20/09/2021

Elle a fait un bébé toute seule

Un billet franchement intéressant et un brin ironique à propos de la PMA. C'est ici:

https://www.tdg.ch/jesus-christ-premier-bebe-pma-22141155...

Comment une femme, ou deux femmes s'il y a couple, peut-elle, peuvent-elles, décider de faire un bébé par don de sperme d'un homme qui restera un géniteur inconnu pour le futur enfant concerné?

Dans son billet, le journaliste Florent Quiquerez nous parle de Marie et de Jésus, et de cette fameuse PDA (procréation divinement assistée). Si Dieu est le père, c'est donc l'inconnu qui agit au fond de l'enfant, le soi, centre de l'âme et de sa pleine conscience. Joseph représentant la part masculine dans l'éducation future de l'enfant Jésus mais non celui qui a participé à la conception de l'enfant.

S'il n'existe ni père de substitution, ni seconde mère pour épauler la maman de l'enfant à naître, l'enfant grandira avec sa maman et cette part fantasmée du géniteur absent. Il devra, si la loi ne lui autorise alors aucune recherche du père, se faire une raison et se raccrocher à une sorte de loi divine. Si son père n'existe pas dans la réalité, il a tout de même participé à moitié dans la création de son corps et de sa génétique. Il est donc bien là sans être présent physiquement au monde mais il est là quelque part dans la réalisation et l'accomplissement du soi de l'enfant.

Ne pas connaître son géniteur n'est pas forcément un handicap de départ. Il peut même s'avérer un plus dans la réalisation de soi. Voir l'exemple de Jésus. L'enfant en quête d'identité devra d'autant plus aller puiser dans sa source spirituelle pour aller à la rencontre du père invisible, l'absent, celui qui fut le donneur de sperme mais qui ne sera jamais l'éducateur présent à l'enfant. Ce sera certainement une souffrance à porter dans cette quête du "Qui suis-je?" mais également une liberté très profonde participant à cette même quête du "Qui suis-je?" aucune interférence n'étant possible avec l'identité corporelle et spirituelle du père. Si le père est absent, il n'y aura ni tyrannie possible ni possibilité de vivre dans l'ombre du père qui empêcherait la pleine réalisation de soi. Cela peut aussi être un avantage déterminant pour la liberté et l'évolution de l'enfant.

Si aujourd'hui les Eglises chrétiennes, de façon assez générale, sont plutôt hostiles à la procréation assistée et l'absence du père géniteur, elles devraient effectivement revenir aux origines de la naissance du Christ pour se rendre compte qu'un enfant né d'un don de sperme sans père géniteur reconnu peut devenir quelqu'un qui bouleversera le cours de l'Humanité. Pas si catastrophique que ça au final pour l'enfant sans père et la maman qui l'a mis au monde.

 

Commentaires

Réflexion originale qui évoque diverses dimensions!
Vous mettez sur le même plan le père géniteur, individu incarné, autrement dit matérialisé dans la chair et le père divin, immatériel.
Dans son existence, un enfant aura des substituts de père - membres de la famille, enseignants, entraîneurs sportifs ou professeurs d'art - qui lui apporteront l'énergie masculine, qu'il y ait un père ou non dans son environnement. Toutefois, la présence paternelle apportée dans les différentes activités et moments de la journée est plus difficilement compensée.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 20/09/2021

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