06/01/2021

Vaccinés et non-vaccinés seront dans le même bateau

Mon père et sa compagne vont très probablement se faire vacciner prochainement vu leur âge (plus de 90 pour lui, plus de 80 pour elle).

En vérité, ils sont pour le moins sceptique sur les chances de réussite de la vaccination et les effets secondaires potentiels du vaccin. Mais ils se laisseront convaincre de se faire vacciner vu les ravages causés par le virus parmi la population âgée et puisqu'ils se sont inscrits pour être vaccinés. Pour les familles, cela sera un soulagement et la crainte de transmettre le virus et de condamner à mort ses propres parents s'estompera.

C'est toute l'ambivalence de cette vaccination. D'un côté, on aimerait tous et toutes un bouclier invincible qui nous protège du virus et nous rend non contagieux pour les autres. De l'autre, on craint les effets secondaires à plus ou moins long terme. Après tout, dans un tout autre domaine, la cigarette a été vantée par les industriels de la branche comme un élément de bien-être et de liberté. La jeunesse d'alors appréciait particulièrement les fumeurs et fumeuses de Camel ou de Marlboro car celui ou celle qui fumait se voyait attribuer des qualités de femme libre et d'homme viril, sauvage, séducteur et séductrice, plein de santé et d'énergie.

Pendant des dizaines d'années, appuyés par des études scientifiques biaisées, les grands patrons de ces firmes ont contesté toutes les conclusions de la science qui condamnaient la dangerosité réelle de la cigarette. Les intérêts financiers et fiscaux ainsi que les centaines de milliers d'emplois qui y étaient associés ont fait reculer les politiques durant plus d'un demi-siècle et propager un perpétuel mensonge.

L'image sur les différents nouveaux vaccins contre le coronavirus pourrait-elle aussi basculer un jour ou l'autre du côté de la nocivité et de la dangerosité de ces nouveautés high-tech qui inquiètent et qui ne sont, c'est apparemment vérifié et certifié, point la panacée pour éradiquer ce virus de nos vies?

Il faudra encore porter le masque, se désinfecter les mains, user des gestes barrière même une fois vacciné... Quelle misère!

On croit vivre un cauchemar sans fin. En fait, le seul vrai avantage du vaccin sera de diminuer sérieusement la propagation des formes sévères de la maladie et donc de diminuer les hospitalisations et les morts. Ce qui permettra à l'économie de fonctionner à nouveau plus ou moins normalement.

S'il est impossible d'éradiquer la maladie du simple fait d'être vacciné, alors il est absolument aberrant de vouloir rendre obligatoire le vaccin et de l'inoculer aux couches les plus jeunes et plus en forme de la population. Il serait encore plus aberrant et scandaleux de créer un passeport covid qui donnerait l'autorisation de voyager, d'aller au spectacle ou au restaurant, de fréquenter un Club, puisque de toute façon les vaccinés pourraient être porteurs sains (asymptomatiques) du virus et le transmettre aux autres, vaccinés comme non vaccinés.

En réalité, dans les connaissances actuelles de cette maladie, l'utilité du vaccin est bien d'empêcher les formes graves de la maladie mais pas d'éliminer la contagion du coronavirus. D'ailleurs, nous pouvons fort bien obtenir une immunité collective par la transmission du virus "à bas bruit" (sans hospitalisation du ou de la contaminé-e) et sans passer par la case vaccin obligatoire. Nous pouvons fortement recommander aux personnes les plus âgées et à risques de se faire vacciner pour se protéger d'une grave atteinte potentielle à leur santé mais nous ne pouvons pas exiger de la population entière qu'elle se soumette à un diktat de la vaccination et encore moins de séparer les vaccinés des non-vaccinés dans la manière de gérer la société dans un futur proche. Un apartheid social serait absolument impensable et proprement de nature fasciste sous une gouvernance mondiale de la science imposant son rythme et son expertise médicale à toute l'Humanité de façon obligatoire et séparant les "bons" vaccinés des "mauvais" élèves refusant le vaccin.

Je reste positif envers la vaccination qu'à la seule et unique condition qu'elle se fasse sur une base volontaire citoyenne et responsable et qu'elle n'empêchera en rien les non-vaccinés dans leur déplacement et leurs relations sociales. Les règles sociales devront être édictées en fonction de l'évolution de la pandémie et elles devront rester les mêmes pour tout le monde, modulées essentiellement en fonction des contraintes sanitaires et de la surcharge des réseaux hospitaliers des pays.

C'est tout ce que j'attends des états, de l'Europe et de la Suisse en particulier. Toute autre forme d'imposition du vaccin et de de contrainte exercé par l'Etat ne serait absolument pas conforme à un Etat de droit et à la démocratie.   

Donc, il est inutile de chercher dès maintenant à créer un poison social par opportunisme politique en augmentant les peurs et les risques de haine entre vaccinés et non-vaccinés. Au contraire, l'Etat doit s'attacher à rassurer dès aujourd'hui la population que les non-vaccinés seront traités de la même manière que les vaccinés dans la sphère publique. Ni mieux ni moins bien. Sinon la défiance deviendra encore plus grande envers la campagne de vaccination et des troubles sociaux pourraient bien naître entre celles et ceux qui se seront vaccinés et les autres qui ne le voudront pas.

Si Berne pouvait dès aujourd'hui être à la fois plus claire et plus ferme quand aux principes de droit concernant cette campagne de vaccination, ce serait gagné un temps précieux dans la lutte contre le coronavirus et pour garder l'attention d'une population qui regarde dans la même direction au lieu de se regarder en chiens de faïence à cause du vaccin et, in fine, espérer le retour le plus rapide vers une vie normale pour tout le monde sans distinction entre vaccinés et non-vaccinés.

 

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