02/12/2020

"Eh Mec, t'as déshonoré ta race"

Le racisme c'est quoi? Un flic raciste c'est quoi?

Un pays peut-il être entièrement raciste envers ses minorités? La France est-elle un pays raciste avec un modèle blanc, mâle dominant de cinquante ans pour le stréréotype, craignant sa perte de dominance au profit d'une mixité culturelle qui elle-même serait noyautée par l'extrémisme islamiste?

Le racisme, il est partout et il est nulle part. Il est dans ce regard que nous portons sur les autres, notre voisin qui sort avec un homme, la femme qui vend ses charmes, le type basané aidé par les services sociaux. Il est partout dans notre approbation tacite des attitudes discriminatoires ou nulle part dans notre rejet des jugements pour délit de sale gueule, attentatoires à la personnalité d'autrui et aux communautés étrangères à notre milieu social.

Le racisme c'est le rejet de toute personne pour son appartenance à une caste (je haïs le milliardaire parce qu'il est milliardaire donc j'ai aussi de la haine pour Roger Federer quelque soit l'homme qu'il est réellement); à une religion (je haïs le musulman parce qu'il est musulman donc j'ai aussi de la haine pour Mustafa, mon voisin, qui est musulman et qui ne m'a pourtant rien fait); à une strate sociale (je haïs la prostituée parce qu'elle est une prostituée donc j'ai aussi de la haine pour ma voisine qui est une pute mais qui ne m'a rien fait à titre personnel). Etc.

Le racisme est d'abord une maladie qui s'ancre chez la personne et dans la communauté qui se croient au-dessus des autres, meilleures, plus grandes, plus dignes de vivre sur cette planète que l'Autre, cet être déviant, différent, sale, détrousseur de fonds publics, profiteur et semant le trouble public. Comme toute maladie curable, le racisme peut se soigner. Mais dans ce cas précis, les médicaments sont l'éducation et l'instruction, le savoir-vivre et l'apprentissage de l'empathie, le devoir de reconnaissance de l'existence de l'Autre, cet étranger qui fait peur, à priori, sans raisons valables; cette femme libre qui dérange, à priori, les bonnes moeurs et ma morale personnelle.

Le racisme peut être et souvent une couleur de peau. Mais il n'est jamais qu'une couleur de peau ou d'ethnie sauf quand un régime fasciste a décidé d'éliminer ou de considérer telle population comme inférieure et nuisible.

Le racisme c'est aussi une bande de flics qui décide de tabasser du métèque juste pour se faire du métèque par pur plaisir sadique. Le racisme c'est un mec qui crache sur une prostituée et la viole pour lui apprendre à se donner librement contre rémunération.

Le racisme est au coin de la rue, sur Internet, dans tous les commentaires haineux qui rejettent une personne au nom de son appartenance à une communauté.

Le racisme c'est à la fois simple et compliqué. La France est à la fois raciste structurellement par sa façon supérieure de se penser et à la fois systématiquement anti-raciste, universelle, multiculturelle, par sa façon de s'instruire et de s'éduquer. Elle montre son beau visage, sa Marianne révolutionnaire, quand elle nous parle des droits humains et, dans le même temps, elle cache sa laideur dans des actes honteux comme l'agression de policiers blancs sur un producteur de musique de couleur.

Le racisme est une maladie qui se soigne. Mais pour cela, il faut sans cesse éduquer et convaincre les jeunes générations que le racisme se terre en nous à chaque fois que quelqu'un nous dérange dans ses attitudes, ses croyances, sa profession, son niveau social, sa couleur de peau, son odeur corporelle, voir même sa façon d'occuper le terrain alors que nous aimerions qu'il disparaisse de notre vue ou, mieux encore, qu'il cesse d'être ce qui nous dérange et qu'il devienne tout bêtement comme nous.

Le racisme se terre en nous tous, Blancs ou Noirs, juifs, chrétiens, musulmans ou athées, hétéros ou homos. Quand on a admis cela, on peut commencer à soigner sa maladie individuelle et collective. Le racisme de masse peut être combattu efficacement que si individuellement nous prenons conscience de notre propre propension à accepter des attitudes racistes et dénigrantes qui permettent ensuite au racisme de masse, structurellement établi, de prospérer et de s'ériger en orange mécanique du système écrasant et bafouant les droits de celles et ceux qui dérangent notre petit confort intime et notre vision personnelle du vivre ensemble.

 

 

 

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