04/09/2021

Le syndrome de l'île de Pâques

Il y a presque 50 ans, en 1972, le Club de Rome publiait "Les Limites à la croissance" qui annonçait déjà le dérèglement climatique si nous persistions dans le développement et le gaspillage des ressources naturelles.

Il faut être aveugle et sourd pour oser dire que nous avons progressé sur le chemin d'un autre monde moins pollueur et moins gaspilleur d'énergie. Tout a empiré de façon exponentielle depuis la parution de ce fameux rapport Meadows.

Avec la crise du coronavirus, nous aurions pu imaginer que l'électrochoc subit par les nations de la Terre allait nous rendre plus raisonnables et nous décider enfin à renverser la table pour prendre les bonnes mesures nécessaires. Certes, cela aurait été des mesures liberticides mettant un peu sous cloche les libertés individuelles sans frein ni limites.

Au lieu de cela, on nous rabâche l'égoïsme sans limite des personnes qui ne font pas leur devoir de vaccination tandis que Mario Draghi, prêt à imposer la vaccination à tout le monde pour permettre une croissance exponentielle, semble totalement obnubilé par les affaires commerciales et beaucoup moins par ce qui nous pend au nez, c'est-à-dire les désastres dits naturels mais dont l'être humain semble avoir une bonne part de responsabilité. Les causes sont connues. Les effets irrémédiables sur l'environnent aussi. Tout a été étudié mille fois, dit, écrit, des dizaines de milliers de fois. Nous sommes coupables de la dérégulation du climat pour une bonne part et nous ne faisons RIEN à part un peu de cosmétique par ci par là pour nous donner bonne conscience.

En réalité, personne n'a la volonté de contrer la marche en avant et le triomphe de l'ultra-capitalisme arrivé à son stade ultime de vie. Après lui, le déluge mais aussi le nôtre. Nous étions quelques uns et quelques unes à penser au début de la pandémie que quelque chose sortirait de bien car nos consciences allaient être bousculées au point de vouloir réellement un changement de société, la fin de l'ultra-libéralisme, le retour à une vie plus simple et locale, la contestation radicale des grands groupes multinationaux, y compris les Big Pharmas.

C'est le contraire qui est arrivé. Nous nous sommes précipités dans les achats compulsifs favorisant les grands groupes économiques grâce à Internet. Nous avons demandé, à coûts de milliards investis par les Etats,  aux firmes pharmaceutiques de nous concocter ces vaccins miraculeux qui permettraient de sauver nos vieux et nos personnes à risques. Et nous avons fini par être mangé tout crus par la nécessaire immunité de groupe et cette vaccination qui devrait finalement atteindre un stade de quasi 100% pour être efficace face à ce coronavirus coriace et mutant. Le problème c'est que le vaccin n'empêche pas d'être infecté et de généré de nouveaux mutants sans doute plus résistants et dangereux. Alors même à 100% vacciné-e-s qui pourrait bien nous assurer que le remède vaccinal est moins dangereux que le virus lui-même dans une situation où le vaccin n'aurait jamais existé et que nous aurions mené le combat avec des médicaments plutôt qu'avec des vaccins? Personne.

Nous avons voulu ce vaccin pour pouvoir revivre comme avant. Rien de plus, rien de moins. Il n'y a eu aucune réflexion autre que la nécessité de l'économie à retrouver son souffle d'avant. Les morts de la covid continuent à s'accumuler dans les statistiques car nos déplacements ont repris leur rythme effréné d'avant la pandémie. Mais déjà ils ne nous intéressent plus tous ces morts...surtout s'ils et elles ne s'étaient pas fait-e-s vacciner. Bien fait pour eux et pour elles! Il faut vivre, vivre et courir toujours plus vite, toujours plus haut, toujours plus fort.

Nous sommes sur l'Île de Pâques et nous vivons nos dernières décennies avant l'effondrement de notre Civilisation.

Alors amusons-nous puisque nous ne pouvons plus lutter contre ce destin funeste qui attend l'Humanité.

Je m'assassine, tu t'assassines, il s'assassine, elle s'assassine, nous nous assassinons, vous vous assassinez, ils s'assassinent, elles s'assassinent.

Mais vaccinons-nous toutes et tous pour pouvoir revivre normalement comme au bon vieux temps d'avant SARS-COV2...

 

 

Choix de société

Être vacciné ou ne pas être vacciné? Qu'est-ce que cela change d'un point de vue philosophique?

Le vacciné est plutôt heureux. Il retrouve sa liberté d'avant. Il est libre de tout faire et de choisir ses activités, ses voyages, sans trop réfléchir aux conséquences et aux suites imprévues de la vaccination répétitive et ne garantissant pas une immunité absolue contre la covid. Il peste cependant contre toutes celles et tous ceux qui ont, à ce jour, refusé-e-s la vaccination. Il demande même des punitions exemplaires contre ces téméraires et ces réfractaires...

Le non-vacciné est plutôt dans le mode combat. Il se pose encore et toujours mille questions autour de cette pandémie et de cette quasi obligation vaccinale qui ne l'est pas dans les faits. Il remet en question cette société de consommation qui voit les accidents climatiques se démultiplier tout autour de la planète mais qui continue à agir comme si de rien n'était et à profiter pleinement de la vie et des moyens financiers mis à disposition des gens heureux, vaccinés, et diplômés. Il se dit que jamais la société ne changera profondément sa façon de fonctionner, que l'ultracapitalisme entraînera la mort de notre Civilisation, mais que rien ni personne ne pourra empêcher cela. Il est combatif et fataliste. Il voudrait toujours que la société réagisse et réfléchisse aux conséquences d'un mode de vie qui détruit notre planète. On a l'impression qu'elle agit mais le mal empire. Les gens traversent toujours le Gothard pour profiter des plages, le tourisme est toujours encouragé par la Confédération afin de sauver les emplois et l'industrie touristique.

Dans les faits, le non-vacciné idéal voudrait plus d'activités simples et naturelles qui empêcheraient au virus de circuler et de se démultiplier en nombreux variants.

Le vacciné idéal veut plus de liberté de circuler, de s'amuser, multiplier les contacts humains et les voyages et pour cela il est près à tendre son bras à la pharma pour retrouver sa pleine et entière liberté de polluer et de s'éclater en paix.

Entre les deux, mon coeur balance. Je me sens comme en prison, condamné par les vacciné-e-s à la quasi mise au ban de la société.  Vacciné, je serais comme tout le monde, enfin comme la majorité, et je profiterais pleinement de ma nouvelle liberté pour retrouver les bars, prendre les trains internationaux, avec la conscience tranquille du bon vacciné.

Je préfère le mythe du bon sauvage qui garde son esprit de révolte envers cette société frivole prête à plusieurs shoots vaccinaux pourvu qu'on puisse garder l'ivresse de la liberté et le libre accès au monde entier en faisant circuler le virus à haute intensité asymptomatique et en condamnant les non-vacciné-e-s à subir la multiplication des contaminations à travers la planète payant le prix fort de leur révolte et de leur vision de la liberté, voir au prix de leur vie, pour les plus malchanceux et malchanceuses. Kamikaze qui déambule au milieu des personnes vaccinées et heureuses de l'être.

C'est aussi une question de philosophie et de responsabilité.