03/07/2021

Le Granit a manqué pour dynamiter cette Espagne

La Suisse rêvait de construire des châteaux en Espagne en ayant le projet merveilleux d'éliminer l'Espagne après la France. Chose alors absolument impensable après la prestation lamentable contre l'Italie lors de la phase de groupe.

Le match avait été parfait contre la France. On voulait encore un autre match plus que parfait réalisé contre l'Espagne pour écrire l'Histoire et nous amener au bord d'une finale de légende.

On voyait déjà  la bande à Petko s'emparer du roman de la Rose et devenir des chevaliers conquérants à l'allure de desperados réussissant héroïquement à trucider cette armada espagnole, sans véritable génie mais très bien organisée, grâce à deux ou trois balles parfaites exploitées par le maître du jeu Xhaka en direction de  Shaquiri ou Seferovic.

Au final, la Suisse a manqué d'un cheveu blond son droit de disputer la demi-finale de la Coupe d'Europe. L'absence de Xhaka a vraiment pesé très lourd sur le résultat final. Il est fort possible qu'avec sa présence, la Suisse éliminait l'Espagne dans le temps réglementaire. Mais on ne fait pas un match avec des si.

Nos joueurs ont été à mille pour cent valeureux à défaut d'être parfaits dans le match comme contre la France. Nos joueurs, réduits à 10 pendant plus d'une heure de jeu à cause d'une expulsion contestable, méritaient, par leur volonté incroyable de vouloir forcer le destin, d'accéder aux demi-finales grâce à quelques penalties majestueux au lieu de ces frappes bâclées et mal tirées à cause de l'enjeu. Bêtement, cette grosse fatigue psychologique et physique accumulées durant ce match très tendu a eu la peau de nos joueurs. Mais nos héros ont réussi ce qu'ils avaient à faire: donner du rêve au pays et se faire aimer du peuple à tout jamais pour ce qu'ils nous ont offert en émotions.

Donc, pas de regret. Le match fut au niveau de ce que nous espérions. Il a manqué si peu pour que nous puissions prendre notre revanche sur l'Italie en demi-finale et finir en finale.

Fier de notre équipe nationale qui a montré son plus beau visage. Fier de cette Suisse multiculturelle qui a déroulé au fil des matchs une sorte de fil d'or unissant tous le pays dans la même communion. Fier et heureux que la bande à Petko a failli devenir l'ennemi public numéro 1 de toutes les plus grandes équipes nationales du foot européen et que seul, au final, a manqué peut-être une décision arbitrale un peu plus juste pour notre équipe lors de l'expulsion très sévère de Freuler afin de faire basculer la victoire dans le camp helvète.

On ne le saura jamais. Comme on ne saura jamais si le Granit, qui a manqué pour dynamiter cette Espagne, aurait réussi à insuffler une telle densité de réussite au sein de la Nati qu'on aurait finalement battu l'Espagne 2 ou 3 à 1 dans le temps réglementaire. 

La plus belle page de notre équipe nationale a été réalisée lors de cette Euro. Le match contre la France restera le match abouti de référence pour tous ces joueurs fantastiques qui désormais peuvent croire en leurs capacités à vaincre les plus grandes écuries du football mondial.

Un immense merci et total respect envers la bande à Petko. Vous nous avez donné ce qu'on attendait de vous depuis une bonne dizaine d'années. Il reste à réussir une nouvelle phase de qualification pour la prochaine Coupe du Monde.