01/03/2021

Il y a 173 ans, Fritz Courvoisier faisait la Révolution

Quel-le capitaine d'entreprise, quel militaire, aujourd'hui, serait capable de créer une révolution populaire digne de son nom et sans effusion de sang?

Et bien les Neuchâtelois et Neuchâteloises l'ont fait en chassant le Prussien et en se rattachant à la petite Helvétie.

Il a fallu quelques hommes et quelques femmes de grandes qualités pour entraîner le peuple neuchâtelois derrière eux et elles. Dont un fameux capitaine d'entreprise et militaire, Fritz Courvoisier.

La Marche traditionnelle du 1er Mars a été annulée en cette année 2021 pour cause de covid-19. Franchement, ce n'était pas la plus belle idée de nos autorités cantonales. On aurait pu, on aurait du, organisé une descente des Montagnes sur Neuchâtel avec les gens de culture et de la restauration en tête de cortège et un final grandiose, au Château avec une soupe aux pois, au minimum, offerte aux participants et participantes.

La solidarité, c'est bien beau d'en parler sur le papier. C'est mieux de le montrer avec des actes et des gestes symboliques forts et des solidarités réelles établies entre milieux patronaux, politiques, travailleurs et travailleuses. Et ce que l'on peut voir actuellement, ce n'est en réalité pas du tout ça.

Donc désolé de ne pas porter le message du Conseil d'Etat dans ces conditions-là. Il n'y a pas de société admissible à deux vitesses dans un démocratie digne de ce nom. Il n'y a pas de grands et de petits citoyens et citoyennes. Il y a des citoyennes et des citoyens sur le même pied d'égalité et des solidarités qui doivent s'organiser et se mettre en place en cas de pandémie.

Hors la situation de bien des artistes et d'employé-e-s de la restauration est dramatique et à la limite de l'exclusion sociale. Hors bien des petits patrons de bistrots risquent de faire faillite tandis que de gros patrons s'en sortent pas si mal que ça dans la situation actuelle grâce à des aides avantageuses qui arrivent bel et bien dans leurs caisses malgré les pleurnicheries usuelles. Et ceux-là ne sont pas forcément pressés de rouvrir leur bistrot...

Désolé de casser l'ambiance pour mon canton. Je sais que le canton fait ce qu'il peut et qu'il n'a pas les mains libres. Mais n'utilisons pas la langue de bois. La situation dans la gastronomie est catastrophique puisque, à une très importante majorité, tout le monde parmi le personnel en est réduit à survivre au niveau du minimum vital.

J'en termine avec trois médailles neuchâteloises qui ont marqué les événements révolutionnaires de 1848 et leurs anniversaires. Je les dédicace aux gens de culture et d'estaminets. De grâce, ne me dites rien. Je vis en ermite et je mange peu. Donc, mon dada, c'est l'art pour survivre au désastre.

 

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Deux médailles d'Henri Huguenin

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Fritz Courvoisier, Huguenin, par H.J. (Henri Jacot?) ,  centenaire

 

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Les bistrots ne rouvriront pas en Israël

Malgré la moitié de sa population vaccinée, Israël a décidé que la phase de déconfinement concernant la restauration est reportée à plus tard.

Initialement prévue le 7 mars par l'Etat, aucune nouvelle date de réouverture n'a été programmée par le gouvernement.

D'autre part, le taux de reproduction du virus remonte et s'approche dangereusement de 1 (0,98) alors qu'un nombre incroyable de gens ont été vaccinés et que les mesures barrières sont toujours imposées dans le pays. Aller comprendre l'efficacité vaccinale...

En Suisse, où de plus en plus de personnes prônent l'exemple israélien pour une obligation vaccinale par l'intimidation et l'impossibilité de survivre normalement (isolement imposé des personnes non-vaccinées) et même carrément de vivre (perte de son emploi avec sans doute pénalisation sur les prestations de l'assurance-chômage), la guerre de tranchée continue entre le Gouvernement fédéral et une grosse frange de la population entraînée par des politiciens et politiciennes de tous bords politiques.

D'autre part, les restaurateurs et restauratrices soutiennent une loi pour une réouverture obligatoire des bistrots à partir de la dernière semaine de mars ainsi que des aides soutenues avérées qui d'après eux n'arrivent toujours pas malgré ce qu'ont annoncé à maintes reprises la Confédération et les Cantons. Les employé-e-s comme les syndicats restent quant à eux totalement en retrait de la lutte pour une réouverture et un maintien à 100% des salaires de la branche. Pire, les patrons exigeront des prolongations du recours aux RHT dès la réouverture des bistrots au détriment, bien entendu, du personnel qui continuera à officier comme du personnel "extra" et travaillant, ou pas, au bon vouloir exclusif des patrons qui calculeront des heures RHT en comptant sur une extrême flexibilité du personnel et des cuisiniers-ières en particulier mis sous pression pour s'organiser et réussir à faire la "mise en place" dans des délais impossibles à tenir (et donc heures comptées en RHT mais travaillées pour réussir à garder une mise en place correcte qui n'entrave pas la qualité du travail au moment du coup de feu).

Personnellement, je suis absolument dégoûté du peu d'entrain des patrons comme des syndicats pour poser toutes les cartes (devenues indigestes) sur la table et maintenir la protection salariale des employé-e-s de cette branche qui ont déjà assez souffert depuis une année.

Aucune manifestation de rue n'a été organisée par les syndicats pour cette branche alors même que les patrons sont sur les pavés pour défendre leurs intérêts tout en ne revendiquant jamais rien de plus pour leurs employé-e-s qui crèvent à petit feu avec leur 80% de revenu. C'est la honte! 

A la fin, et personnellement, je n'ai plus du tout envie de me faire vacciner parce que de toute façon, à part payer les factures et se nourrir, le métier ne permet plus actuellement de faire des activités de loisir et des achats non "essentiels", ni l'envie de rester à la maison, ni l'envie de travailler plus longtemps dans un métier où tout le monde se fiche carrément de la condition salariale, déjà très compliquées avant la covid, des travailleurs et travailleuses de ces métiers.

C'est le 1er mars, et déjà mon pays, qui aime tant sortir dans les bistrots et se prélasser sur les terrasses, n'en a strictement rien à battre de tous ces gens qui retravailleront pour les servir et leur faire plaisir. Des citoyens et citoyennes de seconde zone nous sommes, des citoyens et citoyennes de seconde zone nous resteront malgré les révolutionnaires neuchâtelois du passé.

L'heure devrait être à la solidarité. Il n'en est rien. Et ce vaccin obligatoire déguisé en vaccin recommandé est une honte et un désastre de plus qui s'ajoute à tout le reste.