12/01/2021

Républicains d'Amérique, démarquez-vous!

Nous sommes en période de soldes. Et il est temps que l'Amérique cesse de solder les liens qui la relient encore aux idéaux démocratiques.

Depuis la présidence Reagen et les théories fumeuses de l'ultralibéralisme, les conditions pour une vie en démocratie ne cessent de se détériorer partout sur la planète.

J'avais 5 ans quand John Kennedy a été assassiné. J'en avais 4 de plus quand Bob Kennedy et Martin Luther King ont été à leur tour assassinés. Je voyais alors l'Amérique, par la lucarne de la TV toute nouvelle, comme un grand pays avec des foules joyeuses, libres, qui ouvraient le monde tandis que l'URSS et ses goulags me semblaient un pays où les gens étaient en permanence tristes et jetés en prison dès qu'ils critiquaient le pouvoir de Brejnev. Maman faisait le reste contre les diables communistes pour me convaincre que nous avions de la chance de vivre presque comme l'Amérique.

Puis j'ai grandi, et j'ai commencé à comprendre que les Russes n'étaient pas le diable et que l'Amérique n'était pas le bon dieu. Che Guevara avait passé par là lui qui disait même que le cerveau du monstre se trouvait en Suisse.

L'Amérique avait perdu sa virginité. Elle portait aussi son masque de laideur, ses imperfections, ses vices de première puissance capitaliste du monde. Elle n'était pas la reine de la liberté et sa statue couronnée couvrait son visage pleins d'épines qui la condamnait pour ses manquements et ses dérives fascistes.

Mais je n'ai jamais abandonné le rêve de la liberté et de démocraties ouvertes sur le monde et les autres. Je n'ai jamais rêvé vivre dans un pays où des autocrates au pouvoir écrasent le peuple et le soumet au goulag. J'ai toujours cru que l'Amérique pouvait encore et toujours se relever et donner de l'espoir pour les peuples du monde soumis aux pires tortionnaires.

Hélas, depuis le jour ou l'extrême-droite a jeté son grappin sur l'Amérique et que les plus grands médias se sont mis à réfléchir et penser comme un grand bordel réservé aux puissances de l'argent, je me suis exilé sur ma propre liberté philosophique et je ne fais plus confiance aux puissances de l'argent pour donner du lustre à la démocratie.

Ce n'est pas une question de Droite ou de Gauche, de Républicains ou de Démocrates. C'est une question d'idéaux démocratiques. Et il semble que ceux qui ont le moins cédé aux sirènes du pouvoir ultra-nationaliste Blanc, fasciste, et au règne tout-puissant de Wall-Street sont aujourd'hui bel et bien plutôt Démocrates que Républicains. Et il semble que celles et ceux qui ont dérivé vers la grande laideur de l'Amérique et l'immondice d'une ultra-droite ont su placer un drôle de gars au sommet du pouvoir, un homme qui a tellement intrigué pour éviter sa défaite présidentielle qu'il a fini par commettre l'irréparable erreur de la prise du Capitole par la force grâce à ses milices de supporters surchauffés et dans le déni. Si une partie de l'armée l'avait suivi, l'Amérique serait aujourd'hui à feu et à sang. Mais heureusement, l'armée a tenu bon. 

Il est temps de démettre Donald Trump de toute responsabilité politique future. Il est temps de faire le ménage idéologique au sein même de la droite républicaine. L'Amérique blanche ne souffre pas de trop d'immigration. Elle souffre d'un manque de sens moral et éthique. Elle souffre d'un manque de leaders charismatiques genre Bob Kennedy qui sauraient unir l'Amérique et lui redonner de la grandeur et de la confiance en elle-même.

Amis Républicains, l'Histoire de l'Amérique est vieille de quelques siècles. Elle ne peut pas oublier le péché originel mortel, le génocide des natifs de ce Continent. Elle ne peut pas oublier l'esclavage de l'immigration noire. Elle ne peut pas oublier qu'aujourd'hui la seule chance de survie du modèle démocratique lui impose l'intégration des minorités dans les plans de sa construction. Sans les minorités ethniques, sans une plus juste égalité des chances et de la répartition des richesses, il n'y a plus de démocratie ni d'Amérique. Il n'y a que le chaos et la guerre civile, le putsch militaire et la tyrannie.

Républicains d'Amérique, il est temps de lâcher les sirènes de l'ultra-libéralisme. Il est temps de repenser tout le système et de redonner plus de justice pour toutes et pour tous, qu'ils soient des Blancs à la rue qui ont perdu tout espoir d'une vie meilleure ou des Noirs, des amérindiens, des hispaniques, des métisses, abandonnés dans les ghettos d'une Amérique égoïste qui regarde le monde que du haut d'une montagne de milliards de dollars accumulés sur le dos de la sueur des travailleurs et des travailleuses ou de la spéculation boursière.

La démocratie vivante n'a jamais été une opération financière orchestré par une oligarchie de banquiers. La démocratie vivante c'est le sel de la liberté acquise grâce au pouvoir et au devoir civique des citoyennes et citoyens d'un pays instruit, cultivé, innovant, altruiste, et généreux.

Si l'Amérique veut revivre de nouveaux temps démocratiques, elle doit commencer par se débarrasser de l'homme qui a osé défier les fondements même de la démocratie grâce à un pouvoir ayant sans cesse corrompu les consciences et violé les principes de la proportionnalité démocratique tout en défendant les manipulations et les mensonges les plus éculés des masses média acquises à une vision bancale de la démocratie.

Le courage politique, c'est ce qui manque le plus aujourd'hui au parti Républicain. Sans un sursaut et un renouveau fondateur du grand vieux parti, l'Amérique ne pourra alors s'épargner une terrible guerre civile.

 

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