25/02/2021

Les sacrifices des petits; les bénéfices des élites

En tant de guerre, les premiers sur la ligne de front sont les soldats, les infirmières, les femmes chargées de fournir l'effort dans les usines pour produire les armes de guerre qui vont tuer leurs maris, leurs amants, leurs frères....

Les grands qui dirigent la guerre, les présidents, les généraux, les capitaines d'entreprises, construisent les plans d'attaque et de défense et savent très bien qu'ils sacrifient le peuple tandis que les industriels engrangent d'énormes bénéfices. Voir Bührle-Oerlikon, et pire encore Saurer (durant la Shoah, des camions de Saurer Autriche (détaché de Saurer Suisse depuis 1937) de type BT 4500 et 5 BHw ont servi à gazer des victimes de Nazis, des modèles spécialement transformés à cette fin (Gaswagen) ayant été livrés à l'armée allemande par la Firme Gaubschat à Berlin, source wikipédia).

Aujourd'hui, nos gouvernements s'en remettent aux Pharma pour nous fabriquer le vaccin sensé vaincre la Covid-19. Durant toute la pandémie, celles et ceux qui ont d'abord fait les frais de la crise, ce sont celles et ceux qui travaillent au front des hôpitaux, ensuite les gens travaillant dans la Culture et les restaurants-hôtels, enfin les petits commerces de détail et boutiques d'artisans. Celles et ceux qui s'exposent le plus aux risques d'attraper la maladie sont à chercher parmi toutes ces professions exposées directement à la clientèle. Par la même occasion, ce sont aussi les métiers les moins biens rétribués dans nos sociétés modernes de type capitalistes qui avantagent plus que très largement les diplômes universitaires aux diplômes d'apprentissage.

A de multiples égards, nous représentons la chair à canon dans la lutte contre la pandémie. Alors que pendant ce temps, les riches s'octroient les aides gouvernementales à raison de milliards de dollars ce qui profitent bien entendu à la Bourse et ses actionnaires... Prochaines étapes du sacrifice: frein à l'endettement (donc budgets culture et prestations sociales réduit-e-s), inflation sur les biens de première nécessité qui touchera d'abord les bas salaires mais qui ne sera que peanuts pour les hauts revenus, et charges fiscales inchangées voir augmentées.

Vous ne trouvez pas que cela fait un peu beaucoup pour l'équilibre d'une société et le maintien d'une démocratie saine? Les déconcernés (terme que je viens d'inventer suite à une phrase grotesque et des mots osés de deux journalistes) ne trouvent rien à redire. Au contraire ils et elles s'interrogent.

"Mais l'Etat a comme ça de l'argent à dépenser pour ces gens qui font appel à vous?" en forme d'interrogation au directeur de l'Hospice de Genève qui demande aux gens dans la détresse de venir le plus rapidement possible frapper à la porte au lieu d'attendre une situation tellement catastrophique que le retour à la normale prendra des années et des années supplémentaires voir qu'il n'y aura plus jamais de retour à la normale si les gens attendent trop longtemps avant de demander de l'aide.

Où encore ce matin, un journaliste qui écrit dans un éditorial que "les décisions fédérales sont justes pour les personnes concernées". En quoi cela est juste de priver les gens de leur travail et de réduire leur revenu à 80% pour sauver la nation par leur solidarité tandis que d'autres empochent l'entier de leur salaire, vont avec leur jolie petite famille s'éclater sur les pistes de ski tout en continuant, bon gré mal gré, leur vie sans plus souffrir ni se soucier de celles et ceux qui "sauvent" la nation et son économie par le sacrifice demandé par Berne?

Fantassins, il est temps de dire au pays que vous existez et que votre vie compte tout autant que celles des élites.

Je dis ça. J'dis rien.

Bon bain de soleil sur les pistes, les élites. On attend votre médaille pour bons et loyaux services rendus à la Patrie.

 

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