12/01/2021

Des aides si compliquées aux restaurateurs

Incompréhensible.

Chacun y va de sa recette pour sauver la gastronomie de faillites nombreuses et dommageables pour le tissu économique et social de notre pays.

Il y a eu les prêts Covid remboursables, les APG aux patrons, les aides locatives, les 10% complémentaires de RHT délivrées par les cantons de Vaud et Neuchâtel pour couvrir la part patronale des cotisations sociales sur les salaires, les cas de rigueur... et j'en passe et des meilleures.

Les bistrotiers sont fâchés. Mais ont-ils été crédibles dans leur défense? Certains ont voulu sauver leurs bénéfices avant de défendre les salaires de leurs employés privés de 20% de leur salaire assez misérable...

Si j'avais encore été patron, j'aurais à la fois défendu mes employés pour une rétribution à 100% de leur salaire tout en me battant pour obtenir un seuil minimal d'aide pour pouvoir faire vivre ma famille au moins à la hauteur du salaire le plus faible de mes employés et de mes charges fixes privées ordinaires.

Mais bon. Je ne suis plus patron depuis longtemps.

Il y a deux grandes catégories de restaurants. Ceux qui sont gérés par des familles avec pas ou très peu de personnel (souvent des extras pour les moments de grande affluence). Et tous les autres qui emploient du personnel.

Pour la première catégorie de restaurants, l'Etat pouvait définir une aide sur la base des bénéfices annuelles déclarées par l'entreprise. En général, une famille travaillant sans employé, ou avec un personnel très restreint, ne gagne pas des sommes astronomiques et l'aide n'aurait pas servi à enrichir davantage les restaurateurs sur le dos de la collectivité mais bien de les maintenir en vie.

Pour les autres entreprises, le recours aux APG avec plafond maximum semble totalement adéquat. Un patron au chômage c'est comme un footballeur au chômage technique. Il n'a pas à recevoir des sommes astronomiques de la collectivité publique. Et si, pour le patron, cela signifie une chute drastique de son bénéfice net, ce n'est pas la fin du monde. Du moment que l'entreprise puisse repartir d'un bon pied dès la reprise de l'activité, il peut accepter le deal durant plusieurs mois. Ces réserves financières sont généralement importantes. Ce qui lui importe avant tout, c'est que les charges sociales de son personnel ne lui incombent pas et que les frais fixes puissent être couverts par l'aide étatique durant le temps de fermeture.

Il semble que l'Etat aurait pu se baser sur une aide fixe, en plus du recours aux APG, de 20% du chiffre d'affaire moyen déclaré pour couvrir les frais fixes ( baux commerciaux, assurances, chauffage-électricité, charges sociales des employés) des restaurateurs sans avoir recours aux fameux prêts Covid remboursables.

Aujourd'hui, il serait possible, pour la Confédération et les Cantons, de tenir compte des prêts accordés et de renoncer aux remboursements en rapport à ces 20% du C.A. mensuel pour les mois de fermeture imposés. En accordant également un petit pourcentage de l'ordre de 5% du C.A. pour les mois de pandémie où le chiffre d'affaire à reculer dans de nombreuses entreprises.

Les restaurateurs n'ont jamais fait ce genre de proposition à la Confédération et on se demande bien pourquoi.

 

Les commentaires sont fermés.