11/01/2021

Donald Trump a mille moyens pour défendre sa liberté d'expression

L'homme le plus puissant du monde, censuré? Quelle farce!

Les gens qui suivent avec adoration leur gourou ont mille et une façons de l'écouter ou de le lire. Il suffit que Donald Trump, ses réseaux, et ses milliards, se mettent en mouvement pour créer chaînes de T.V., Radios, Blogs, livres, et même publicités dans les boîtes aux lettres pour que Donald Trump puisse diffuser sa parole aux millions de gens en attente de leur messie.

Il est inutile de blâmer Facebook, Twitter, ou Instagram qui ont décidé enfin sagement de retirer de leurs réseaux sociaux le premier responsable des évènements dramatiques du Capitole.  Sinon, nous pourrions tout aussi bien laisser un terroriste islamiste responsable des funestes attentats de Paris se dandiner sur la Toile en vantant ses derniers exploits et en laissant libre-cours à ses actes assassins et à ses paroles diffamantes.

Donald Trump n'est pas un pauvre diable de poète qu'on interdit de parole pour sa licence. Il est le dangereux meneur sécessionniste et raciste qui a décidé de faire la guerre à la démocratie et à l'égalité afin de défendre un pouvoir suprématiste et souverainiste Blanc.

De plus, le milliardaire, toujours en liberté, à mille moyens pour défendre sa liberté d'expression, organiser sa manipulation des foules, distiller sa mauvaise foi et ses vulgarités, distraire et pervertir avec ses mensonges, faire valoir sa sédition, et relayer ses menaces de pendre haut et court tous les "démocrates corrompus, pédophiles, antifascistes, et communistes".

Il serait peut-être temps d'arrêter de se torturer l'esprit pour savoir si Twitter ou Facebook ont le droit de bannir Donald Trump de leurs plate-formes. On ne s'est pas posé le même genre de cas de conscience quand les terroristes ont envahi le Bataclan avec leurs kalachnikovs.

Il fut un temps où les journalistes se posaient moins de question sur le droit de censurer des personnages qui faisaient du mensonge de la littérature sublime...

L’AMOUR DU MENSONGE Quand je te vois passer, ô ma chère indolente, Au chant des instruments qui se brise au plafond Suspendant ton allure harmonieuse et lente, Et promenant l’ennui de ton regard profond ; Quand je contemple, aux feux du gaz qui le colore, Ton front pâle, embelli par un morbide attrait, Où les torches du soir allument une aurore, Et tes yeux attirants comme ceux d’un portrait, Je me dis : Qu’elle est belle ! et bizarrement fraîche ! Le souvenir massif, royale et lourde tour, La couronne, et son cœur, meurtri comme une pêche, Est mûr, comme son corps, pour le savant amour. Es-tu le fruit d’automne aux saveurs souveraines ? Es-tu vase funèbre attendant quelques pleurs, Parfum qui fait rêver aux oasis lointaines, Oreiller caressant, ou corbeille de fleurs ? Je sais qu’il est des yeux, des plus mélancoliques, Qui ne recèlent point de secrets précieux ; Beaux écrins sans joyaux, médaillons sans reliques, Plus vides, plus profonds que vous-mêmes, ô Cieux ! Mais ne suffit-il pas que tu sois l’apparence, Pour réjouir un cœur qui fuit la vérité ? Qu’importe ta bêtise ou ton indifférence ? Masque ou décor, salut ! J’adore ta beauté.

En savoir plus sur https://www.lalanguefrancaise.com/litterature/baudelaire/...

   

L'Amour du mensonge

Quand je te vois passer, ô ma chère indolente,
Au chant des instruments qui se brise au plafond
Suspendant ton allure harmonieuse et lente,
Et promenant l'ennui de ton regard profond;

Quand je contemple, aux feux du gaz qui le colore,
Ton front pâle, embelli par un morbide attrait,
Où les torches du soir allument une aurore,
Et tes yeux attirants comme ceux d'un portrait,

Je me dis: Qu'elle est belle! et bizarrement fraîche!
Le souvenir massif, royale et lourde tour,
La couronne, et son coeur, meurtri comme une pêche,
Est mûr, comme son corps, pour le savant amour.

Es-tu le fruit d'automne aux saveurs souveraines?
Es-tu vase funèbre attendant quelques pleurs,
Parfum qui fait rêver aux oasis lointaines,
Oreiller caressant, ou corbeille de fleurs?

Je sais qu'il est des yeux, des plus mélancoliques,
Qui ne recèlent point de secrets précieux;
Beaux écrins sans joyaux, médaillons sans reliques,
Plus vides, plus profonds que vous-mêmes, ô Cieux!

Mais ne suffit-il pas que tu sois l'apparence,
Pour réjouir un coeur qui fuit la vérité?
Qu'importe ta bêtise ou ton indifférence?
Masque ou décor, salut! J'adore ta beauté.

Charles Baudelaire

 

The Love of Lies

When I see you pass by, my indolent darling,
To the sound of music that the ceiling deadens,
Pausing in your slow and harmonious movements,
Turning here and there the boredom of your gaze;

When I study, in the gaslight which colors it,
Your pale forehead, embellished with a morbid charm,
Where the torches of evening kindle a dawn,
And your eyes alluring as a portrait's,

I say within: "How fair she is! How strangely fresh!"
Huge, massive memory, royal, heavy tower,
Crowns her; her heart bruised like a peach
Is ripe like her body for a skillful lover.

Are you the autumn fruit with sovereign taste?
A funereal urn awaiting a few tears?
Perfume that makes one dream of distant oases?
A caressive pillow, a basket of flowers?

I know that there are eyes, most melancholy ones,
In which no precious secrets lie hidden;
Lovely cases without jewels, lockets without relics,
Emptier and deeper than you are, O Heavens!

But is it not enough that you are a semblance
To gladden a heart that flees from the truth?
What matter your obtuseness or your indifference?
Mask or ornament, hail! I adore your beauty.

— William Aggeler, The Flowers of Evil (Fresno, CA: Academy Library Guild, 1954)

 

https://fleursdumal.org/poem/227

 

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