précédentes, il pourrait se voir octroyer une aide équivalent à la moitié de ses pertes réelles, soit 20%. Son revenu serait ainsi amputé d'au maximum 20% comme pour les salarié-e-s de son entreprise. Ce serait quelque chose d'assez correct aux yeux de toute la société.

Tout indépendant ayant réalisé en 2020 un revenu supérieur à 80% de ses gains moyens réalisés sur 2018 et 2019 se verrait alors exclu des cas de rigueur prévus.

Le chiffre d'affaire n'est pas un bon baromètre pour justifier le droit de bénéficier de l'aide des cantons ou de la Confédération. Le patron qui garde en emploi un maximum d'employé-e-s fait diminuer de facto le recours aux RHT voir les licenciements et le recours au chômage. En prenant le risque de faire lui-même un bénéfice moindre sur la période, il fait bénéficier à toute la société la non prise en charge des coûts salariaux par les indemnités de chômage. Il serait donc normal qu'il s'y retrouve un minimum dans l'aide octroyé dans le cadre des cas de rigueur. D'autres parts, des frais exceptionnels ont été engagés pour satisfaire aux mesures sanitaires de sécurité. Ces frais sont invisibles si on ne se réfère qu'au chiffre d'affaire réalisé durant l'année 2020. Idem concernant les baux à loyer et les coûts de location excessifs qui n'auraient pas été diminués par les bailleurs durant la période de fermeture des locaux voir sur l'année entière depuis mi-mars, et sans doute pour assez longtemps, puisque les restaurants ont été amputés d'environ un bon tiers, voir plus, de leurs capacités d'accueil et des places disponibles dans l'établissement pour cause de distanciation sociale. Tous ces frais et ces coûts non visibles lors d'une simple déclaration de chiffre d'affaire deviennent fatalement visibles et ont un coût réel si on tient compte du revenu effectif du patron après déduction de toutes ses charges pour l'année 2020.

Il serait bien que les indépendants fassent cette proposition à la Confédération afin que les médias puissent également soulever la réelle question de l'aide solidaire que le pays veut apporter aux indépendants, à celles et ceux qui ont été empêchés partiellement de travailler pour lutter contre le virus alors que les autres ont continué à gagner leur vie normalement, voir même à gagner davantage, dans certaines branches qui ont profité de cette crise sanitaire.

 

23/11/2020

Irresponsable!

Après huit mois de pandémie en Suisse, une première puis une seconde vague dévastatrice d'un point de vue à la fois sanitaire, psychologique, et même économique dans plusieurs secteurs professionnels, beaucoup de personnes ne veulent ou ne peuvent pas prendre leurs responsabilités individuelles.

Cela fait mal au coeur de prendre ses propres précautions pendant des mois, d'éviter trop de contact sociaux, d'essayer d'éviter aux autres ce qu'on ne voudrait pas qu'ils nous fassent en nous contaminant, et de savoir qu'au final, bêtement, on peut se trouver exposer dangereusement au virus parce que des personnes ne prennent toujours pas des mesures de protection immédiate quand elles ont des symptômes caractéristiques, comme de la fièvre et de de la toux, et qu'elles vont, malgré cela, faire des visites à domicile chez d'autres personnes... Savoir s'arrêter et se mettre à l'assurance-maladie devrait être aussi un geste barrière capital parmi les réflexes à prendre quand le virus sévit fortement.

A la fin, après plusieurs jours de cet état "grippal", à attendre stupidement avant de se faire dépister, ces personnes irresponsables  se voient déclarer positives au coronavirus. Elles oublient complètement que durant plusieurs jours, elles ont visité des gens extérieurs à leur famille, des gens qui eux-mêmes vont peut-être accueillir de la famille, voir un ou une ami-e, qui vont continuer à sortir en attendant peut-être de ressentir des symptômes de maladie et surtout d'être mis au courant de la maladie de ces personnes.

Mais comment peut-on aller chez des gens avec de telles symptômes quand on sait que la pandémie fait rage en ce moment!?

Ah oui. J'ai la réponse véridique sortant même de la bouche de ces gens. Ces personnes se croient invincibles face au coronavirus. Parce que cette maladie ne peut toucher que les autres et jamais sa petite personne...

Les gens qui ne savent pas préserver la santé des autres sont comme les hommes qui ne savent pas mettre le préservatif au moment d'un rapport à risque... Irresponsables...

 

22/11/2020

L'empereur Constantinus de Sion a (bien) parlé

On peut de plus en plus affirmer que le boss valaisan a une grande gueule et qu'il n'a certes jamais raison sur tout.

On peut aussi affirmer qu'il est parfois un brin mégalo et colérique mais que dans un pays où tout est trop feutré, trop lisse, trop petit, sauf nos montagnes et Roger Federer, il faut parfois des sacrés numéros 10 pour oser donner des coups de boule à la petitesse et à l'étroitesse de vue des beautiful people. Napoléon se voyait en pharaon d'Egypte. Constantinus de Sion se limite à faire rayonner un club de football au-delà du Valais et de la Suisse. Jusqu'à présent, il a relativement échoué à faire de Sion la grande nation européenne qu'il aurait voulu comme un certain Bernard Tapie avait fait des Bleus de l'Olympique de Marseille un grand club européen à une certaine époque, grâce au fric diront les mauvaises langues. Encore faut-il que les joueurs gagnent les matchs...

Dans la presse dominicale, Constantinus a répondu de façon désobligeante mais comique à la question du journaliste qui trouvait le nouveau maillot du F.C. Sion horrible. Lui, le trouvait beau et adapté au goût du temps covidien et que, par contre, il comprenait que cela ne correspondait pas au goût du journaliste, lui qui met des habits d'il y a dix ou douze ans...

Histoire de fermer le clapet à celles et ceux qui ne pensent pas que nous sommes dans une situation de guerre quasi atomique et qu'il faut adopter  le sérieux de la discipline militaire face à la situation globale de notre planète plutôt que de se mettre en évidence avec des habits de chiffonnier... Le journaliste a du apprécier.

A une autre question concernant Seydou Doumbia, qui l'a traité de fou pour l'avoir mis sous pression puis jeter comme un malpropre, il a répondu sans détour et d'une façon cinglante:

"Je lui réponds que j’aurais bien aimé qu’il se montre solidaire à un moment où son salaire correspondait à un gros multiple de celui d’infirmières qui bossaient très dur, dans une période où les joueurs n’en foutaient pas une rame."

Il m'arrive de bien aimé les empereurs parce qu'eux ils ont le droit à des commentaires radicaux qui respirent la vérité dans cette presse du dimanche.

Vive l'empereur Constantinus! Quand il s'en ira de Tourbillon, il nous manquera très franchement. Je l'aime bien malgré tout son fichu caractère et son titre d'empereur des Alpes. En plus, il nous fait bien rire. C'est toujours beaucoup mieux que d'être un crétin des Alpes qui ne veut rien comprendre à la grandeur de certains propos radicaux...

 

 

 

 

Les bars-restaurants confirment le risque de propagation du virus. Hélas!

Cela semble se confirmer par une statistique grandeur nature à l'échelle d'un pays.

Le rösti graben entre Suisse romande et Suisse alémanique au sujet du maintien ou non de l'ouverture des bar-restaurants montre clairement que cette mesure prise par les cantons romands font diminuer plus vite les risques d'être infectés par le coronavirus dans les cantons qui appliquent cette mesure radicale.

Romands et Alémaniques partagent à peu près toutes les autres mesures obligatoires sauf celles de la fermeture des bars-restaurants où, évidemment, le masque ne peut pas être porté.

Si, en Suisse romande, la fermeture des bars-restaurants a eu un effet très net dans les deux semaines après les restrictions, en Suisse allemande la courbe descendante de l'infection est moins prononcée malgré les autres mesures prises en commun avec la Suisse romande (port du masque obligatoires dans les lieux publics fermés comme sur des places publiques bondées, rassemblement de maximum 5 personnes, etc.).

Donc, malgré toutes les mesures sanitaires prises par les restaurants (distance entre les tables, désinfection des mains à l'entrée, personnel masqué), le virus semble relativement bien circulé, de façon relativement importante loin du lieu d'origine de la propagation, à travers les micro-gouttelettes que nous laissons dans l'air quand nous parlons ou rions sans masque sur le visage.

Les bars-restaurants devront donc absolument faire respecter les distances et l'hygiène des mains à leurs clients lors de la réouverture et si possible inviter ceux-ci, par un visuel supplémentaire, à porter le masque quand ils ne sont pas en train de manger. Cette mesure supplémentaire étant très peu conviviale, il est à craindre qu'elle ne soit pas suivie et pire encore qu'elle fasse fuir carrément la clientèle qui préférera encore manger au bureau ou sur un banc public plutôt que de s'astreindre à cette mesure peu sympathique.

Désormais, il semble que le vaccin, une fois prouvé son efficacité et sa non dangerosité pour la population, soit devenu l'arme indispensable pour éviter tout autre confinement à l'avenir et que les gens puissent retrouver le sourire et la liberté de parler, de rire, et de s'embrasser sans craindre de transmettre ou d'attraper cette saloperie de virus. Encore faudrait-il que ce virus, comparable, semble-t-il, à celui de la grippe par sa capacité à muter, ne nous joue pas d'autre mauvais tours dans le futur.

Courage restaurateurs et restauratrices, cuisiniers et serveuses, plongeurs et dames de buffet, nous allons sauver notre profession car il est clair que sans bars ni restaurants, les villes et les campagnes ne pourraient survivre à ce désastre communautaire et économique.

Des restaurants et de la culture, même combat. Il ne faut pas baisser les bras. A Berne aussi, une place fédérale sans bistrots et sans bars c'est comme un désert sans oasis et sans joie de vivre ensemble dans une démocratie épanouie et heureuse.

 

 

21/11/2020

Filmer la police? Un droit de légitime défense et de citoyenneté

Pour que la justice d'un pays démocratique fonctionne, il y faut de l'équilibre et de l'équité.

Si, d'un côté, la police peut filmer ses propres intervention lors de manifestations publiques ou lors de l'arrestation d'un individu et que de l'autre l'oeil public ne peut plus apporter un témoignage visuel sur une scène de violence, l'équilibre démocratique est rompu et nous tombons dans la manipulation des faits à l'avantage des policiers dont la parole et le témoignage valent plus que la parole et le témoignage de simples citoyens. De plus, la police aurait l'avantage de ne montrer que les images qui l'arrangent devant la justice en détruisant ou en cachant les images qui ne la mettent pas à son avantage. Le témoignage filmé du public vient donc contre-balancer les éventuelles abus de pouvoir et la falsification toujours possible d'une intervention musclée. La police n'a pas pour principe de base d'accuser son propre corps à son détriment mais bien de défendre l'intégrité morale et la justesse de son intervention. Si un ou des flics dérapent lors d'une intervention, leur hiérarchie peut vouloir essayer de défendre les femmes et les hommes qu'ils ont sous leurs ordres au détriment de la partie civile adverse peut-être coupable d'un délit mais non coupable et finalement victime d'une dérive policière violente toujours possible et potentiellement plus grave que le délit lui-même.

Plus grave, sans caméra "civile" la citoyenne et le citoyen seront démunis de leur seul outil de protection pouvant amener la preuve irréfutable d'une violence policière réalisée et, potentiellement, la population sera plus souvent soumise à des interventions musclées et des brutalités policières arbitraires qui auront alors les coudées franches pour "taper dans le tas" sans précaution d'usage et sans utilisation proportionnelle de la force policière. Donner ce pouvoir-là à la police est déraisonnable et injustifiable dans une démocratie qui respecte ses principes.

En France, pays particulièrement animé et agité par des manifestations de rue, il est impensable que la police puisse rendre aveugle les citoyens et citoyennes alors qu'elle garderait tout loisir de filmer à son avantage le déroulement d'une manifestation et les éventuelles dérives de violences de rue. C'est comme si, sur un terrain de football, l'équipe visiteuse était privée du visionnage des interventions litigieuses dans les seize mètres et que seule l'équipe à domicile pouvait voir les images et décider quand il y a penalty et quand il n'y pas penalty. Cette situation ouvrirait la porte à tous les abus de la part de l'équipe à domicile. La police n'est pas l'arbitre. C'est la Justice qui est la seule arbitre lors de violences de rue commis de parts et d'autres.

La démocratie ne peut pas exister sans justice. La police au service du peuple ne peut pas exister sans justice et équilibre des forces. Je rappelle un des slogans préférés des manifestants et manifestantes:

"POLICE PARTOUT. JUSTICE NULLE PART."