31/07/2021

Le temps remettra tout en place

« Avec vous, on allait quitter le monde des fausses apparences pour celui de la pensée. Quel génie ! Le mot n’est pas trop fort. Comment avez-vous pu nous priver de tant de beauté? (...) Le temps remettra tout en place. »

                  Eugène Blot, extrait de lettre à Camille Claudel, 1932

https://www.connaissancedesarts.com/arts-expositions/cami...

 

 

20210730_2329455.jpg

La Guerrière à l'Aurore

 

20210731_10462222.jpg

Camille sous la Vague

20210731_1046222.jpg

 

 

Cette gerbe et ce blé

J'avais un double de moi,

comme un trouble de toi.

Quelque part mais sans moi,

placardé dans cette maison

jusqu'à en perdre la raison.

 

J'avais un double de toi

comme un trouble mais sans toi,

comme un amour réciproque

venu d'une autre époque.

 

Si je pouvais faire

ce retour vers le futur,

et lui ce retour vers le passé,

nous pourrions partir tous les deux,

libres,

loin du monde,

nous aimer sans façon,

l'Odyssée, Ulysse, et moi.

 

 

20210730_141943.jpg

 

 

20210730_1417011.jpg

 

 

20210730_141701.jpg

 

 

20210730_141323.jpg

Je nous regarde, les yeux ouverts, les yeux fermés

 

20210730_1414233.jpg

 

 

20210730_141423.jpg

 

 

20210730_1413233.jpg

La Petite Châtelaine, l'Aurore, la Jeune fille à la gerbe?

Peu importe si c'est un faux ou un vrai de moi.

Peu importe que je vale fr.500.-- ou fr.500.000.--

C'est moi, Camille Claudel,

que vous avez oublié.

laissé choir dans un asile de folles.

20210730_14132333.jpg

 

 

20210730_0711166666.jpg

 

 

20210727_2034044444.jpg

 

 

20210730_2324077.jpg

 

 

20210727_20340444444.jpg

 

 

20210727_20340444.jpg

 

 

20210727_203404444.jpg

 

 

20210726_163119(1).jpg

 

 

20210730_141323333.jpg

 

 

20210730_1413233333.jpg

30/07/2021

La Séquestration et l'Aliénation

Laissez-moi vivre!

Que je sois ivre,

ivre de cette passion

dont vous m'avez dépossédée.

 

Je ne suis pas une possédée

du diable,

ou, alors, mon diable

est bien plus beau que votre dieu,

plus humain, plus gracieux,

plus inventif, plus libre,

et surtout plus génial.

 

Enfin.

Laissez-moi revenir ivre

dans vos livres,

ivre

comme le bateau ivre

de Rimbaud.

C'est cela que j'appelle vivre,

s'aimer, et mourir.

 

Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Alors que vous, vous m'avez refusé

de vivre au paradis avec vous.

 

Voix d'outre-tombe.

Camille Claudel

 

 

20210730_071116.jpg

 

 

20210730_0711166.jpg

 

 

20210730_07111666.jpg

 

 

20210730_0706100000.jpg

 

 

20210730_07061000.jpg

 

 

20210730_07061000000.jpg

 

 

20210730_070610000000.jpg

 

 

20210730_070610000000000.jpg

 

 

20210730_070610000.jpg

 

 

20210730_0711166666.jpg

29/07/2021

Le drame caché de Camille Claudel

Elle n'en parle jamais dans ses écrits légués à la postérité.

Soit, s'ils ont existé, ils ont été détruit par Camille Claudel elle-même, soit par sa famille.

Ses écrits maudits qui n'existent pas, ce sont ceux de ses deux enfants conçus avec Auguste Rodin, placés semblent-ils dans des familles d'accueil et dont la trace a disparu à jamais pour la descendance. Ses écrits maudits qui n'existent pas, ce sont les deux avortements minimum qu'elle a subi soit parce qu'elle ne désirait pas être mère soit parce que Auguste Rodin l'aurait forcée à avorter puisque ne voulant définitivement pas de Camille Claudel comme épouse.

Comment une artiste aussi sensible que Camille Claudel peut rester muette sur ce sujet aussi intime et bouleversant. La honte? La relégation? Le rejet de la légitimité par Auguste Rodin lui-même? L'abandon définitif de ses deux enfants qui ne savent peut-être même pas le nom de leur vraie mère et qui ne viendront jamais lui rendre visite à l'asile d'aliénés?

Pourquoi tant de silence médiatique autour de ce volet tragique de la vie de Camille Claudel qui a pu l'affecter plus qu'on ne le pense dans sa création artistique et dans la dégradation de sa santé mentale?

Brique après brique, on constate combien la désolation, l'abandon, le rejet, la réprobation de sa famille et de ses proches ont affecté l'artiste laissée seule responsable de ses grossesses, de ses avortements successifs, et de ses abandons d'enfants, peut-être bien forcés par le maître incontesté de la sculpture française de l'époque.

Elle le résume pourtant si bien dans une phrase:

" Les ovations de cet homme célèbre (Rodin ndlr) m'ont coûté les yeux de la tête , et, pour moi, rien de rien ! "

dans https://information.tv5monde.com/terriennes/camille-claud...

Les yeux de la tête, c'est le cas de le dire. Pas étonnant alors qu'elle accuse Rodin d'empoisonneur. Son cerveau est contaminé par un mal irréparable dont Rodin est un des principaux protagoniste et propagateur. 

Il faudra encore chercher du côté de ces maternités refusées pour autant que l'on retrouve d'autres traces documentaires.

Quoiqu'il en soit, Camille Claudel a été laissée seule face à elle-même dans des souffrances atroces. Elle est morte de malnutrition, affamée, sans doute diffamée et délaissée par toute sa famille qui n'avait plus envie de la revoir vivre au grand jour comme au temps de sa splendeur de jadis. Sa propre mère ne lui donnera même pas son choix du couvent plutôt que de l'asile de fous. Sans doute trop scandalisée par la vie de sa fille qui ne mériterait même pas le secours de Dieu mais mériterait son sort de folle prise par le diable... 

C'est ainsi, dans cet abandon et cette misère mentale, sociale, et familiale, que disparut une des plus grandes créatrice avant-gardiste de la fin du XIXème siècle. Elle était entrée à l'asile de folles à l'aube de la première guerre mondiale. Elle mourra en pleine seconde guerre mondiale. Entre les deux cataclysmes, Camille Claudel dut subir son propre cataclysme par la faute de la société, de son traître d'amant, et de sa famille.

20210729_080855.jpg

Entre les barreaux de sa prison, Claudel, Madame Camille Claudel

 

28/07/2021

Sous la vague, toute nute

 

Elle était montée à Paris

comme on monte à cheval

pour franchir les obstacles,

devenir célèbre,

et finir le cul parterre,

vieille, toute ridée,

seule, abandonnée,

mendiante de l'amour

 reléguée dans un asile de fous

ressemblant aux Ténèbres.

20210727_185848888888.jpg

Elle s'était mise sous la vague

pour surfer avec son art,

une planche à dessins,

de la terre glaise, des plâtres,

et puis des bronzes et des bronzés

qui profitaient de son talent

en s'éclatant dans les salons

et frimant et baisant,

et trichant et volant,

et s'enrichissant et dominant.

Domina, domino, oh, oh.

20210727_1858488888888.jpg

Au tripot de la vie,

elle avait reçu beaucoup,

comme l'écrivait son frère Paul.

Mais en retour,

la société, son amant, sa famille,

lui firent tout perdre,

compris sa santé mentale.

20210727_18584888888888.jpg

Sous la vague, toute nute,

elle renversa l'art et les hommes,

toute nute, sur la vague,

elle est revenue par chez nous.

20210727_185848888888888.jpg