15/12/2020

S'octroyer tous les mérites de la réussite

Cette période de pandémie dévoile le vrai visage du capitalisme. Et il est plutôt laid, voir carrément monstrueux en cette fin d'année.

Il s'agit de savoir, quand on devient entrepreneur, quelle est la part de responsabilité sociale que l'on devra partager avec son personnel et s'imaginer aussi, en cas de surplus heureux de bénéfice, si le seul mérite en revient au patron, auquel cas tout le bénéfice lui reviendrait, ou si les collaborateurs et collaboratrices y sont pour quelque chose et font partie de la réussite globale de l'entreprise. Auquel cas, le partage d'une partie des bénéfices serait judicieux.

La mentalité ultra-libérale penchera plutôt pour un profit maximum en faveur des directeurs et patrons, un minimum de charges sociales et fiscales, et des salaires les plus bas possibles pour l'ensemble du personnel.

Le résultat comptable sera alors un salaire mirobolant pour le patron de PME qui marche du tonnerre de dieu et un salaire proche du minimum vital pour le personnel.

Arrive une pandémie, que se passe-t-il donc? Les patrons empêchés d'exploiter leurs commerces pleurent misère. Pour les uns, peut-être les plus sympas avec la répartition juste et équitable des bénéfices réalisés par l'entreprise, ce sera effectivement la galère totale. Leur salaire personnel étant de nature inférieur à celui d'un patron très pingre avec les employé-e-s et gardant l'entier des bénéfices pour lui, ils recevront, d'une part, une indemnisation moindre de la part de l'Etat et devront, de surcroît, assumer des charges sociales et des coûts salariaux (vacances, jours fériés, part 13ème salaire) plus conséquents que le patron ayant versé des salaires minimaux et s'étant octroyé un très haut salaire.

Et le plus grave dans l'affaire c'est que les autres, les patrons versant des salaires conventionnels malgré des bénéfices monstres, se trouveront plus choqués de voir leur salaire mensuel fondre comme neige au soleil malgré des allocations mensuelles perte de gain de... fr.9'000.-- sans compter les autres aides possibles éventuelles (diminution des frais de location, participation cantonale de 10% pour payer les cotisations patronales sur les salaires, allocations cantonale extraordinaires en rapport au chiffre d'affaire annuel, indemnisation partielle, par certaines assurances, pour cause de pandémie). Au final, ces patrons-là, richissimes à la base, parce que gagnant bien au-delà du demi-million annuel, seront encore les patrons qui resteront les plus durs avec leur personnel vu la somme colossale qu'ils perdent les mois de fermeture et durant tous les autres mois où la pandémie aura des conséquentes importantes sur le chiffre d'affaire de l'entreprise.

Alors il faut se poser la question. Est-ce que le capitalisme est bien un système qui mérite encore d'être vanté au temps de l'égalité et de la justice pour tous et toutes?

Je laisse aux spécialistes le soin de défendre le modèle actuel qui pour ma part me navre et me laisse pantois. Aujourd'hui, je trouve mon patron pas seulement trop exploiteur de son personnel bien qu'il respecte les minimaux conventionnels légaux. Je le trouve surtout pathétique dans sa défense et sa douleur de perdre quelques centaines de milliers de francs de bénéfice durant les années 2020 et 2021 alors que son personnel souffre de galère chaque mois.

Il faut tout de même imaginer que sur 20 ans, mon patron aura déjà gagné un bénéfice de quelque 12 millions sur l'entreprise alors que son personnel aura vécu, lui, avec des salaires chiches durant tout ce temps et se retrouve aujourd'hui, en période de pandémie, à la limite de pouvoir honorer les facteurs courantes mensuelles vu les fermetures de commerces et les RHT imposés durant des mois à ce personnel.

Comme quoi et pour ma part, défendre le Capital et l'ultra-libéralisme se justifient d'autant moins en période de pandémie globale... Un patron habitué à un grand train de vie est incapable de se mettre dans la peau de son personnel et en plus il aimerait même que son personnel soit capable de se mette dans la peau de leur pauvre patron s'y mal indemnisé par gros temps de pandémie...

C'est cela le mal du Grand Capital. Et c'est franchement à désespérer d'une révolution des consciences au niveau des grands patrons qui s'en mettent un max dans les poches.

 

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