21/02/2021

La vie clandestine des tauliers

Que faire quand un métier est frappé d'interdit?

Faut-il entrer en résistance contre l'Etat de Droit? Devenir un hors-la-loi par amour de la dissidence contre une loi imposée, une dictature sanitaire qui ne dit pas son nom?

Certains cantons alémaniques ont bravé l'Etat fédéral et autorisé l'ouverture des terrasses dans les stations de ski. Ligués contre les Berset Sataniques qui seraient contraire à la liberté, ils ont lancé une fatwa contre les faiseurs et faiseuses de corsets législatifs. C'est un peu la Mecque du ski contre la Sainte Bible de la Berne fédérale.

Comme les dissensions deviennent béantes entre les tenants d'une ligne de conduite générale imposée par la Confédération et les Cantons qui aimeraient s'affranchir des obligations fédérales, les enfants s'amusent et se déchirent. L'anarchie guette au pays du propre en ordre. Certains moutons se rebellent et veulent devenir des bouquetins libres et audacieux après une année de frustrations et de désespoir.

La stratégie fédérale est mise à mal. Certains et certaines refusent désormais d'écouter Berne et, en librairie, les Berset Sataniques n'ont plus la cote et restent sur les étagères. Le taulier prend tous les risques pour sauver sa boutique en adaptant la recette fédérale à sa propre sauce. Et cela n'a pas l'air si indigeste que cela.

Pourtant, si le virus enflamme à nouveau les stations de ski, le taulier sera le premier visé du doigt et voué aux gémonies de celles et ceux qui respectent de manière rigoriste les Berset Sataniques.

Il faudra pourtant, au contraire de Salman Rushdies, qu'Alain Berset puisse continuer à vivre en toute sécurité et à se promener sans garde du corps dans les rues de Berne ou de Fribourg. Nous ne voudrions pas que ce satané virus, en plus du mal qu'il a déjà causé et qu'il causera encore, en vienne à faire de la Suisse un pays où le bailli Gessler (Berset selon certains patriotes udécéistes...) se voit abattu par la flèche en plein coeur d'un Guillaume Tell.

Il faut savoir raison garder. Alain Berset n'est pas un dictateur et le taulier n'est pas un affreux brigand des grands chemins sans foi ni loi. Tous les deux essayent, avec des stratégies un peu différentes, sortes de variantes à la souche primitive bernoise, de s'aider eux-mêmes et d'aider les autres, le peuple, à survivre à ces années catastrophiques que nous vivons.

Donc vivent les tauliers rebelles et les Berset Sataniques. Ils sont tout le sel de notre fédéralisme.

 

Les commentaires sont fermés.