04/03/2021

Des vacciné-e-s au-dessus de tout soupçon?

Il faut revenir sur le débat de hier soir, tout de même assez ahurissant, qui a eu lieu sur Infrarouge.

Premièrement, il n'est pas très normal que le Parlement n'empoigne pas, lors de sa séance de printemps, la question de l'obligation de se vacciner contre la covid19. Les politiciens-ciennes semblent toutes et tous vouloir botter en touche en voulant laisser la responsabilité du choix de la clientèle sur les propriétaires de manifestations publiques/privées où les locataires de restaurants et hôtels, par exemple.

Philippe Nantermod , le député libéral, le premier. Hors un bistrot, par exemple, n'est pas considéré par la loi comme un établissement dit privé mais bel et bien comme un établissement public à l'instar d'une manifestation genre festival n'est pas d'ordre privé mais bel et bien une manifestation publique soumise à autorisation. Dans le cadre privé, si vous êtes raciste, vous pouvez choisir vos amis et amies selon la couleur de la peau sans que cela soit répréhensible du point de vue de la loi même si cela est absolument détestable et choquant pour un-e anti-raciste. Dans un bistrot, ou lors d'un concert, cela s'appelle de l'apartheid social selon un critère déterministe et c'est punissable par la loi. Preuve qu'un bistrot est à la fois un établissement privé mais également et d'abord publique, du fait qu'il est géré par son locataire ou son propriétaire seul responsable de faire respecter la loi concernant les contraintes sanitaires ou d'hygiène et autres obligations de fermeture propre à la branche, par exemple.

Il est donc du ressort de l'Etat, donc du peuple si nécessaire, de décréter une possible interdiction de fréquentation des lieux publiques par une catégorie de citoyens et citoyennes considéré-e-s comme mettant, potentiellement mais pas nécessairement, en danger la santé publique et la bonne marche de la nation.

Pour autant, si une telle loi devait exister, il faudrait aussi vacciner les jeunes de moins de 18 ans qui peuvent aussi mettre en danger la santé publique puisque transmetteurs et transmetteuses de la Covid19 eux et elles aussi... Finalement, même les enfants en bas âge pourraient aussi être concernés par la vaccination. On voit la portée qu'une telle décision gouvernementale aurait sur la population. Toutes et tous vacciné-e-s, même et y compris les réfractaires, même les enfants et adolescents, cela au nom du principe de l'égalité vaccinale et sanitaire au lieu du principe de l'immunité collective à obtenir pour réussir à vaincre, voir à éliminer définitivement, cette maladie transmissible. Un tel diktat sanitaire serait-il admissible alors même que d'autres maladies transmissibles, comme la grippe saisonnière, sont potentiellement gravissimes voir mortelles pour toute une frange de la population à risques?

De plus, un vacciné peut-il pour autant protéger sa voisine, non vaccinée, d'une contamination potentielle? Rien n'est prouvé dans ce sens. Alors pourquoi dire que le ou la non-vacciné serait automatiquement le et la pestiféré-e et que Monsieur Nantermod, par exemple, rejetterait ses ami-e-s de son cercle selon le critère qu'ils et qu'elles seraient potentiellement transmetteurs et transmetteuses de virus pour avoir refusé la vaccination? Non seulement les dégâts humains seraient prodigieux mais en plus cela ne conduirait pas Monsieur Nantermod dans le monde idéal d'une bulle hygiéniste parfaite. Il réduirait simplement les risques sans les faire disparaître complètement. Et puis, et surtout, il créerait une ségrégation parmi son cercle d'amis. Imaginons que sa femme soit rebelle au vaccin, il divorcerait pour cette raison... On en revient. L'enfer c'est les autres.

Enfin, le vacciné-e  est sensé-e-s être protégé-e à 90% contre le risque d'une contamination par la covid19. Il n'est pas sûr qu'il soit aussi bien couvert contre une MST (maladie sexuellement transmissible) lors d'une relation non-protégée. Hors beaucoup de personnes s'exposent aux risques d'une telle maladie même des gens mariés dont le mari ou la femme volage ne prendrait pas de précaution lors d'une relation avec une ou un autre partenaire... Pourquoi accepter le risque dans ce cas-là? Tout simplement, parce que lorsqu'on aime une personne, on prend le risque d'être contaminé par une saleté de maladie, fut-elle, cette saleté, amenée par un être extérieur à notre relation intime...

Si l'on soupçonne tout le monde, et à tous moments, d'être un danger à la fois public et privé, nous sommes mal. Cela devient de la parano. Il est aussi possible que les non-vacciné-e-s soient des êtres fréquentables et désirables même s'ils et elles ont la phobie du vaccin et ont davantage peur des réactions secondaires à long terme de la vaccination sur leur santé que la covid19 elle-même. C'est leur choix et à leur risque et péril de refuser la vaccination. Sans oublier que les vacciné-e-s ont décidé de se faire vacciner pour obtenir un bouclier sensé les prémunir, à 9 sur 10, du risque de la covid19. Ces personnes ont-elles si peur d'être la dixième personne qui par malchance sera exposée à un malade devenu rarissime, genre 1 pour 100'000 voir 1 pour 1 million de la population du pays? C'est ridicule. Monsieur Nantermod, êtes-vous donc une poule mouillée et vous faut-il une cloche sanitaire pour sauver votre existence des virus, microbes, et autres bactéries dangereuses?

Bref. On veut empoisonner la vie des gens avec une campagne vaccinatoire de type orwellien qui créera de la haine, de la discrimination, et des distanciations sociales inimaginables du type de ce qu'à vécu l'Afrique du Sud au temps de Nelson Mandela. Qu'on réfléchisse bien à ce qu'on est en train de mettre en place. Et surtout, que la Berne fédérale se réveille et mène un vrai débat sur cette question. C'est d'une importance capitale pour notre futur convivial à toutes et à tous.