08/02/2021

De fait, nous sommes en chômage

Les statistiques suisses concernant le chômage nous mentent.

Le taux actuel de chômage en Suisse se situe certainement autour des 10% voir des 12% au lieu des 3% annoncés.

Ce n'est pas parce que nous sommes en emploi, condamnés à rester à la maison, que nous ne vivons pas les mêmes difficultés financières que les gens réellement au chômage. En réalité, nous touchons même moins d'argent à la fin du mois que si nous étions en chômage puisque nous devons payer toutes nos cotisations sociales et que nos patrons ne participent en rien à une quelconque compensation (nous ne travaillons ni à la Migros ni à la Coop et les syndicats ne mettent pas la pression sur les indépendants pour payer les fameux 20% qui manquent à notre revenu).

Soyons clair. Depuis le mois de mars dernier, la plupart des employés de la restauration n'ont plus touché un seul salaire complet et pour beaucoup, cela fait déjà 5 mois d'arrêt complet de travail avec le revenu RHT correspondant.

S'il faut ajouter encore 5 mois aux même conditions de revenu, cela fera presque une année complète de chômage total imposé par l'Etat pour sauver l'économie et le pays.

Ce n'est pas aux plus petits salaires, sauf erreur notre secteur d'économie est le dernier des secteurs juste devant l'agriculture et peut-être les coiffeurs dans l'échelle des salaires. Même la vente a semble-t-il de meilleures conditions de salaire en fonction des responsabilités au travail et une CCNT plus évoluée que la restauration.

Se retrouver au minimum vital alors même que l'économie fonctionne plus ou moins normalement dans notre pays et que les bourses ont repris le chemin de la gloire, c'est considéré le monde de la restauration et de l'hôtellerie comme une fois de plus négligeable et juste bon à fournir des prestations aux plus riches que nous tous et nous toutes. C'est beau l'envie d'aller manger où fêter dans un bar. Encore faudrait-il que nos clients et clientes se manifestent aussi dans les médias en notre faveur. D'ailleurs, les journalistes sont généralement de bons clients des bistrots... S'en fichent-ils des conditions de travail et de salaire des gens qui les servent et leur offrent de bons petits plats simples ou gastronomiques?

On attend toujours le grand reportage télévisé sur les sinistrés de la restauration (pas les patrons qui ont obtenu de larges plages pour se lamenter de leur situation, mais les employées et employés de la branche qui, comme d'habitude, sont des gens de rien déambulant sur les quais de gare pour se rendre à leur turbin). Macron, sort de ce corps aristocratique des riches Helvètes.

 

 

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