18/02/2021

Décision fédérales: "En avril, je suis en terrasse"

Qui ne se souvient pas de ce fameux slogan après le traumatisme des attentats du 13 novembre 2015 à Paris?

Plus que beaucoup, je m'en souviens parfaitement parce que je me trouvais, quelques jours plus tard, à Paris pour participer et couvrir la première manifestation post-attentats, interdite à cause des horribles évènements.

Ce fut donc un week-end mémorable entouré par toute cette tragédie. J'étais en terrasse avec la France entière.

Le Conseil fédéral a prêché pour une réouverture des bistrots au 1er avril. Et ce n'est pas un poisson d'avril mais un poison d'avril selon les milieux concernés qui craignent de perdre de l'argent (qu'ils disent pourtant ne pas percevoir de l'Etat...) en ouvrant uniquement leur terrasse.

Je dois dire que je suis un peu stupéfait. Parce qu'il ne faut pas oublier que pendant ce temps, les employés et employées de la branche travaillent actuellement à la demande de leur patron comme des extras. Quand ce dernier a besoin d'eux, ils et elles bossent et les horaires sont modulables en fonction des besoin de leur patron. Merci pour nos droits à occuper en toute liberté nos heures comptabilisées en RHT. Nous sommes payé-e-s à 80% par l'Etat durant ces heures "libérée" mais notre patron nous dit au dernier moment si on reste sur le lieu de travail parce qu'il y a du boulot ou s'il nous renvoie chez nous parce que c'est trop calme.

Il faut dire crûment la vérité. Les restaurateurs et restauratrices n'ont jamais bénéficié, avant la Covid19, de ces mesures extraordinaires de gestion optimale du personnel octroyée par la Confédération.

Du personnel présent au bon moment dans l'entreprise et payé par l'Etat quand les heures de travail deviennent peu ou plus du tout rentables pour le chef d'entreprise. Un rêve que bien des patrons auraient voulu connaître, par exemple au moment de l'ouragan Lothar, pour ne citer qu'un épisode difficile, quand les routes étaient coupées en pleines fêtes de fin d'année par des milliers d'arbres tombés sur les routes forestières. Les bistrots étaient quasi à l'arrêt pendant plusieurs jours mais personne pour indemniser les patrons de bistrots isolés dans leur campagne et qui ne faisaient plus de chiffre d'affaire...

IL FAUT ARRÊTER DE SE PLAINDRE. Je connais des patrons qui sont largement indemnisés même si les indemnités ne correspondent pas exactement à leur bénéfice faramineux qu'ils faisaient avant la crise Covid. Pourrait-on parler, dans les médias, des centaines de milliers d'employées et d'employés de la restauration réduit-e-s au minimum vital à cause des RHT? Pourrait-on arrêter de pleurer, chez les bistrotiers, qui auront tout loisir, au mois d'avril, d'ouvrir leur terrasse et d'organiser des plans de travail sains qui à la fois seront rentables durant les jours de grand beau et indemnisés par l'Etat les jours de mauvais temps grâce au système des RHT.

Je sais que des patrons vivent la galère actuellement et que certains vont faire faillite et fermer leur bistrot. Je ne parle pas pour ces malheureux qui mérite toute ma compassion et mon soutien moral. Ici, je parle des patrons qui sont déjà bien indemnisés et qui auront encore durant des mois le soutien de la Confédération à travers les RHT qui pénalisent grandement le personnel condamné à être considéré comme du personnel extra au service du bon vouloir des patrons et du temps qu'il fait dehors ou dedans (l'histoire du mètre cinquante entre les tables ne permettant pas de bourrer la cantine de clients et de clientes).

Il faut arrêter de se plaindre et, pour les bistrots qui ont la chance de bénéficier de terrasses au grand air, sauter sur le poisson du 1er avril de la Confédération pour remplir les caisses. De toutes les façons, le restaurateur et la restauratrice ne seront pas lâché-e-s par l'Etat puisque le système des RHT perdurera au minimum jusqu'à fin mai voir au-delà.

Donc. Au boulot et pour une fois essayer de parler sur les plateaux TV de vos employés et employées qui subissent de plein fouet le régime des RHT depuis mars dernier. Soit déjà depuis un an alors que durant tout l'été les bistrots ont carburé plein régime pour certains d'entre eux...

 

 

 

Les commentaires sont fermés.